«L'élection la plus importante de ma vie d'adulte», dit David Suzuki

Selon le militant écologiste David Suzuki, le simple... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Selon le militant écologiste David Suzuki, le simple fait de tourner le dos aux conservateurs aux élections du 19 octobre sera en soi un changement radical.

Le Soleil, Yan Doublet

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

(Québec) «Pour moi, cette élection est entièrement à propos de Stephen Harper. C'est l'élection la plus importante de ma vie d'adulte.»

Le généticien et militant écologiste bien connu David Suzuki était de passage à Québec, cette semaine, pour faire la promotion de son dernier livre, l'intimiste Lettres à mes petits-enfants. L'environnement, comme on s'en doute, y occupe une place importante, mais l'auteur à succès (surtout au Canada anglais) y aborde aussi des sujets beaucoup plus personnels, traitant de son enfance, de l'importance d'avoir des héros et même de sport - il est un fan de football et de basket.

Or en pleine campagne électorale, difficile de ne pas lui parler de politique... Voici l'essentiel de notre entretien, en quatre questions.

Q On est habitué à un David Suzuki qui parle de grands enjeux, de politique, d'écologie. Pourquoi écrire un livre aussi personnel?

R Ce sont des lettres à mes petits-enfants, c'est vrai que c'est très personnel. Mais j'espère qu'elles feront réfléchir les autres sur leur propre existence, et particulièrement les plus vieux, parce que mon livre les invite à jouer un plus grand rôle, à être plus impliqués dans la vie de leurs petits-enfants et à prendre plus souvent la parole publiquement. [...]

Q Or beaucoup des problèmes environnementaux que vous et plusieurs autres déplorez remontent aux générations précédentes, dont les aînés actuels. Pourquoi pensez-vous qu'il faut se tourner vers eux?

R Eh bien [rire]... Nos aînés sont ceux qui ont vécu presque une vie complète, ceux qui ont vu des erreurs, des succès, des échecs. Comment est-on censé apprendre si on ne regarde pas dans le passé pour voir ce qui marche et ce qui ne marche pas?

Quand je donne des conférences, maintenant, je dis que je parle à titre d'aîné, parce que les aînés ne sont plus (ou ne devraient plus être) motivés par la célébrité, la gloire, l'argent ou même le sexe. Nous n'avons pas à embrasser le cul de qui que ce soit pour avoir une promotion ou une augmentation. Alors, nous n'avons pas les mains liées comme les autres peuvent les avoir, et je crois que c'est une position de force.

Q Vous consacrez un chapitre sur le racisme et l'intolérance dans votre livre, racontant notamment que votre famille a été ciblée par le gouvernement pendant la Seconde Guerre mondiale. Que pensez-vous de tout le foin qui entoure le niqab présentement?

R C'est une question tellement secondaire. [...] Mais elle n'est pas simple. Je me souviens d'avoir prononcé une conférence au Qatar, dont l'hôte était une Américaine qui vivait là-bas. Cela faisait très bizarre d'entendre cet accent américain en ne voyant que les yeux, et ça m'a fait réaliser à quel point la communication en société dépend de ce qu'on peut lire sur le visage, les expressions, les intentions. Alors, à mes yeux, le niqab est une chose assez contrariante, et je comprends pourquoi ça dérange tant de gens, mais je vois ça comme le turban des sikhs : c'est leurs affaires, c'est eux que ça regarde. [...]

Q Dans l'ensemble, votre livre est assez optimiste. Vous citez souvent le Japon, qui a subi de très profondes transformations après la dernière guerre, comme la preuve que les changements radicaux que vous préconisez sont possibles. Vous voyez un des trois principaux partis fédéraux les initier?

R Le simple fait de tourner le dos aux conservateurs sera en soi un changement radical. Mais M. Harper a déjà eu 10 ans pour nous amener bien loin sur une mauvaise piste. Il a saboté tellement de choses importantes. Par exemple, la seule façon de vraiment savoir quoi que ce soit au sujet du Canada, c'est par le questionnaire long du recensement. Alors, pourquoi diable l'a-t-il aboli? Il a aussi aboli tant de programmes de recherche. [...] C'est une recette pour que l'action soit guidée par l'idéologie, et non par les faits.

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