Deuxième débat: du muscle, mais pas de K.-O.

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Alors que Stephen Harper a dû défendre un bilan de près de 10 ans à Ottawa marqué par deux périodes économiques difficiles, Thomas Mulcair et Justin Trudeau ont tenté de convaincre les Canadiens qu'ils étaient mieux placés que lui pour gérer le portefeuille du pays.

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

Lina Dib, Fannie Olivier
La Presse Canadienne
Québec

Coincés dans une course serrée à trois, les chefs conservateur, néo-démocrate et libéral ont eu une autre occasion de se différencier l'un de l'autre dans un débat à Calgary, jeudi soir.

Le débat étant entièrement consacré à l'économie, les accusations et les promesses étaient donc toutes accompagnées d'un signe de dollar.

Alors que Stephen Harper a dû défendre un bilan de près de 10 ans à Ottawa marqué par deux périodes économiques difficiles, Thomas Mulcair et Justin Trudeau ont tenté de convaincre les Canadiens qu'ils étaient mieux placés que lui pour gérer le portefeuille du pays.

Les échanges ont donné lieu à quelques étincelles. «Arrêtez de nier la réalité», a lancé M. Mulcair à M. Harper alors que celui-ci se défendait de vouloir réduire les transferts en santé aux provinces. Les trois chefs, combatifs, se sont régulièrement coupé la parole et ont parlé simultanément.

Comme il en a l'habitude, M. Harper a accusé ses deux rivaux de vouloir augmenter taxes et impôts. Le premier ministre sortant a souligné le contraste entre ses promesses de dépenses modestes et celles de ses adversaires.

«M. Harper, vous avez eu des déficits dans les bonnes années. Vous avez eu des déficits dans les mauvaises années. Le seul moment où vous avez dit qu'il n'y aurait pas de déficit, c'est dans les années d'élection», a servi M. Trudeau au chef conservateur.

Mais ce dernier n'a pas paru déboussolé, dépeignant ses deux adversaires comme des dépensiers. «Ces gens voudront toujours dépenser plus», a-t-il laissé tomber.

M. Trudeau s'est défendu de l'une de ces attaques en affirmant que M. Harper confondait taxes et contribution aux régimes de retraite. Le chef libéral a comparé son plan - qui prévoit des déficits qu'il juge «modestes» dans les trois premières années d'un éventuel mandat - à une famille qui doit emprunter à la banque pour une hypothèque.

De son côté, le chef néo-démocrate, qui ne prévoit pas faire de déficit, a voulu poser son cadre financier comme un juste milieu entre les positions de ses deux adversaires. «Le premier ministre veut appuyer sur le bouton "snooze", tandis que M. Trudeau appuie sur le bouton panique», a-t-il raillé.

Crises

M. Harper a admis d'entrée de jeu que la situation économique qui prévaut au Canada n'est pas si rose.

«Je n'ai jamais dit que les choses étaient fantastiques», a-t-il concédé en référence à la situation économique actuelle, le Canada étant officiellement en récession technique.

«J'ai dit que nous vivons dans un environnement éprouvant», a-t-il noté, avant de demander aux Canadiens s'ils préféreraient vivre ailleurs. Il s'est d'ailleurs plaint un peu plus tard d'avoir dû faire face à une avalanche de crises provenant de l'extérieur, d'un crise bancaire à la chute des prix de l'immobilier aux États-Unis, en passant par le chaos sur les marchés chinois et la baisse des prix des matières premières.

Dans le domaine de l'environnement, M. Mulcair a accusé le chef conservateur d'avoir donné mauvaise réputation au Canada et à l'Alberta et ses sables bitumineux. Avec pareil ami, l'Alberta n'a pas besoin d'ennemis, a ironisé le chef néo-démocrate. «M. Harper a mis tous ses oeufs dans le même panier et a ensuite échappé le panier», a-t-il illustré.

Au plan du libre-échange, le chef conservateur a révélé que les négociations entourant le Partenariat transpacifique entraient dans leur dernière phase. «Pour ce qui est du secteur automobile, je ne suggère pas qu'ils vont nécessairement tout aimer là-dedans, a-t-il concédé, mais ce que je dis, c'est que nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre, en tant que pays, d'avoir un secteur automobile mis à l'écart de la chaîne d'approvisionnement. Ça serait un désastre.»

MM. Mulcair et Trudeau lui ont par la suite reproché l'opacité entourant ces négociations.

Réfugiés syriens

Débordant du domaine strictement économique, la question des réfugiés syriens s'est invitée dans le débat dans le segment portant sur l'immigration, MM. Mulcair et Trudeau accusant M. Harper de ne pas en faire assez. À leurs yeux, le chef conservateur joue la carte de la peur, freinant la réunification familiale et retirant aux immigrants le droit de bénéficier de l'assurance-maladie.

Nous devons redevenir un pays ouvert, accueillant et généreux, a plaidé M. Trudeau. M. Harper a défendu son bilan, rappelant qu'il avait annoncé que le Canada accepterait plus de réfugiés, plus rapidement.

«Ces gars-là, durant les deux dernières semaines, nous auraient fait ouvrir toutes grandes les portes avec littéralement des centaines de milliers de gens venant sans aucune forme de vérification au plan de la sécurité ou documentation», a-t-il lancé. «Ce n'est pas vrai!», a répliqué M. Trudeau.

Pendant que les trois hommes s'échangeaient toutes ces attaques, la leader du Parti vert, Elizabeth May, s'en remettait à Twitter pour participer au débat, sans y être. Le chef du Bloc québécois n'avait pas, lui non plus, été invité au débat organisé par le quotidien The Globe and Mail.

«M. Harper, vous avez eu des déficits dans les bonnes années. Vous avez eu des déficits dans les mauvaises années.»

Justin Trudeau
Parti libéral du Canada

«Le premier ministre veut appuyer sur le bouton "snooze", tandis que M. Trudeau appuie sur le bouton panique.»

Thomas Mulcair
Nouveau parti démocratique

«Je n'ai jamais dit que les choses étaient fantastiques. J'ai dit que nous vivons dans un environnement éprouvant.»

Stephen Harper
Parti conservateur
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