L'humour de rhinocéros n'est plus ce qu'il était

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Dan «Bien Gras» Gagné, fier représentant de la formation politique qui a vu le jour il y a plus de 50 ans, sous l'impulsion de feu l'homme de lettres Jacques Ferron.

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) L'air du temps est aux humoristes? Pas tant que ça pour le Parti rhinocéros pendant la campagne électorale. Et surtout pas dans la grande région de Québec où les «rhinos» ne présentent qu'une seule bête politique.

C'est Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup qui l'héberge. Il s'agit de Dan «Bien Gras» Gagné, fier représentant de la formation politique qui a vu le jour il y a plus de 50 ans, sous l'impulsion de feu l'homme de lettres Jacques Ferron.

Mais dans la région métropolitaine de Québec, pas un volontaire pour se glisser sous la cuirasse. Dans les circonscriptions immédiatement situées de l'autre côté du fleuve, comme Lévis-Bellechasse, personne n'a aussi levé la corne.

Joint chez lui, «Bien Gras» Gagné, musicien d'un groupe qui porte son nom, y voit l'effet d'un changement des règles qui ont porté de 200 $ à 1000 $ le montant à déposer pour devenir officiellement candidat aux élections. «La loi a changé pour briser justement les petits partis, particulièrement le Parti rhinocéros.»

L'écrivain Victor-Lévy Beaulieu voit les choses différemment, lui qui a défendu la couleur rhinocérienne à deux reprises, il y a fort longtemps, dans les années 70. À ses débuts, raconte-t-il, la formation, fondée au début des années 60, «était très populaire» à Montréal et aux alentours.

Mais «elle ne l'était absolument pas» dans la région de Québec. Les archives nous rappellent qu'il y a déjà eu la candidature de Jean «Obélix» Lefebvre, restaurateur et irréductible indépendantiste, à l'époque, mais dans les autres régions, il n'y a pas beaucoup de traces de la bête.

Pour les élections 2015, l'est du Québec est bien représenté. Des «rhinos», il y en a dans Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine, Avignon-La Métis-Matane-Matapédia, Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques et Jonquière.

Un succès nuisible

À travers le Canada, puisque le parti est pancanadien depuis plusieurs scrutins, ils sont 27, selon Élections Canada - à défendre la peau politique du rhinocéros, dit son chef Sébastien CôRhino Côrriveau. L'animal est en voie d'extinction, mais la bête politique, elle prend du mieux, insiste-t-il en soulignant qu'au plus bas, en 2008, il n'y a eu que 7 candidats, chiffre qui est passé à 14, en 2011, pour doubler de nouveau, cette année.

Leur présence ne fait pas beaucoup de tapage sur la place publique, non? Sébastien CôRhino affirme que les «rhinistes» de longue date lui disent que la couverture médiatique «est bien meilleure» qu'aux derniers scrutins avec un autre chef, François Yo Gourd.

«Bien Gras» Gagné a une explication plus sérieuse - «vous me posez des questions sérieuses». Il y a un «désintéressement» marqué de la population à l'égard des politiciens. «Ce n'est pas qu'on est moins drôle. Les médias ont des intérêts économiques : ce qu'ils vendent, c'est ce qui leur rapporte», soit la couverture «des libéraux et des conservateurs».

D'autant que la classe politique conventionnelle ne donnerait pas sa place, côté ridicule qui fait rigoler. «C'est pour ça que nous ne présentons pas de candidat en Beauce, raconte en riant Sébastien CôRhino. Nous pensons que [le conservateur] Maxime Bernier est un rhinocéros.»

«Il n'a plus ce côté de revendication souterrain par l'absurde. [...] C'est la blague pour la blague. On fait des gags pas très révélateurs du côté dérisoire de la politique.»

Victor-Lévy Beaulieu
Auteur

Avec les années de recul, Victor-Lévy Beaulieu se demande tout de même si la farce a assez duré. Le parti n'est «plus aussi provocant. [...] Il n'a plus ce côté de revendication souterrain par l'absurde. [...] C'est la blague pour la blague. On fait des gags pas très révélateurs du côté dérisoire de la politique.»

Si la plupart des «rhinos» de l'actuel scrutin sont Québécois, une dizaine se retrouvent dans le reste du Canada, dont trois à Edmonton, en Alberta. La formation de Jacques Ferron a atteint son apogée, aux élections fédérales de 1980, avec 121 aspirants députés à travers le pays - et deux deuxièmes places dans les suffrages, dont à Montréal, avec la clown Chatouille.

Pour l'écrivain et polémiste de la souveraineté, c'est peut-être là que les choses se sont déglinguées. Chatouille s'est mise «à se prendre au sérieux». Les succès dans l'urne «a fait beaucoup de tort». Surtout, «à l'extérieur du Québec, ce parti ne signifie pas grand-chose».

Sébastien CôRhino répond par une pirouette lorsqu'il se fait demander s'il est indépendantiste. «Je trouve le Canada tellement beau, que je souhaiterais qu'il y en ait 10. Rien de mieux pour la souveraineté du Québec que chaque province ait son indépendance.»

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