Loi sur la révocation de citoyenneté: Kenney persiste et signe

Les conservateurs Steven Blaney et Jason Kenney étaient... (La Presse Canadienne, Jacques Boissinot)

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Les conservateurs Steven Blaney et Jason Kenney étaient à Lévis lundi.

La Presse Canadienne, Jacques Boissinot

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Au Québec aussi, les conservateurs jouent à fond la carte des valeurs canadiennes. Mardi, le ministre fédéral Jason Kenney a accusé libéraux et néo-démocrates d'être «déconnectés» de la population en refusant de se rallier à sa loi qui révoque la citoyenneté canadienne aux auteurs d'actes terroristes.

De passage à Lévis pour appuyer son collègue Steven Blaney (Sécurité publique), le titulaire du portefeuille de la Défense y est allé d'une sortie en règle contre le chef libéral Justin Trudeau et son homologue néo-démocrate Thomas Mulcair.

Il les a attaqués sur la question du niqab, ce voile islamique que les conservateurs veulent interdire pour les immigrants prêtant le serment de citoyenneté. Mais le député-ministre de Calgary-Sud, en Alberta, est surtout revenu sur l'affaire Zakaria Amara, emprisonné en 2010 pour son implication dans le groupe «Toronto 18».

Cet extrémiste islamiste avait planifié de faire exploser des véhicules bourrés d'explosifs dans la banlieue torontoise. Lorsqu'il aura purgé sa peine, en 2016, celui qui a aussi la nationalité jordanienne perdra sa citoyenneté canadienne, en vertu des nouvelles dispositions. 

Dans un enregistrement vidéo rendu public, M. Trudeau s'est opposé au principe de la révocation. En fin de semaine, M. Mulcair a critiqué le fait que la décision touchant Zakaria Amara tombe en pleine campagne électorale et soutenu que le premier ministre sortant Stephen Harper «joue un jeu dangereux».

«S'ils prennent le pouvoir le 19octobre, a lancé Jason Kenney au sujet de ses deux adversaires, le terroriste reconnu coupable, Zakaria Amara, sera libre de rôder dans nos rues et de voyager avec un passeport canadien. Je trouve ça épouvantable. Cet homme détestait tellement le Canada qu'il prévoyait tuer des centaines de Canadiens.

«Avec notre nouvelle loi, il sera immédiatement déporté en dehors du pays, a mentionné le ministre. Cependant, MM. Trudeau et Mulcair ont promis d'abolir la nouvelle loi.»

Vote à visage couvert

Steven Blaney s'est montré évasif lorsqu'il s'est fait demander s'il croise des femmes portant le niqab dans sa circonscription de Lévis-Bellechasse. Par contre, il considère primordial d'interdire ce voile musulman lors des cérémonies pour prêter serment au pays.

«Ce n'est pas le temps de revenir au Moyen-Âge. C'est le temps de préserver les acquis. [...] Nous assistons à une érosion insidieuse des valeurs canadiennes. C'est ce à quoi nous assistons avec certaines tendances de groupes extrémistes.»

M. Blaney a cependant répondu qu'il ne considère pas urgent de proposer une loi obligeant de voter à visage découvert, et ce, même s'il a déposé un projet de loi privé en ce sens, en 2009. Son collègue Jason Kenney a glissé à ce sujet que «la porte n'est pas fermée».

«Nous devons tenir compte des différentes manières dont il est possible de voter [...] pas juste de faire un geste d'éclat à des fins partisanes, émotionnelles ou, carrément, qui ne sont pas cohérentes», a fait valoir Steven Blaney. Il a signalé qu'il est notamment possible de faire ce devoir de citoyen par correspondance.

Réélu, un gouvernement conservateur reviendra à la charge «dans les 100 premiers jours» avec une proposition législative pour interdire le port du niqab, lors de la prestation de serment de citoyenneté.

Il faut reconnaître qu'il y a des différences entre les deux actes, le serment et le vote, a soulevé Jason Kenney. «Le vote n'est pas une cérémonie, c'est fait de façon privée. La cérémonie pour la citoyenneté se déroule dans une cour, devant un juge. C'est une déclaration publique.»

La chute du NPD ne surprend pas Blaney

Le conservateur Steven Blaney n'est pas du tout surpris par le sondage Abacus Data avançant qu'au Québec, le NPD est parti en vrille dans les intentions de vote et que son propre parti est en pleine remontée. Lundi à Lévis, le député de l'endroit s'est abstenu de commenter directement le sondage. «Le vrai sondage est le 19octobre», a-t-il laissé tomber. «Au début de la campagne, j'ai souhaité démontrer que les valeurs québécoises sont des valeurs conservatrices, a-t-il enchaîné. Il semble que les événements donnent raison à cette affirmation.» En anglais, le député-ministre a précisé que ces «valeurs» portent sur «la prospérité et l'économie» de même que sur la sécurité ou la réaffirmation «de nos valeurs canadiennes». Selon l'enquête d'opinion, réalisée entre le 24 et le 27 septembre, les néo-démocrates sont toujours premiers au Québec, mais ils ne seraient soutenus que par 30% des Québécois, un recul de 17 points. Les conservateurs auraient gagné 11 points et se situeraient à 21%, un point devant les bloquistes et trois derrière les libéraux.  

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