Le Bloc veut reconquérir son statut officiel

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En entrevue, vendredi, Gilles Duceppe a mentionné que la meilleure façon pour le Bloc québécois de pouvoir être efficace, c'est d'avoir le statut de parti reconnu pour pouvoir poser des questions en chambre.

Le Soleil, Yan Doublet

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

(Québec) Gilles Duceppe aspire à regagner son statut officiel de parti à Ottawa. Même s'il refuse de chiffrer le nombre de députés qu'il souhaite faire élire, le chef bloquiste rappelle qu'il en faut 12 pour obtenir ce privilège.

Questionné sur le bilan de ses troupes réduites à peau de chagrin au cours des quatre dernières années, le leader de la formation indépendantiste a d'abord eu du mal à énumérer un dossier sur lequel le Bloc a fait la différence à la colline parlementaire. Lorsqu'il évoque la période précédant le dernier scrutin, il vante pourtant sans difficulté son travail pour faire passer la loi antigang ou l'entente sur la main-d'oeuvre et l'emploi. 

«On est intervenu sur le registre des armes à feu, pour dévoiler ce qu'il s'est passé en Cour suprême lors du rapatriement de la Constitution», avance M. Duceppe avant de reconnaître que sa formation ne s'est pas beaucoup fait entendre depuis sa déconfiture. «On n'était pas nombreux, dans ces conditions-là, c'était difficile de travailler [...] On pose une question par semaine, on ne se contera pas d'histoire.»

C'est pourquoi, dit-il, qu'il faut que le Bloc québécois redevienne un «parti reconnu parce que c'est là que vous avez des questions». Douze députés sont nécessaires pour atteindre cet objectif, fait-il valoir. «Je ne vous dis pas que je vise 12, mais je vous dis qu'on veut être un parti reconnu», précise immédiatement Gilles Duceppe ajoutant qu'il souhaite bien entendu obtenir «le plus haut score possible» et «une bonne délégation». 

Le chef bloquiste en profite pour attaquer le Nouveau Parti démocratique (NPD), qui n'a pas, selon lui, un bilan beaucoup plus reluisant malgré son importante députation issue du Québec. «On a eu Le temps d'une paix là, mais avec le NPD, on a eu le temps des muets, ils n'ont pas dit un mot pour défendre le Québec. C'est désolant!» 

Le niqab, un enjeu malgré lui

Plus tôt dans la journée de vendredi, M. Duceppe a livré une attaque en règle contre Thomas Mulcair, affirmant que les Québécois s'apercevaient désormais que le chef néo-démocrate tenait «un double discours» et que c'est pour cette raison qu'ils s'en détournaient. Cela est particulièrement vrai dans le dossier du pipeline Énergie Est et du niqab où l'on voit le «vrai visage» de son rival néo--démocrate, répète-t-il en entrevue au Soleil

Thomas Mulcair affirme, tout comme le chef libéral Justin Trudeau, que les mesures actuelles obligeant les femmes à s'identifier avant leur prestation de serment sont suffisantes et qu'elles peuvent demeurer voilées pendant la cérémonie. Si Stephen Harper et Gilles Duceppe prétendent l'inverse, ce dernier tient toutefois à se distancer du premier ministre sortant, rappelant que le Parti conservateur n'a pas «agi» dans les quatre dernières années pour obliger le vote sans niqab et que les services publics soient rendus et offerts par des fonctionnaires fédéraux ne portant pas le vêtement musulman.

«Ils étaient majoritaires et ne l'ont pas fait», se désole le chef bloquiste, qui accuse les conservateurs de se servir de ces questions «comme outil». Du même coup, il rejette l'idée selon laquelle le Bloc québécois surfe sur la vague du niqab, affirmant qu'il aurait de loin préféré que tous les partis s'entendent sur la question plutôt que d'en débattre en campagne électorale. Il rappelle du même souffle que son parti a adopté cette position il y a longtemps, soit même avant la commission Bouchard-Taylor.

Les chefs du Bloc et du NPD chez Labeaume

«La crainte vient de l'ignorance»

Dans le dossier des réfugiés syriens, Gilles Duceppe reconnaît que la population québécoise n'est pas aussi unanime. Il a également des échos selon lesquels des citoyens éprouveraient une certaine appréhension à voir le Canada ouvrir davantage ses portes à cette population qui fuie la guerre parce que des membres du groupe État islamique pourraient par exemple s'infiltrer dans le lot. 

«Je ne suis pas d'accord avec ça, je ne connais pas grand monde qui traverse une partie de l'Europe pour venir poser une bombe au Canada», s'exclame-t-il. M. Duceppe évoque l'ex-premier ministre, William Lyon Mackenzie King, qui a refusé aux juifs de s'installer au pays pendant la Seconde Guerre mondiale. «Il disait "none is too many" [aucun, c'est déjà trop]. Ce monde-là a fini à Auschwitz», se désole le politicien voulant illustrer qu'il «y a toujours eu ce sentiment de crainte». 

«La crainte vient de l'ignorance», renchérit celui qui croit qu'il faut «prendre le temps d'expliquer aux gens» ce qu'il en retourne en fournissant notamment des exemples comme celui de la Grèce, qui accueille un grand nombre de migrants sans qu'il y ait d'attentat terroriste. «Le Québec a évolué», insiste-t-il, convaincu qu'une fois mieux informés, les Québécois reconnaissent que les immigrants s'intègrent en toute harmonie.

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