Bloc québécois: une campagne qui ne déchaîne pas les passions

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Les conférences de presse «ne sont pas aussi courues qu'on le souhaiterait», reconnaît le directeur des relations de presse pour la campagne du Bloc québécois, Dominic Vallières.

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

Mélanie Marquis
Le Soleil

(Ottawa) La scène avait quelque chose de surréaliste: en pleine campagne électorale, un chef qui fait une annonce dans un centre de la petite enfance - un endroit à potentiel hautement photogénique pour tout politicien - avec en arrière-plan un module de jeux complètement vide, devant trois journalistes. «Je me sens seule», a laissé tomber une reporter du journal local. Bienvenue dans la campagne du Bloc québécois.

La veille, Gilles Duceppe s'était montré enthousiasmé par l'énergie des quelque 700 militants et candidats qui assistaient au conseil général du Bloc québécois. Cet événement, martelait le leader bloquiste depuis le début du marathon électoral fédéral, devait donner le coup d'envoi à la «vraie» campagne de son parti.

Cela ne s'est pas encore transposé dans la réalité, que ce soit au chapitre de la couverture médiatique ou de la ferveur militante. Il y a rarement plus de deux journalistes qui assistent aux points de presse de M. Duceppe, même quand ceux-ci se tiennent en plein coeur de Montréal, où tous les grands médias ont pourtant des bureaux.

Les partisans ne sont pas non plus vraiment au rendez-vous sur le terrain, sauf lors des activités-bénéfice. Mardi soir dernier, à Laval, quatre candidats ont réuni quelque 200 personnes pour un cocktail à 200 $ le billet, et le lendemain, environ 150 personnes payaient le même montant pour être du souper «Un artiste à votre table», du comédien Denis Trudel, en compagnie d'une dizaine de ses collègues de la colonie artistique.

C'est ce qu'a pu constater la journaliste de La Presse Canadienne après avoir suivi la semaine dernière, pendant quelques jours, la campagne bloquiste - non pas dans un autocar nolisé pour les médias, comme c'est habituellement la norme, mais bien dans l'autocar du chef, en compagnie de trois stratèges, deux conseillers et M. Duceppe lui-même, qui a un espace de travail à l'arrière du véhicule.

Les conférences de presse «ne sont pas aussi courues qu'on le souhaiterait», reconnaît d'emblée le directeur des relations de presse pour la campagne du Bloc québécois, Dominic Vallières, soutenant néanmoins que les demandes médiatiques «commencent à entrer» depuis quelques jours.

«En fait, ce que j'en comprends, c'est que pour beaucoup d'organisations, les gens reviennent de vacances et ils commencent à rouler avec des effectifs complets», suggère-t-il, se disant satisfait de la couverture de la vaste majorité des entreprises médiatiques - toutes, à l'exception de la télévision de Radio-Canada, dit-il.

«Je vais le dire franchement: j'estime que je reçois un bon service de (plusieurs médias). J'estime que je ne reçois pas un bon service de la télévision de Radio-Canada», laisse tomber M. Vallières, précisant que cette critique ne vise en rien «la diligence et la probité» des journalistes de la société d'État.

Cette accusation a été reçue avec étonnement par le directeur général de l'information de la boîte, Michel Cormier, qui se défend d'offrir aux téléspectateurs une couverture inéquitable de la campagne. Il estime que l'espace consacré au Bloc est tout à fait correct pour un parti qui compte deux députés.

«D'après nos balises, on fait une place très favorable au Bloc», a-t-il résumé en entrevue téléphonique, samedi, faisant valoir qu'au cours des derniers jours, deux longues entrevues avec le chef Duceppe ont été diffusées aux émissions «24/60» et «Les coulisses du pouvoir».

«Ce n'est pas parce que le chef a fait une déclaration qu'il va y avoir un reportage», a-t-il spécifié, ajoutant que la couverture de la campagne, de façon globale, serait plus intense dès la semaine prochaine, alors que les Canadiens seront peut-être davantage à l'écoute.

Financement et avenir du Bloc

Si, pour cette campagne, il n'y a pas d'autocar réservé aux représentants des médias, c'est une question de choix et non de manque d'intérêt ou d'argent, a tranché Dominic Vallières. «La campagne 2015, elle ne ressemble pas à la campagne de 2011, surtout par l'utilisation des réseaux sociaux, alors nous, on a décidé d'y investir une bonne part de budget», a-t-il soutenu.

Lors du cocktail de financement à Laval, un militant a lancé au micro que l'argent dont disposent les autres partis donnait à ceux-ci une longueur d'avance tout en nuisant au Bloc, qui est moins fortuné. Le trésor de guerre électoral du Bloc est-il vraiment si mal en point?

Le stratège des communications de la campagne bloquiste dit que non, et plaide qu'il ne s'agit pas là d'un facteur qui entre en ligne de compte davantage qu'aux dernières élections fédérales. «On fait campagne essentiellement avec les mêmes moyens (4 millions $) qu'en 2011», assure-t-il.

La formation souverainiste faisait aussi campagne avec des dizaines de députés sortants qui ont échoué à se faire réélire il y a quatre ans, emportés par la vague orange d'un Nouveau Parti démocratique (NPD) qui était loin d'avoir un budget aussi imposant au Québec, selon une source néo-démocrate.

La déconfiture avait été colossale - le Bloc québécois est passé de 47 députés à quatre, et ils n'étaient plus que deux à la dissolution du Parlement, le 2 août. Et selon certains sondages, le parti pourrait être complètement rayé de la carte le 19 octobre.

Pourrait-on être en train d'assister au dernier tour de piste d'un autocar de campagne bloquiste? Dominic Vallières écarte l'hypothèse: «Je ne pense pas. Je pense qu'il y aurait plus (d'analystes et de chroniqueurs politiques) qui seraient en train de nous tourner autour s'ils sentaient que c'était ça qui s'en venait».

Et la présence de M. Duceppe aux débats en français - celui de Radio-Canada et La Presse aura lieu le 24 septembre, et le face-à-face de TVA, le 2 octobre - pourrait bien avoir l'effet d'un électrochoc pour la campagne du Bloc québécois en raison des qualités de débatteur du chef bloquiste, suggère-t-on en coulisses.

En attendant, le chef continue d'affronter les sempiternelles questions sur la pertinence d'une formation indépendantiste à Ottawa. Exaspéré, vendredi, il a riposté: «À chaque élection, c'est posé, et on a gagné la plupart des fois, alors moi, je me pose plutôt la question de la pertinence de ces questions-là».

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