Justin Trudeau veut que les conservateurs votent... libéral

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Le chef libéral Justin Trudeau a donné le coup d'envoi au jour 72 de la campagne dans un champ de citrouilles à Gatineau avec son épouse Sophie et ses trois jeunes enfants pour souligner cette journée de l'Action de grâce.

La Presse Canadienne, Paul Chiasson

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Justin Trudeau a les conservateurs «mous» dans sa mire. Le chef Parti libéral du Canada (PLC) a donné le coup d'envoi à la dernière semaine de campagne en invitant les électeurs d'allégeance conservatrice déçus par Stephen Harper à larguer ce dernier pour se rallier à sa formation.

La caravane libérale a roulé une bonne partie de la journée de lundi sur l'autoroute 401 entre Ottawa et Toronto, faisant escale dans trois circonscriptions remportées par le Parti conservateur avec de très fortes majorités frisant ou dépassant les 50 pour cent aux dernières élections de mai 2011.

À chaque arrêt, le leader du PLC était néanmoins attendu par d'imposantes foules.

Le Parti libéral espère reconquérir ces circonscriptions - et bien d'autres - en courtisant le vote des conservateurs dits «mous» ou encore «rouges» ainsi que celui des nostalgiques progressistes-conservateurs, comme l'a clairement signalé son chef en matinée.

«Les conservateurs ne sont pas nos ennemis. Ils sont nos voisins, nos cousins, nos oncles, nos parents. Ils sont nos amis», a plaidé un Justin Trudeau débordant de confiance dans un discours livré en matinée devant une salle comble, dans un local électoral de l'ouest d'Ottawa.

«Nous n'avons pas besoin de les convaincre d'abandonner le Parti conservateur. Nous devons juste leur démontrer que c'est le parti de Stephen Harper qui les a abandonnés», a-t-il ajouté en prenant soin d'établir un net contraste entre le leadership et le parti de M. Harper et celui de ses prédécesseurs.

«Les progressistes-conservateurs peuvent être fiers que leurs premiers ministres ont toujours refusé de s'ancrer dans le jeu de la division. [...] Pour eux, un Canadien était un Canadien, point», a fait valoir M. Trudeau.

«Ces valeurs ne sont pas disparues, mais elles sont disparues du Parti conservateur actuel, tout comme tout ce qui était progressiste», a-t-il enchaîné.

Ce discours n'est pas nouveau, mais il refait surface alors que le leader du PLC entame cette ultime semaine de la longue campagne électorale de 78 jours avec le vent dans les voiles. Dans plusieurs sondages nationaux, sa formation est en première position, devant les conservateurs.

Et il n'a manifestement pas l'intention de bousiller cette avance présumée, faisant usage d'une grande prudence au moment de répondre aux questions des journalistes, qui sont par ailleurs plus nombreux à le suivre pour ce dernier droit.

«Jeeps»

Ainsi, lorsqu'il a été invité - trois fois - à préciser les propos tenus sur le plateau de l'émission Tout le monde en parle concernant la vente de «Jeeps» à l'Arabie saoudite, il s'est contenté de répéter qu'il ne résilierait pas un contrat signé par le Canada, mais qu'un gouvernement libéral agirait différemment.

Les «Jeeps» en question s'apparentent davantage à des véhicules blindés légers et peuvent être munis de canons. Mais M. Trudeau refuse d'apparaître sur la défensive, esquivant les questions précises sur ce dossier et choisissant plutôt d'insister sur son message entourant le désir de changement des Canadiens.

«Je me suis engagé à respecter les contrats signés, mais à aller de l'avant avec un niveau d'ouverture et de transparence que les Canadiens méritent d'avoir d'un gouvernement», s'est-il borné à répondre à chaque fois que la question a été soulevée par les représentants des médias en matinée.

Le chef libéral a cependant tenu à riposter à l'attaque conservatrice du jour, qui consistait à accuser un éventuel gouvernement libéral de vouloir annuler certains crédits d'impôt - pompiers volontaires, activités physiques et artistiques pour les enfants - instaurés par le gouvernement Harper.

«Nous n'allons pas couper ces crédits d'impôt à ce niveau-là. M. Harper continue de miser sur la peur et de présenter des 'non-vérités' aux Canadiens», a simplement tranché Justin Trudeau.

Il par ailleurs maintenu qu'il n'était pas intéressé à former une coalition avec l'un ou l'autre des partis nationaux et réitéré que le premier projet de loi que tâcherait de faire adopter sa formation permettra l'entrée en vigueur d'une baisse d'impôt pour la classe moyenne et d'une hausse pour les plus fortunés.

Le chef libéral avait débuté sa journée dans un champ de citrouilles à Gatineau avec son épouse Sophie et ses trois jeunes enfants pour souligner cette journée de l'Action de grâce. Il la termine du côté de Toronto, sa caravane se posant dans la Ville Reine pour la nuit.

Le PLC, qui détenait seulement 36 sièges aux Communes à la dissolution du Parlement, espère réaliser des gains dans la grande région de Toronto, riche en sièges, que se disputeront farouchement les trois grands partis sans doute jusqu'à la toute dernière minute.

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