Une députée du Bloc appuie «par erreur» un groupe anti-islamique

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

La Presse Canadienne
Montréal

L'utilisation des médias sociaux nécessite une grande prudence au quotidien, surtout pour les candidats qui se présentent aux élections, et certains l'ont appris à leurs dépens dans l'actuelle campagne électorale fédérale.

Il n'y a pratiquement pas une semaine qui passe sans que les médias rapportent des faux pas de candidats sur les réseaux sociaux, que ce soit des photos, des tweets ou des commentaires portant à controverse. Samedi, c'était au tour de la candidate du Bloc québécois dans Ville-Marie-Le Sud-Ouest-Île-des-Soeurs, Chantal St-Onge, d'attirer l'attention.

Le 13 septembre, Mme St-Onge a commenté un événement auquel elle a été invitée sur Facebook. «Je suis désolée mais ma fille se marie à 16h! Je suis avec vous de tout coeur!», a-t-elle écrit en commentaire sur la page de l'évènement prévu le 26 septembre.

Le hic, c'est que l'événement, intitulé «Rassemblement contre l'austérité politique et religieuse loi 59 (charia)», est organisé par le mouvement Pégida Québec. Ce regroupement controversé, qui s'oppose à «l'islamisation du Québec», a fait les manchettes pour avoir organisé une manifestation dans le quartier montréalais du Petit Maghreb, en mars, qui avait finalement été annulée.

Mme St-Onge, ancienne candidate d'Option nationale dans la circonscription de Rousseau en 2014, est enseignante dans une école de la commission scolaire Rivière-du-Nord, dans les Laurentides. Elle réside à Saint-Hippolyte.

À la suite des nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, le Bloc québécois a été avisé de l'affaire par des journalistes, samedi.

Le parti a alors immédiatement informé la candidate de la situation et lui a demandé d'effacer son commentaire.

«C'est une erreur de bonne foi. C'est une méconnaissance des réseaux sociaux», a expliqué Mathieu St-Amand, l'attaché de presse du chef bloquiste, Gilles Duceppe.

«Elle est enseignante. Elle est touchée de plein fouet par les mesures d'austérité de Québec et ne veut certainement pas l'être par les mesures d'austérité du NPD de Thomas Mulcair. ... Elle pensait donc que c'était un événement contre l'austérité politique et non pas un événement de Pégida Québec», a ajouté Mathieu St-Amand.

Sur sa page Facebook, Mme St-Onge indique qu'elle a participé à des manifestations contre l'austérité en 2014, notamment à celle du 29 novembre, qui avait rassemblé des dizaines de milliers de personnes au centre-ville de Montréal.

S'excuser et s'expliquer

Samedi, en début de soirée, la candidate bloquiste a publié un message sur son profil Facebook pour s'excuser et s'expliquer.

«Aujourd'hui, on m'apprend que l'invitation était lancée par un groupe que je ne connaissais pas. On m'a dit que ce groupe était xénophobe, une attitude que j'ai en horreur. Je suis une femme ouverte à la diversité et pour moi nous sommes tous des Québécoises et des Québécois, peu importe notre origine, notre couleur ou autre. Je suis dévastée que certaines personnes puissent croire que je voulais m'associer à ces gens. J'avoue que je n'ai pas été assez attentive. Mais dans tout ceci, j'étais de bonne foi. Encore une fois, j'en suis vraiment désolée.»

Certains l'ont invitée à être prudente avec les médias sociaux. Un internaute a écrit qu'il connaissait Mme St-Onge et qu'elle n'était pas au courant de l'orientation de ce regroupement.

«Je connais personnellement Chantal et je peux t'assurer qu'elle ne fréquente personne de Pégida», a écrit Patrick Beaulieu sur le profil de Chantal St-Onge.

Mme St-Onge n'est pas la première candidate à vivre une situation semblable depuis le début de la campagne.

Le candidat du Parti conservateur dans Hochelaga, Augustin Ali Kitoko, s'est vu montrer la porte après qu'on eut trouvé sur son compte Facebook des photos du chef néo-démocrate Thomas Mulcair.

Chez les libéraux, la jeune candidate dans Calgary Nose Hill, Ala Buzreba, a remis sa démission pour des commentaires assez crus datant d'il y a plus de quatre ans sur son fil Twitter.

Un candidat néo-démocrate en Nouvelle-Écosse, Morgan Wheeldon, a dû céder sa place pour avoir soutenu sur son compte Facebook qu'Israël s'adonnait à un «nettoyage ethnique».

À cela s'ajoute le départ du candidat conservateur dans Rosemont-La Petite-Patrie, Gilles Guibord, pour ses commentaires jugés sexistes sur le site Internet du «Journal de Montréal».

Deux autres candidats conservateurs du Québec ont fait les manchettes pour des commentaires douteux sur leur compte Facebook. Soheil Eid, dans Joliette, a établi un parallèle entre le soi-disant double discours de M. Mulcair sur les oléoducs et la propagande nazie. Wiliam Moughrabi, dans Ahuntsic, a dû effacer des commentaires jugés violents et misogynes.

Enfin, la candidate bloquiste VirJiny Provost, dans Mégantic-L'Érable, en a fait sourciller plus d'un pour avoir écrit sur un site Internet qu'en cas d'attaque nucléaire, elle amènerait avec elle «son cell, un pénis, ben des chips ».

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