Jean Chrétien plonge dans la campagne électorale

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Jean Chrétien en compagnie de Justin Trudeau à Mississauga, en Ontario.

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

La Presse Canadienne
Gatineau

C'est un ancien premier ministre du Canada qui aura été au premier plan de ce 43e jour de la campagne électorale fédérale, dimanche.

L'ancien dirigeant libéral Jean Chrétien, qui faisait campagne aux côtés du chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, a fait réagir la classe politique avec sa lettre ouverte, publiée samedi, dans laquelle il disait avoir «honte» de la gestion de la crise des migrants par le premier ministre sortant Stephen Harper.

De passage près d'Ottawa, où il annonçait que son gouvernement diminuerait le taux d'imposition des petites entreprises, le chef conservateur a répondu aux critiques de l'ancien premier ministre, affirmant que «la très grande majorité» des Canadiens étaient fiers de leur pays.

M. Chrétien a également accusé M. Harper d'avoir abandonné la tradition d'un Canada «avancé et progressiste» qui faisait la promotion de la paix et de la stabilité - des caractéristiques qui suscitaient l'admiration des autres pays, selon lui. Or, M. Harper a souligné dimanche que le Canada était admiré «plus que jamais» par la communauté internationale.

L'ancien premier ministre libéral a d'ailleurs été questionné sur la possibilité que le Canada accueille par mégarde des criminels s'il accepte de recevoir plus de réfugiés comme il le propose.

«Il y a toujours des risques (...) Il y a toujours des gens dans notre société qui peuvent causer des problèmes, mais on a nos (policiers), les surveillances nécessaires pour contrer ça. Mais on ne peut pas anticiper tout. Il faut être capable d'ouvrir nos portes quand la misère est devant nous», a-t-il expliqué.

Le chef conservateur a pour sa part réitéré son engagement d'accueillir 10 000 réfugiés syriens issus de minorités religieuses et ethniques au cours des trois prochaines années. «Nous sommes le pays où s'établissent le plus grand nombre de réfugiés per capita au monde», a-t-il déclaré.

Duceppe salue Chrétien

Les propos de M. Chrétien ont même été salués par son ancien adversaire, le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe.

S'il avait été indépendant, le Québec aurait eu la même politique étrangère que celle adoptée par les anciens premiers ministres du Canada - sauf celle de Stephen Harper, a soutenu le chef bloquiste, qui était à Gatineau dimanche. «Je pense que ça joue au détriment du Canada. Et le Québec écope aussi de cette image projetée à l'extérieur», a-t-il remarqué.

Jean Chrétien était aussi impliqué activement dans la campagne avec son successeur, Justin Trudeau, à Hamilton, où il a discuté d'un autre sujet bien de son temps, la question nationale du Québec.

Comme M. Trudeau le fait depuis le début de la campagne, M. Chrétien a décoché une flèche à l'endroit du chef néo-démocrate Thomas Mulcair, dont la position ne serait pas claire sur les règles à adopter advenant un nouveau référendum sur la souveraineté du Québec.

«Quand c'est l'avenir du pays, il faut savoir les règles. C'est ce qui s'est passé en Angleterre. La Grande-Bretagne m'avait consulté au moment de leur référendum (en Écosse), j'ai insisté pour que la question soit claire», a lancé l'ex-politicien.

Quelques minutes plus tôt, le chef libéral avait souligné que M. Mulcair voulait «faciliter» l'accession à l'indépendance pour la province. «La réalité, c'est qu'il n'aime pas en parler en anglais, mais il en parle tout le temps en français», a-t-il ajouté.

Ces attaques contre le chef néo-démocrate ont été tournés en dérision par le principal intéressé: «M. Trudeau peut continuer sa tournée avec Les Classels, nous on va regarder vers l'avenir. Nous, on est en train de parler de soins de santé pour l'avenir. M. Trudeau sort Jean Chrétien pour ressortir les épouvantails, nous on est en train de dire que les Québécois ont choisi une autre voie».

M. Mulcair était à Vancouver pour annoncer que son parti investirait 1,8 milliard $ sur quatre ans pour les soins de santé aux aînés. Il s'est engagé à reprendre le «leadership abandonné» par le gouvernement Harper sur le dossier de la santé et à travailler étroitement avec les provinces pour arriver à ses fins.

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