Élections: des promesses aux chômeurs, aux étudiants, à l'industrie aérospatiale...

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Justin Trudeau a fait un arrêt à Amherst, en Nouvelle-Écosse, mardi.

JONATHAN HAYWARD

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

La Presse Canadienne
Ottawa et Bouctouche

Pour bien relancer leur campagne maintenant que les électeurs ne sont plus en vacances d'été, les chefs des partis politiques ont chacun fait une promesse - plus ou moins coûteuse - mardi.

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De gauche à droite, de haut en bas: Stephen Harper, Thomas Mulcair, Justin Trudeau et Gilles Duceppe.

Photothèque La Presse

Le chef libéral Justin Trudeau a lancé le bal à Bouctouche, au Nouveau-Brunswick. Il a promis une refonte de l'assurance-emploi qui deviendrait plus facilement et plus rapidement accessible. 

En plus de réduire les cotisations au régime d'assurance-emploi, la proposition augmenterait les transferts aux provinces pour la formation de 500 millions $ par année et diminuerait le temps d'attente pour les prestataires avant le premier paiement.

Les cotisations des travailleurs à l'assurance-emploi diminueraient de 1,88 $ à 1,65 $ par tranche de 100 $ gagnée.

Le Parti conservateur, lui, proposait 1,49 $ par 100 $ dans son budget 2015. Selon les conservateurs, ce changement instaurerait dès 2017 un système avec un «seuil de rentabilité», ce qui lui permettrait de récolter tout juste l'argent nécessaire pour couvrir les coûts du programme. Les montants qui dépasseront ce seuil mèneront à des réductions supplémentaires des cotisations, ajoutent-ils.

Les libéraux soutiennent toutefois que les 2 milliards $ supplémentaires que représente la différence entre les deux propositions seraient réinvestis.

S'ils sont élus le 19 octobre, les libéraux promettent aussi d'éliminer une règle qui exige des nouveaux travailleurs, ou de ceux qui reviennent sur le marché du travail après une absence de deux ans, un minimum de 910 heures de travail avant d'être de nouveau admissibles à l'assurance-emploi. Les nouvelles limites varieraient d'une région à l'autre.

Tous ces changements entreraient en vigueur dans l'année 2017 et coûteraient environ 1,75 milliard $, excluant les 2 milliards $ supplémentaires qui seraient réinvestis.

«L'assurance-emploi ne doit pas être une source de profits pour le gouvernement. L'assurance-emploi est censée aider les gens qui passent par des périodes difficiles, pour qu'ils puissent revenir au travail», a expliqué le chef libéral.

M. Trudeau a évité de répondre lorsqu'un journaliste lui a demandé s'il s'engageait à ne pas utiliser les fonds de l'assurance-emploi pour rééquilibrer le budget - ce que les gouvernements conservateurs et libéraux ont fait par le passé.

Le plan pour l'assurance-emploi a été dévoilé au Nouveau-Brunswick, alors que le chef libéral, Justin Trudeau, faisait campagne dans les Maritimes, une région du pays où les changements au régime d'assurance-emploi ont mis en colère de nombreuses petites communautés et où les chômeurs saisonniers sont nombreux. Selon des données du ministère de l'Emploi et du Développement social, la région affiche un taux de chômage de 16 pour cent, l'un des pires du pays.

Selon le premier ministre libéral du Nouveau-Brunswick Brian Gallant, les modifications du gouvernement conservateur ont amené plusieurs citoyens à quitter la région pour aller vers l'ouest du pays. «Je crois qu'il serait sensé de faire marche arrière», a-t-il déclaré.

M. Gallant estime par ailleurs que la proposition de son homologue fédéral ne portera pas atteinte aux petites entreprises. Les PME se plaignent qu'une hausse des cotisations des employeurs nuira à leur capacité de croissance.

Le NPD

Le chef néo-démocrate a fait sa promesse à Dorval, devant l'avion qui lui servira de transport d'ici le 19 octobre. Sa promesse: stimuler l'innovation et la fabrication dans le secteur aérospatial. Thomas Mulcair dit que les coûts de toutes ses promesses seront divulgués «en temps et lieu». Il maintient que sa comptabilité lui permettra de livrer tout ça tout en équilibrant le budget fédéral.

Les conservateurs

Le chef conservateur Stephen Harper a fait sa promesse aux étudiants, alors qu'à l'extérieur du Québec, c'était journée de rentrée scolaire, mardi. Il a promis de doubler les sommes qu'Ottawa accorde aux familles les moins riches qui contribuent tout de même au Régime enregistré d'épargne-études (REEE).

«Vous savez que quand nous, les conservateurs, nous prenons un tel engagement, parce que c'est abordable, nous tenons parole», a dit M. Harper devant des militants conservateurs à Mississauga, en Ontario.

Le Bloc québécois

Le chef du Bloc québécois y est allé, lui aussi, d'une promesse, sur les transferts aux provinces en matière de santé. Gilles Duceppe a promis de faire de ce dossier un de ses principaux chevaux de bataille.

«Si rien ne change, dans 30 ans, Ottawa aura entièrement payé sa dette, tandis que le Québec et les provinces seront quasiment en faillite», a affirmé M. Duceppe à un premier événement de campagne, à Montréal, mardi matin.

Pas de coalition

Par ailleurs, les chefs des trois principaux partis ont écarté toute possibilité d'un gouvernement de coalition, alors que les sondages annoncent, pour l'instant, l'élection un gouvernement minoritaire.

Et, encore une fois, M. Harper a refusé de changer quoi que ce soit à sa politique d'accueil de réfugiés syriens. Sa réponse, pour la deuxième journée consécutive, à une question sur les demandes de Québec qui veut accélérer le processus pour 3650 réfugiés que la province veut accueillir, était sans équivoque.

M. Harper a également répété qu'il y avait un lien entre l'accueil de ces réfugiés et la sécurité du pays.

«Notre intention est d'assurer que nous avons comme priorité des personnes les plus vulnérables, des vrais réfugiés, surtout des minorités religieuses et ethniques qui sont les plus vulnérables. Et parce qu'on parle ici de personnes dans une zone de combat terroriste, on va assurer une vérification qui va protéger tout le temps la sécurité des Canadiens», a-t-il affirmé.

Sa résistance lui a valu de vives critiques de la part de M. Mulcair.

«Stephen Harper vit-il sur la même planète que nous autres? Regardez ça! C'est sans coeur! Les offres d'aide fusent de partout mais Stephen Harper fait la sourde oreille», a lancé le chef du NPD à un rassemblement partisan à Montréal, mardi après-midi.

À son premier arrêt de campagne à Amherst, en Nouvelle-Écosse, M. Trudeau a été interrogé plus d'une fois sur la possibilité d'un gouvernement de coalition. À chacune de ces questions, il a offert une réponse vantant son programme et attaquant celui de ses rivaux.

Devant l'insistance des journalistes, il a fini par répéter un argument qu'il a déjà servi par le passé.

«Les Canadiens ne sont pas intéressés à des coalitions formelles», a-t-il dit, répétant aussi que les libéraux sont prêts à travailler avec d'autres parlementaires quand vient le temps de faire adopter des lois.

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