Une région, quatre partis: main tendue aux souverainistes

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Les candidats conservateurs Gérard Deltell et Pierre Paul-Hus soutiennent que leur parti respecte les compétences des provinces.

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

(Québec) À un mois du scrutin fédéral, Le Soleil a demandé aux quatre principaux partis politiques que les Québécois ont élus à Ottawa de déléguer deux candidats locaux pour discuter des enjeux qui touchent la région de la capitale. Aujourd'hui, Gérard Deltell (Louis-Saint-Laurent) et Pierre Paul-Hus (Charlesbourg-Haute-Saint-Charles).

Parce qu'il est «centralisateur au maximum», le Nouveau Parti démocratique (NPD) est le «pire parti» pour lequel les souverainistes pourraient voter, affirme le candidat conservateur Pierre Paul-Hus. Les partisans de l'indépendance devraient plutôt choisir la formation de Stephen Harper, dit-il, parce qu'elle respecte les champs de compétence des provinces. 

«Je ne vois pas pourquoi un souverainiste voterait pour ce parti-là, ça n'a aucun sens. C'est parce qu'il n'est pas informé», poursuit l'aspirant député de Charlesbourg--Haute-Saint-Charles. Selon lui et son collègue dans Louis-Saint-Laurent, Gérard Deltell, les conservateurs demeurent une meilleure option pour les indépendantistes, qui, disent-ils, ne sont plus une force dans la région. 

Pour étayer leur propos, ils présentent leur parti comme étant celui «qui [respecte] les champs de compétences aux provinces» et qui se «distingue de ne pas avoir fait de chicane provincial--fédéral» contrairement aux néo--démocrates qui multiplient les promesses dépassant la juridiction d'Ottawa et les libéraux qui nourrissent «la haine des souverainistes». 

Si les bloquistes ont été rayés de la carte de la Capitale-Nationale et des environs et que les conservateurs y ont perdu trois sièges il y a quatre ans, c'est que les électeurs «ont simplement voté pour le bon Jack», poursuit M. Paul-Hus. «Mais au lendemain du scrutin, il y a beaucoup de citoyens qui se sont dit : "Qu'est-ce que j'ai fait là en votant NPD?"»  

Pas de «mystère Québec»

Les valeurs conservatrices représentent beaucoup mieux les Québécois, affirment les deux hommes. Pour Gérard Deltell, cela se sent sur le terrain. «Quand je rencontre les gens de Québec, ils sont tout à fait à l'aise avec les positions que je défends», assure-t-il. 

L'ancien député caquiste refuse cependant de dire que cette soi-disant sympathie conservatrice caractérise la région tout comme il rejette l'idée du «mystère Québec». «Il ne faut jamais prendre le vote des gens de Québec pour acquis. Rappelez-vous dans les décennies 2000-2010, il y a eu quatre majorités distinctes dans la région» : libérale, bloquiste, conservatrice et néo-démocrate, illustre l'ex-journaliste. 

Si leurs troupes éjectaient tous les sièges gagnés par les néo-démocrates en 2011, la région se porterait beaucoup mieux, souligne le duo qui qualifie toutefois son bilan «d'extraordinaire» malgré une minorité de représentants conservateurs issus du coin à Ottawa. 

Des retombées avec l'oléoduc Énergie Est

«Imaginez ce qu'on pourrait faire si on était là», laisse tomber M. Deltell sans toutefois donner un avant-goût de à ce à quoi la population peut se permettre de rêver. Il évoque plutôt la possibilité de «faire avancer les dossiers là où les décisions se prennent» et de donner plus d'argent dans les poches des citoyens grâce aux politiques économiques de sa formation politique.

Les projets qui pourraient voir le jour dans la région grâce aux conservateurs sont déjà connus et inscrits sur la liste du maire de Québec, Régis Labeaume. Le candidat évoque la subvention de 75 millions $ promise à l'Institut national d'optique (INO), l'engagement du Parti conservateur de financer à la hauteur de 26 millions $ le terminal des croisières du Port de Québec et l'avancement dans le dossier du centre de prédédouanement américain à l'aéroport de Québec.

Selon Gérard Deltell, le projet d'oléoduc d'Énergie Est procure déjà des avantages dans la région puisque l'INO a développé une technologie visant à sécuriser le transport du pétrole par pipeline pour la compagnie TransCanada. Mais le politicien refuse de se mouiller davantage sur cette question, répétant que des études sont nécessaires avant de peser le pour et le contre. Il fait également valoir que le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement n'a pas besoin d'être présent pour mesurer l'impact environnemental d'un oléoduc qui traverserait le Québec puisqu'un examen par le fédéral suffit.

Niqab : le parti du «gros bon sens canayen»

Le Parti conservateur du Canada ne fait qu'exprimer le «gros bon sens canayen» en s'engageant à déposer une loi contre le port du niqab, lors de la prestation du serment pour la citoyenneté. Le candidat Gérard Deltell s'est dit soufflé par la position des adversaires néo-démocrates et libéraux. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti libéral du Canada autoriseraient les femmes musulmanes à se présenter aux cérémonies le visage voilé. «Tu ne peux pas vivre dans une société telle que la nôtre et, lorsque tu es accueilli par un pays, ne pas prêter serment solennel le visage découvert. C'est le gros bon sens canayen. Sérieux, comme des femmes peuvent-elles se présenter pour le Parti libéral ou pour le NPD?» 

Propagande et «chums syndicaux»

Gérard Deltell n'a pas digéré que la FTQ se soit lancée dans la mêlée pour soutenir les candidats néo-démocrates de la région. Dans son porte-à-porte, le candidat affirme qu'il s'est fait confirmer «que la FTQ fait plein de propagande. La citoyenne en question s'est plainte «de se faire harceler par son syndicat pour voter contre» les conservateurs, dit l'aspirant député dans Louis-Saint-Laurent. L'a-t-on consultée? «Pantoute», poursuit-il. Pour l'ex-député caquiste à Québec, un Nouveau Parti démocratique au pouvoir aurait «les mains liées» face à la centrale syndicale. Première chose que ferait le chef Thomas Mulcair «lorsqu'il aurait à négocier avec ses chums syndicaux, ce serait de dire: "Vous avez tout fait pour que je sois là." Ça promet pour les contribuables».  

Les migrants font peur aux citoyens

À Québec même, «quand je parle avec eux, les gens ont peur» de recevoir sans restriction les réfugiés qui fuient la Syrie, tient à témoigner Pierre Paul-Hus. Au fil de ses échanges avec les électeurs, «l'aspect de sécurité globale, ça préoccupe beaucoup les gens», insiste-t-il. «Dans le monde de 2015, on voit que les migrants, ça fait peur aux gens parce qu'ils ne savent pas s'il y a des infiltrés de l'État islamique [EI] là-dedans. Nous, comme conservateurs, nous prenons des actions à la base pour anéantir l'EI», fait-il en rappelant le rôle du Canada dans la coalition internationale prenant part à des frappes contre le groupe. Les personnes qu'il croise «sont fières de ce que M. Harper a fait, de dire oui» à l'accueil de réfugiés au pays. «Mais, sécurité avant tout, pour filtrer tout ça.»  

Avec Michel Corbeil

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