Vérification faite: «pas de coupure» à Radio-Canada?

Dans le cadre des Journées de la culture,... (La Presse, Robert Skinner)

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Dans le cadre des Journées de la culture, des citoyens ont manifesté dimanche devant les studios de Radio-Canada à Montréal, en appui à la société d'État.

La Presse, Robert Skinner

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

(Québec) Lors d'une entrevue à CHOI Radio X diffusée lundi matin, le premier ministre conservateur Stephen Harper a déclaré : «Ils [le groupe Les Amis de Radio-Canada] font toujours campagne contre nous. Mais la réalité est la suivante : on donne à Radio-Canada 1 milliard $ de subvention chaque année. C'est le même montant depuis 2006. La raison pour laquelle il y a des difficultés à Radio-Canada, ce n'est pas à cause des coupures de notre gouvernement, il n'y a pas de coupures. La raison est la perte de téléspectateurs, et c'est un problème pour Radio-Canada à régler.»

Les faits

Lors de l'exercice financier 2005-2006, au cours duquel le Parti conservateur est arrivé au pouvoir, les services anglais et français de Radio-Canada ont obtenu une subvention totale de 1,098 milliard $, lit-on dans un «état de situation» d'avril dernier sur le financement de la société d'État commandé par le Québec et l'Ontario. En 2013-2014, d'après ce même document, la subvention s'est élevée à 1,083 milliard $ - donc effectivement le même niveau qu'il y a 10 ans, comme le dit M. Harper.

Ce que le PM ne dit pas, cependant, c'est qu'entre les deux, la subvention à la SRC avait augmenté jusqu'à 1,170 milliard $ en 2009. Si l'on prenait ce point comme référence, la coupure serait donc de près de 100 millions $. Rappelons que les conservateurs ont aussi eux-mêmes annoncé, en 2012, qu'ils sabreraient 115 millions $ sur trois ans le subside à la télé et la radio d'État.

En outre, ces chiffres ne tiennent pas compte de l'inflation. Si on l'inclut dans l'équation, alors la subvention «réelle» de Radio-Canada a diminué d'environ 15 % en 10 ans.

La «perte de téléspectateurs» dont souffre la CBC/SRC, elle, semble mieux documentée - surtout au Canada anglais. Déjà, en 2013, des médias du reste du Canada parlaient de «crise», et la perte de l'institution qu'était Hockey Night in Canada n'y réglera certainement rien.

En principe, on s'attendrait à ce que cela vienne avec une baisse des revenus publicitaires, mais l'«état de situation» du printemps dernier, qui se base sur les rapports annuels de la SRC/CBC, montre que cela ne s'est pas produit. Les revenus de pub sont passés de 315 millions $ en 2005-2006 à 454 millions $ en 2013-2014. Cette dernière année, il faut le dire, fut particulièrement faste pour Radio-Canada, à cause de la manne publicitaire qui est venue avec la diffusion des Jeux olympiques de Sotchi. Mais même si l'on regarde les trois années précédentes, la baisse souvent alléguée des revenus de pub (qui ont varié entre 330 et 375 millions $) n'est franchement pas évidente.

Le verdict

Un peu de vérité, beaucoup de politique. La déclaration de M. Harper a une certaine base factuelle, mais la lecture qu'il en fait ne nous semble pas particulièrement honnête.

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