Constitution et niqab: des propos «maladroits», dit le candidat Delisle

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La position des autres partis sur le port du niqab lors de la prestation de serment est plus tranchée et surtout, plus facile à résumer. Les conservateurs et les bloquistes sont contre. Les libéraux sont pour.

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Un candidat néo-démocrate du Québec qui a proposé de rouvrir la Constitution afin de revisiter la notion de liberté de religion pour régler la question du niqab dit avoir tenu des propos «maladroits» et «contradictoires».

Dans une déclaration écrite transmise samedi matin par un porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jean-François Delisle affirme que ses propos «étaient maladroits et contradictoires et ne reflètent pas (s)es priorités ou celles du parti».

La veille, en entrevue à La Presse Canadienne, il reconnaissait qu'il était «personnellement» opposé au port du niqab lors de la prestation du serment de citoyenneté, un enjeu qui s'est récemment invité dans la campagne électorale et qui embête particulièrement celle des néo-démocrates.

Au cours de l'échange, le candidat néo-démocrate était allé jusqu'à suggérer que le NPD - qui espère obtenir le mandat de négocier avec les provinces pour rouvrir la Constitution afin d'abolir le Sénat - pourrait faire d'une pierre deux coups et régler aussi le dossier du niqab par la voie constitutionnelle.

«Thomas Mulcair est prêt à ouvrir la Constitution sur le Sénat, donc pourquoi il ne serait pas prêt à l'ouvrir sur cette question-là?», avait-il soumis, évoquant le besoin d'actualiser une conception selon lui caduque de la liberté de religion.

«La liberté de religion qui était, dans les années 1980, celle qui était prônée par les élus en place (dans la Charte canadienne des droits et libertés), ce n'est plus nécessairement la même liberté de religion qu'on a aujourd'hui», avait plaidé Jean-François Delisle.

«Depuis les années 1980, le monde a changé. Il est arrivé beaucoup de mouvements radicaux de toutes sortes. Je n'aimerais pas ça voir le type de religion qui pourrait s'inventer dans les prochaines années si la liberté de religion devenait une liberté plus forte que les droits collectifs des gens», ajoutait-il.

Dans les quelques phrases de clarification qui ont été transmises samedi matin, il n'est pas directement question de la prise de position personnelle de Jean-François Delisle concernant le port du niqab lors des cérémonies de citoyenneté.

On préfère tenter de réorienter la conversation en signalant que la question de la Constitution «ne fait pas partie de nos priorités (celles du NPD) pour les citoyens de Lac-Mégantic, qui veulent d'abord et avant tout une voie de contournement».

Mais il n'empêche que le candidat Delisle a ouvert une boîte de Pandore en tenant ces propos, qui ont été largement relayés par les partisans, candidats et stratèges des autres partis, lesquels savent bien qu'un épouvantail de querelle constitutionnelle peut être efficace lorsque brandi en pleine campagne.

De plus, la position des autres partis sur le port du niqab lors de la prestation de serment est plus tranchée et surtout, plus facile à résumer. Les conservateurs et les bloquistes sont contre. Les libéraux sont pour.

La question du niqab s'est invitée dans la campagne cette semaine lorsque la Cour fédérale d'appel a confirmé qu'une directive ministérielle interdisant aux musulmanes d'avoir le visage voilé lors des prestations de serment était invalide.

Le ministre sortant de l'Immigration, Chris Alexander, a annoncé le lendemain son intention de contester le jugement. Deux jours plus tard, son collègue Denis Lebel, lieutenant québécois du chef conservateur Stephen Harper, a indiqué que le ministre de la Justice demanderait la suspension de la décision.

Cela aurait pour effet d'empêcher Zunera Ishaq, la femme musulmane d'origine pakistanaise âgée de 29 ans qui a porté cette cause devant les tribunaux, d'obtenir sa citoyenneté canadienne à temps pour voter à l'élection générale du 19 octobre.

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