La gestion de l'offre teinte la campagne

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Le gouvernement conservateur affrime qu'il a le droit de participer aux négociations du Partenariat transpacifique (PTP), et ce, même si le pays est en pleine campagne électorale.

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

La Presse Canadienne
Ottawa

Les caravanes des chefs de trois partis politiques ralentissaient la cadence au 60e jour de la campagne électorale, en préparation d'un cinquième et dernier débat télévisé, à l'affiche vendredi.

À l'avant-veille de ce débat, un sujet s'imposait et un autre refusait de se faire oublier : le Partenariat transpacifique (PTP) et le niqab.

Stephen Harper n'ayant qu'un rassemblement partisan à Québec à l'horaire, c'est donc son ministre des Finances, Joe Oliver, qu'on n'avait pas vu depuis le déclenchement de la campagne, qui a fait irruption.

Il a affirmé que le gouvernement conservateur a le droit de participer aux négociations du Partenariat transpacifique (PTP), et ce, même si le pays est en pleine campagne électorale.

«Il y a une convention en place et, bien sûr, nous consultons le Conseil privé sur ces questions. Quand il y a un dossier d'importance ou un dossier urgent dont le gouvernement doit s'occuper pour l'intérêt national, il est approprié que le gouvernement s'en occupe. Et c'est certainement le cas, ici», a déclaré M. Oliver.

La «convention de transition» limite les activités gouvernementales en périodes électorales. Elle stipule que le parti au pouvoir doit discuter avec les partis de l'opposition de dossiers susceptibles d'avoir un impact sur les futurs gouvernements.

Le ministre sortant a refusé de dire si le Parti conservateur avait consulté ses adversaires libéral et néo-démocrate au sujet des pourparlers sur l'accord de libre-échange. Les adversaires en question se sont montrés moins discrets.

«Ce gouvernement ne m'a jamais approché avec des suggestions ou des questions sur l'accord PTP», a affirmé Justin Trudeau.

Sans être aussi précis, Thomas Mulcair a fait le même reproche de «cachotteries» à Stephen Harper.

Les deux leaders disent donc ne rien savoir de ce qui se trame à Atlanta, là où une entente de principe pourrait se conclure aussi tôt que vendredi. On s'inquiète de concessions possibles sur la gestion de l'offre en agriculture et la fabrication de pièces automobiles.

Encore le niqab

«Pour moi, ce n'est pas négociable. Notre système de gestion de l'offre doit être défendu intégralement. C'est ce que je demande à Stephen Harper d'assurer depuis le début et c'est pour ça qu'il patine, parce que j'ai bien peur qu'il est en train de le mettre sur la table», a accusé le chef néo-démocrate.

Alors qu'il était monté jusqu'au Nunavut pour parler, entre autres, de changements climatiques, le chef du Nouveau Parti démocratique était encore poursuivi par des questions sur le niqab. La veille, une poignée de ses candidats québécois se sont dissociés de la position officielle avant, pour certains, d'être rappelés à l'ordre.

Encore une fois, M. Mulcair a répété son malaise face au niqab tout en maintenant son refus de l'interdire. «Moi aussi ça me met mal à l'aise. Mais une fois que les tribunaux ont statué, c'est ça», a-t-il dû répéter, encore une fois.

Pendant ce temps, à Montréal, le chef du Bloc québécois maintenait que la question du niqab en est une de principe fondamental.

«Ceux qui invoquent le fait que ce serait marginal, pas important, sont également en rupture avec la réalité québécoise et même canadienne», a déclaré Gilles Duceppe.

Québec dit non à l'«assurance sociale corporative»

Québec ne veut rien savoir d'un chèque d'«assurance sociale corporative» pour ses producteurs de lait, signale le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, Jacques Daoust. En entrevue depuis Atlanta, où se tient ce qui pourrait être l'ultime série de négociations du Partenariat transpacifique, il a fait valoir que le versement d'une compensation financière constituerait un aveu d'échec. «Une compensation, c'est un genre de paiement parce que tu as perdu. C'est une espèce d'assurance sociale corporative, je ne veux pas ça. Dans ce dossier-là, on ne saluera pas l'effort, on va saluer le résultat au niveau de la négociation.» Il dit avoir insisté sur l'importance de maintenir la gestion de l'offre dans son intégralité auprès du ministre fédéral du Commerce international, Ed Fast. 

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