Les verts dans la guerre des pancartes

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«Certains pourraient interpréter cela comme partisan. Mais je ne vois pas un parti politique dire qu'il n'a pas l'environnement à coeur» - Steven Guilbeault, directeur principal chez Équiterre, à propos de la campagne Mobilisation environnement Québec

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Équiterre participe à la guerre des pancartes électorales dans deux circonscriptions de la province, dont à Québec et à Montréal, pour que le citoyen «vote pour l'environnement». Le message évite soigneusement d'identifier un parti politique à soutenir ou à renier.

Les affiches sont apparues depuis jeudi sur les poteaux de rues dans Limoilou, qui se trouve dans la circonscription de Beauport-Limoilou. Elles sont signées «Mobilisation environnement Québec». Des représentations de bélugas, d'oléoducs et de wagons pétroliers y apparaissent.

Steven Guilbeault, directeur principal chez Équiterre, soutient que «c'est la première fois qu'un groupe environnemental» prend part de cette façon à une campagne électorale. Outre Beauport-Limoilou, la circonscription montréalaise d'Ahuntsic hérite des pancartes. Toutes deux sont représentées par des députés sortants du Nouveau Parti démocratique (NPD).

Elles ont été choisies notamment parce que l'organisation environnementale y a des bureaux ou des partisans. La «couleur» de la circonscription n'y est pour rien, s'est fait dire Le Soleil.

Pour l'écologiste Guilbeault, le scrutin de 2015 servira à peaufiner les interventions. Lors du prochain appel au peuple, il aimerait répéter l'exercice dans une dizaine de circonscriptions.

Le porte-parole insiste sur le fait que la démarche est dénuée de toute partisanerie. «Équiterre ne fait pas de politique. Nos supporters ne s'attendent pas à ce que le groupe en fasse», soutient-il.

Malaise

Une atmosphère de méfiance s'est installée entre le gouvernement et les regroupements depuis quelques années. La plupart des groupes verts abordent avec davantage de prudence la présente campagne électorale.

Certains croient que les audits conduits par Revenu Canada auprès d'associations en environnement, qui bénéficient du statut d'organisme de charité, y est pour quelque chose. Les règlements sur la publicité en période électorale jouent aussi sur le climat.

Steven Guilbeault assure que ce contexte n'a pas atténué le point de vue défendu. Il est convaincu que le travail de son groupe n'enfreint aucune règle. Son conseil d'administration a cependant été appelé à autoriser l'initiative. Équiterre s'est dûment enregistré auprès d'Élections Canada.

M. Guilbeault signale que le message consiste à dire : «Votons pour un parti qui a l'environnement à coeur. Certains pourraient interpréter cela comme partisan. Mais je ne vois pas un parti politique dire qu'il n'a pas l'environnement à coeur.»

Des environnementalistes joints par Le Soleil ont admis que le malaise, qu'ils ressentent toujours en campagne électorale, où ils doivent s'abstenir de juger les positions des formations politiques, est plus aigu, en 2015. À leur avis, les groupes avec le statut «de charité» le ressentent davantage.

Greenpeace n'est pas détenteur de ce statut, donc pas de malaise, selon Patrick Bonin. Le porte-parole indique cependant qu'il ressent un certain embarras relativement aux élections chez des collègues d'autres organisations. C'est peut-être «parce que le gouvernement leur a serré la vis, ces dernières années», avance-t-il.

Pour certains, le contexte de 2015 se traduit surtout par une plus grande prudence avant de poser tout geste ou de faire toute déclaration. «Je ne me sens pas plus frileux», dit un interlocuteur. Il ajoute que, de toute façon, «c'est facile de ne pas être partisan» dans ses interventions, même dans la campagne 2015.

Au Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement du Québec, Philippe Bourque, lui, ne croit pas à l'existence d'un malaise particulier à cette campagne. Il soutient que c'est le contexte qui incite les porte-parole à être plus prudents dans leurs commentaires et leurs interventions qui touchent des sujets plus sensibles dans l'opinion publique.

Il donne l'exemple «de l'exploitation d'une des plus importantes ressources canadiennes», le pétrole des sables bitumineux, «qui est liée à un événement climatique international», la Conférence de Paris. «Il y a une convergence, conclut M. Bourque, qui fait que les sujets que nous traitons, nous [les environnementalistes], sont tout à coup hautement stratégiques et liés à la politique de très près.»

L'environnement grimpe dans les priorités

L'économie apparaît toujours comme la grande priorité des Canadiens, en cette période électorale, constate CBC. L'environnement occupe cependant une surprenante seconde place, selon le diffuseur public. Le site Web de la société d'État donne ces résultats qui s'appuient sur la participation de plus de 150 000 citoyens, entre le 29 août et le 1er septembre. Le même exercice a été effectué, lors du scrutin de 2011. L'économie occupait la première place, en étant le choix de 31 % des participants. Suivie par la santé (11,5 %), l'imputabilité gouvernementale (11,4 %) et l'environnement (7,8 %). Cette fois, l'économie se trouve toujours à 31 %. Mais la préoccupation environnementale est à 11,3 %, devant la santé (10,5 %) et la responsabilité gouvernementale (7,1 %).

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