Niqab: Mulcair persiste et signe

Le chef du NPD, Thomas Mulcair, était de... (LE SOLEIL, YAN DOUBLET)

Agrandir

Le chef du NPD, Thomas Mulcair, était de passage vendredi à Québec, où il a notamment participé à un rassemblement partisan en soirée.

LE SOLEIL, YAN DOUBLET

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Élections fédérales

Politique

Élections fédérales

Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Thomas Mulcair n'est pas surpris que la question du niqab occupe autant de place dans la campagne électorale. «C'est très émotif, et je comprends que cela fait partie du débat. Tout ce qui peut diviser [la population] Stephen Harper va l'utiliser», soutient-il au sujet du premier ministre sortant.

En entrevue au Soleil, le chef du Nouveau Parti démocratique ne nie pas que sa position sur le port du voile musulman qui cache tout le visage des femmes à l'exception des yeux ne colle pas avec une majorité de Québécois.

«Je respecte beaucoup le fait que cela fasse beaucoup réagir émotivement les gens. Mais je sais aussi que nous vivons dans une société basée sur la primauté du droit.

«Les juges ont statué sur une chose que les gens ont tendance à oublier. Une femme qui porte le niqab est obligée de se dévoiler avant d'être assermentée.»

En après-midi, M. Mulcair a rencontré le maire de Québec, Régis Labeaume, qui s'est publiquement élevé contre le niqab. Le sujet n'a pas été abordé, affirme le néo-démocrate.

«Quand je suis à Québec, je parle beaucoup du port de Québec. Je laisse à d'autres de parler du port du niqab», badine-t-il lorsqu'il se fait demander si une campagne électorale est un moment propice pour en débattre.

Au pouvoir, Thomas Mulcair n'annulerait pas le contrat de vente d'armes à l'Arabie Saoudite, conclu sous le gouvernement Harper. «Il n'est pas question de revenir sur le contrat existant. Un gouvernement ne déchire pas allègrement une entente signée.»

À l'instar de ce qu'a déclaré jeudi le leader des conservateurs, il faut tenir compte des travailleurs engagés dans la production de l'armement, admet M. Mulcair. Le problème, c'est d'avoir conclu la transaction de plusieurs milliards de dollars sans se soucier que le pays acheteur n'est pas exactement un modèle sur la scène internationale.

«Le Canada a des règles à respecter depuis toujours. M. Harper a rompu avec cette règle et cette tradition canadienne en approuvant la vente sans regarder le bilan des droits de la personne en Arabie Saoudite.

«Le NPD, poursuit-il, regardera dorénavant le bilan des droits de la personne du pays avant de permettre la vente d'armes.» Le chef du NPD promet du même souffle qu'un gouvernement qu'il dirigerait adhérerait au traité international du trafic d'armes. «Le Canada est le seul pays de l'Otan à ne pas l'avoir signé.»

Mulcair rencontre Labeaume

M. Mulcair ne voit pas de handicap particulier lié à ses années comme élu à l'Assemblée nationale, même si ses adversaires ressortent régulièrement ses déclarations pour l'embarrasser. «Tout ce que M. [Justin] Trudeau [chef des libéraux fédéraux] réussit à faire, à chaque fois qu'il va chercher une phrase dans mes 35 ans d'expérience publique, c'est de montrer que j'ai 35 ans d'expérience dans l'administration publique», lance-t-il en riant.

Les bloquistes n'ont pas manqué de souligner que Thomas Mulcair a été jadis avocat d'Alliance Québec, qui défendait les droits des anglophones. Nouvelle parade avec le rire. «Les gens peuvent constater que j'ai passé plus de temps au Conseil de la langue française que chez Alliance Québec.»

Au Soleil qui lui fait remarquer que ses candidats à Québec ne se font pas remarquer par leurs sorties, le néo-démocrate réplique que «c'est comme ça à travers le Canada. Les candidats sont en train de faire campagne. Ils font leur porte-à-porte. Ils rencontrent leurs électeurs».

Des sondages laissent croire que le soutien à sa formation périclite. Aucune inquiétude, tranche-t-il. «Vraiment, nous sommes très confiants.»

Dans ce cas, sent-il un poids relativement à la perspective de marquer l'Histoire en formant le tout premier gouvernement néo-

démocrate à Ottawa? «Je suis conscient de [porter] sur les épaules des géants comme Jack Layton», son charismatique prédécesseur, commente-t-il prudemment. «Je sens une énorme responsabilité.»

Mais, pas question de confirmer qu'une équipe pour une hypothétique transition des pouvoirs est formée. «Nous faisons du travail sérieux pour être fin prêts pour le 20 octobre», se contente-t-il de dire avec la même prudence.

«Avec mon expérience», laisse tomber Thomas Mulcair, «je suis capable d'aborder cette campagne avec un sourire, d'un bon pas, avec de la détermination».

Un sourire? Les analystes n'ont-ils pas cru revoir «angry Tom», le bouillant politicien, lors du débat télévisé? «J'avais quand même Stephen Harper à ma droite», répond-il en riant. «Ce n'est pas rien en matière d'incitatifs pour devenir passionné.»

Pas de promesse pour l'INO

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) refuse de promettre à l'Institut national d'optique une somme de 25 millions $ pour lui donner une stature pancanadienne. Il y a deux jours, Thomas Mulcair a écrit au maire Régis Labeaume pour lui signifier qu'au pouvoir, les néo-démocrates renouvelleront le financement de base de l'INO, soit 50 millions $ sur cinq ans. Au Soleil, il a indiqué que le maire lui a signalé qu'il cherche «aussi une somme pour permettre à l'Institut de faire de l'expansion ailleurs au Canada. Nous sommes plus que prêts à regarder cela aussi». Il a précisé que cela ne constitue pas un engagement comme tel.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer