Les femmes «pas du tout sous-représentées» au Parti conservateur, dit Pascale Déry

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

Mélanis Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

L'une des rares représentantes de la gent féminine à se présenter sous la bannière conservatrice au Québec estime que les femmes ne sont «absolument pas» sous-représentées au sein de son parti.

La candidate Pascale Déry, qui souhaite ravir aux néo-démocrates la circonscription de Drummond, figure parmi les neuf candidates dont le visage se retrouve sur une pancarte bleu foncé au Québec.

Elle refuse cependant la prémisse de la question sur la faible représentativité des femmes au sein du Parti conservateur du Canada (PCC).

«Je suis entièrement en désaccord. (...) Les femmes ne sont pas du tout sous-représentées, je n'ai pas du tout cette impression-là. Pas du tout», lance-t-elle énergiquement en entrevue avec La Presse Canadienne dans un café de Drummondville.

Beaucoup de femmes étaient des courses aux investitures conservatrices, «mais si elles perdent leur investiture en bout de ligne, on ne peut pas faire grand-chose; c'est encore un processus démocratique», insiste Mme Déry.

Par ailleurs, le faible pourcentage de femmes au sein de l'équipe de candidats du PCC au Québec - elles sont neuf sur 78, soit 11,5 pour cent - est trompeur, assure l'ancienne journaliste.

Car ce calcul ne tient pas compte du fait qu'il y a selon elle «beaucoup de femmes au sein du gouvernement» (à la dissolution du Parlement, 12 des 39 membres du cabinet, soit 30,8 pour cent, étaient des femmes) et «beaucoup de femmes dans le personnel politique».

La candidate du Parti libéral du Canada (PLC) dans la circonscription de Terrebonne, Michèle Audette, ne trouve «pas surprenant» que les femmes ne se bousculent pas au portillon pour défendre les couleurs du PCC.

«On retrouve dans les politiques conservatrices, tant dans le droit à l'avortement que dans le dossier de l'enquête des femmes autochtones assassinées ou disparues, bien des choses qui représentent des reculs (pour les femmes)», plaide-t-elle en entrevue téléphonique.

L'ex-présidente de l'Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) réfute par ailleurs le dernier argument mis de l'avant par Pascale Déry - on ne peut comparer l'influence d'une employée à celle d'une élue sur les politiques d'un parti ou d'un gouvernement, soulève-t-elle.

«Il y a une différence entre la machine politique et celle qui prend les décisions, donc les élus. On parle de deux mondes», lance Mme Audette.

Avec 27 pour cent de candidatures féminines au Québec (21 femmes sur 78 candidats), le PLC fait nettement moins bonne figure que le Nouveau Parti démocratique (37 candidates, 47,4 pour cent de femmes), reconnaît-elle.

En revanche, Justin Trudeau s'est engagé à instaurer la parité au sein d'un éventuel conseil des ministres libéral, fait-elle remarquer. «Déjà là, on envoie un message dans un système traditionnellement masculin», estime Michèle Audette.

«Pas un problème» au NPD

Le chef du NPD, Thomas Mulcair, n'a pris aucun engagement en ce sens.

Par contre, si son parti est porté au pouvoir, il aura l'embarras du choix au moment de former son cabinet, selon la candidate Ruth Ellen Brosseau.

«Pour nous, ce ne sera probablement pas un problème; on va trouver des candidates ministrables», lâche-t-elle en entrevue avec La Presse Canadienne en marge d'une conférence de presse à Thetford Mines.

La députée sortante de Berthier-Maskinongé s'étonne par ailleurs que Pascale Déry semble se satisfaire d'avoir seulement huit candidates à ses côtés au sein de l'équipe québécoise du PCC.

«Je ne peux pas vous dire pourquoi elle est fière d'avoir neuf candidates au Québec. Je trouve qu'ils (les conservateurs) ont un problème. Ils devraient peut-être retravailler leur politique (de recrutement) ou en avoir une nouvelle», soulève Mme Brosseau.

Elle croit que davantage de femmes s'identifient à sa formation politique puisque celle-ci défend des valeurs et des positions qui sont chères à leurs yeux.

«Je pense que les choses qu'on propose pour l'entreprenariat, mais aussi pour les garderies, ce sont des choses qui sont importantes pour les familles, aussi pour les mères, donc ça incite peut-être plus les femmes à s'impliquer», indique-t-elle.

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