Harper propose une «loi-verrou» contre les hausses de taxes

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De passage à Rivière-du-Loup, vendredi, le chef conservateur a annoncé qu'il présenterait une «loi-verrou» qui empêcherait toute augmentation des taxes et impôts fédéraux s'il devait être reconduit au 24, promenade Sussex le 19 octobre.

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

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Stephen Harper promet qu'il respectera sa promesse - et pour garantir qu'il ne la transgressera pas, il la cadenasse à double tour et jette la clé.

De passage à Rivière-du-Loup, hier, le chef conservateur a annoncé qu'il présenterait une «loi-verrou» qui empêcherait toute augmentation des taxes et impôts fédéraux s'il devait être reconduit au 24, promenade Sussex le 19 octobre.

«Je vous donne une garantie supplémentaire, la plus solide possible pour votre sécurité financière», a-t-il lancé.

«Jointe à notre loi sur l'équilibre budgétaire, cette nouvelle loi va protéger notre économie fragile et garantir des taxes réduites et des revenus stables à nos familles», a déclaré le chef conservateur.

Mais c'est sans oublier que les conservateurs avaient déjà annoncé qu'ils n'augmenteraient pas les impôts et les taxes des Canadiens.

Le geste est donc symbolique, en enchâssant dans une loi ce que M. Harper a déjà promis à de nombreuses reprises. Mais il permet surtout à M. Harper de dire que les autres partis, s'ils devaient prendre le pouvoir par la suite, seraient forcés de transgresser ou d'amender la loi s'ils décidaient d'augmenter le fardeau fiscal des contribuables.

Les libéraux ont déjà annoncé qu'ils souhaitent hausser les impôts du «1 %» des contribuables les plus riches, alors que les néo-démocrates veulent augmenter le taux d'imposition des entreprises.

L'idée de cette «loi-verrou» est inspirée de la promesse faite par le premier ministre britannique, David Cameron, qui a été réélu plus tôt cette année.

Elle porte également la marque du stratège australien Lynton Crosby, qui travaille présentement avec les conservateurs, et qui avait contribué à la réélection de M. Cameron et du premier ministre australien John Howard.

La proposition de M. Harper interdirait, pour les quatre prochaines années, des augmentations de l'impôt fédéral sur le revenu, de la taxe de vente fédérale et des «charges sociales discrétionnaires», telles que les cotisations d'assurance-emploi ou du Régime de pensions du Canada.

Les conservateurs soutiennent que cette loi permettra également d'éliminer des échappatoires fiscales et de mettre un terme à certaines manoeuvres d'évasion fiscale.

Sans surprise, le chef conservateur a tenté de surfer sur les données dévoilées hier par le ministère des Finances indiquant que le gouvernement fédéral a affiché un excédent budgétaire de 150 millions $ au mois de juillet.

«Notre gestion prudente et rigoureuse de votre argent continue de donner des résultats, s'est-il exclamé. Pour un quatrième mois consécutif, notre gouvernement a affiché un surplus budgétaire.»

Le Canada est en voie de présenter un deuxième budget équilibré de suite, a-t-il martelé.

La vente d'armes dérange

Par ailleurs, les propos de Stephen Harper sur la vente d'armes à l'Arabie Saoudite font grincer des dents Amnistie internationale. D'autant que le chef conservateur a réitéré ses commentaires controversés au lendemain du débat des chefs.

Jeudi soir, tout en déplorant les abus commis par le régime saoudien, M. Harper a jugé qu'il ne s'agissait pas là d'une raison suffisante pour cesser de lui vendre des armes. «Ce n'est pas juste de punir des travailleurs d'une usine à London [Ontario] pour ça. Ce n'est pas de gros bon sens», a soutenu M. Harper. Il faisait ainsi référence à la compagnie General Dynamics Land Systems, qui a décroché l'an dernier un contrat de 15 milliards $ pour la vente de véhicules blindés à l'Arabie Saoudite.

Anne Sainte-Marie, d'Amnistie internationale, estime que le Canada a du sang sur les mains, non seulement parce qu'il vend du matériel militaire à ce pays, mais aussi parce qu'il ferme les yeux sur la torture qui y est commise. Elle se questionne sur le fait que M. Harper mette dans une même équation des vies humaines et des emplois.

Les droits de la personne sont couramment ignorés dans ce pays du Moyen-Orient. Le blogueur Raïf Badawi a été condamné à 1000 coups de fouet et à 10 ans d'emprisonnement pour avoir prôné la libéralisation du régime. Le jeune Ali al-Nimr a cette semaine été condamné à la décapitation pour avoir participé à une manifestation alors qu'il avait 17 ans.

Mme Sainte-Marie s'inquiète particulièrement du fait que les détails du contrat de General Dynamics soient maintenus secrets, une clause que M. Harper aurait personnellement assuré par écrit dans une correspondance au roi saoudien, selon des documents obtenus par le Globe and Mail. «C'est quelque chose qui devrait inquiéter les citoyens canadiens, de voir que notre premier ministre s'engage personnellement vis-à-vis un chef d'État qui n'est pas élu et qui dirige un pays où les droits humains ne sont pas respectés», a-t-elle dit.

Hier, M. Harper a réaffirmé qu'Ottawa exprimait son désaccord «de temps à autre» à Riyad sur l'enjeu des droits de la personne. «Mais je ne pense pas que cela est censé de se retirer d'un contrat, d'une manière qui ne ferait que punir les travailleurs canadiens plutôt que d'exprimer dans les faits notre indignation», a-t-il ajouté.

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