Un marathon électoral essoufflant... pas seulement pour les candidats

Justin Trudeau a rendu visite, mercredi, à son... (La Presse Canadienne, Adrian Wyld)

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Justin Trudeau a rendu visite, mercredi, à son ancien entraîneur, Ali Nestor, celui qui l'a aidé à gagner son combat de boxe amateur contre le sénateur Patrick Brazeau en 2012.

La Presse Canadienne, Adrian Wyld

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Le marathon électoral sans précédent dans lequel Stephen Harper a engagé le Canada n'a pas que des effets sur le souffle des candidats-participants. Le taux de participation, l'intérêt des citoyens, celui des médias, les montants dépensés en prévision du jour du vote et le climat général ambiant sont affectés.

Une campagne de 78 jours - nous en sommes au jour 54 - soulève des problématiques inédites.

Il y a bien sûr le coût à défrayer pour battre campagne. En soi, cela peut entraîner un risque de distorsion démocratique, que plusieurs analystes ont souligné. Sur le plan des dépenses, les conservateurs du gouvernement sortant ont l'avantage d'une caisse électorale bien remplie.

Mais, autre constat déjà formulé, plusieurs groupes voulaient devancer le déclenchement du scrutin en y allant d'offensives publiques. Certains se sont fait couper l'herbe sous le pied et devront s'inscrire comme «tiers» participant au scrutin et soumettre les dépenses prévues à Élections Canada.

Pour l'universitaire Éric Montigny, la durée de la course électorale pourrait fort bien avoir un impact sur la participation de la population, déjà déclinante depuis plusieurs années.

Intensité du débat

L'interminable dialogue des candidats avec les électeurs changera-t-il «l'intensité du débat? soumet le politologue de l'Université Laval. Est-ce que ça favorise un électorat déjà décidé et motivé pour une formation en particulier?

«Chose certaine, une longue campagne vient aseptiser le débat. C'est plus d'étiolement.» Il se promet de surveiller le pourcentage de citoyens qui exerceront leur droit de vote.

Un des enjeux, c'est aussi le genre de couverture journalistique. «Cela pourrait mettre un terme aux caravanes électorales» qui suivent les chefs, dit M. Montigny. Déjà, seuls quelques médias nationaux avaient les moyens de suivre «d'un océan à l'autre» les leaders des trois grands partis nationaux. En doublant le nombre de jours, l'investissement dans l'information devient une dépense encore plus lourde.

Cela comporte des bons et des mauvais côtés, suggère le spécialiste. «Les médias creuseront-ils davantage les enjeux régionaux?» Feront-ils plus de vérifications des faits plutôt que de centrer leur attention sur les chefs qui monopolisent l'attention dans les campagnes électorales depuis des années? s'interroge l'universitaire.

Charges partisanes

La durée de la course ne donnera pas plus de temps pour exposer le contenu mis de l'avant par les uns et les autres. Une fois que les formations ont décliné leur plate-forme électorale, il reste surtout plus de temps pour les charges partisanes.

«C'est une hypothèse qui se défend très bien», laisse tomber Éric Montigny, au sujet de la possibilité qu'une longue campagne peut vouloir dire qu'il y aura plus d'attaques personnelles que de critiques idéologiques. «Il faudra voir le ton dans les débats», comme celui de ce soir, sur les ondes de Radio-Canada, commente l'universitaire.

La loi québécoise interdit une campagne de 78 jours

Comme Ottawa, Québec possède une loi sur les élections à date fixe. Mais elle interdit qu'une campagne électorale dure officiellement 78 jours.

Ce sont deux dispositions de la loi électorale québécoise qui en sont garantes. La date du prochain scrutin est le 1er octobre 2018. Par contre, la dissolution de la législature ne peut intervenir avant le 28 août. À Ottawa, Stephen Harper, lui, a appelé les Canadiens aux urnes, le 12 août pour un scrutin le 19 octobre.

Rien n'interdit le premier ministre du Québec Philippe Couillard de lancer la province en élections avant le 1er octobre. Mais les dispositions encadrant ce recours exceptionnel précisent que la course électorale ne peut durer qu'entre 33 et 39 jours. La même période qui si les élections générales se tiennent le 1er octobre.

Le mécanisme sur la durée semble meilleur à cet égard qu'au fédéral. Mais cela n'interdit pas pour autant que les formations partantes n'engagent troupes, idées et argent avant que ne soit donné le coup de départ.

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