Niqab: Duceppe en faveur du recours à la clause «nonobstant»

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Le cas de Zunera Ishaq, (seconde en partant de la droite), qui a obtenu de la Cour d'appel fédérale à Ottawa de pouvoir prêter serment avec son niqab, est l'illustration des enjeux que Stephen Harper veut faire revenir dans la campagne.

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Longueuil

En plus d'appuyer un éventuel projet de loi sur le port du niqab aux cérémonies de citoyenneté, le chef bloquiste Gilles Duceppe serait en faveur du recours à la clause dérogatoire pour blinder la mesure législative.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, lors... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE) - image 1.0

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Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, lors d'un déplacement pour la campagne électorale fédérale.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

«Effectivement, moi, je serais pour 'le nonobstant' si jamais une telle loi contrevenait à la Charte (canadienne des droits et libertés)», a déclaré mardi le leader du Bloc québécois.

La disposition dérogatoire a été mise en place «justement pour faire face à des situations semblables», a enchaîné M. Duceppe en marge d'un discours livré devant l'Union des producteurs agricoles (UPA), à Longueuil.

En juin dernier, lors de la dernière journée des travaux parlementaires à la Chambre des communes, le gouvernement conservateur avait déposé un projet de loi en ce sens.

Les deux députés qui avaient présenté la mesure législative, Jacques Gourde et Tim Uppal, avaient alors assuré qu'elle respectait la Charte canadienne des droits et libertés, sans toutefois être en mesure de fournir les arguments juridiques pour appuyer leur déclaration.

Le chef conservateur Stephen Harper a refusé de spéculer sur le scénario hypothétique d'un recours à la disposition de dérogation en cas de contestation judiciaire. À une question précise sur la disposition de dérogation, il a offert une réponse générale, réitérant sa position sur le niqab.

Dans le dossier du niqab, qui s'est invité dans la campagne électorale la semaine dernière, la position des conservateurs et des bloquistes contraste nettement avec celle des libéraux et des néo-démocrates.

Le NPD contre une loi

Thomas Mulcair et sa femme Catherine Pinhas.... (La Presse Canadienne, Andrew Vaughan) - image 2.0

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Thomas Mulcair et sa femme Catherine Pinhas.

La Presse Canadienne, Andrew Vaughan

Après s'être montré nettement plus évasif que le chef libéral Justin Trudeau sur cette question, Thomas Mulcair a finalement indiqué mardi qu'il n'appuierait pas un projet de loi visant à interdire de prêter le serment de citoyenneté le visage voilé.

«Pas plus que je voterais en faveur d'une loi qui vous enlèverait la liberté de presse, voyons donc», a-t-il offert en guise d'explication au journaliste qui l'interrogeait à ce sujet du côté de Moncton, au Nouveau-Brunswick.

Cette déclaration amènera de l'eau au moulin des bloquistes, qui concentrent leurs attaques sur le Nouveau Parti démocratique (NPD), la formation qui trône en première position dans les intentions de vote au Québec.

À la veille du dévoilement du cadre budgétaire de son parti - et à deux jours du premier débat des chefs en français -, Gilles Duceppe semble prêt à ouvrir un autre front dans sa lutte contre les néo-démocrates, soulevant des doutes sur un engagement dévoilé en matinée par Thomas Mulcair.

De passage dans les Maritimes, le chef néo-démocrate a notamment promis de geler pendant quatre ans les cotisations à l'assurance-emploi et de «protéger la caisse d'assurance-emploi pour qu'elle serve uniquement à assurer des prestations aux Canadiens et non pas de tirelire pour le gouvernement».

Mais ses chiffres ne tiennent pas la route, a laissé entendre son adversaire bloquiste, qui a dit avoir l'intention de se replonger, avec ses conseillers économiques, dans le cadre financier du NPD.

Et de plus, «chose certaine», Thomas Mulcair «se contredit effrontément», s'étant réjoui la semaine passée du surplus de 1,9 milliard $ dégagé par un gouvernement fédéral qui dû «piger dans la caisse» d'assurance-emploi afin d'y parvenir, a argué M. Duceppe.

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