Les expatriés de longue date peuvent voter grâce à une «faille» dans la loi

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

Colin Perkel
La Presse Canadienne
Toronto

Les Canadiens vivant depuis longtemps à l'étranger et déterminés à voter aux élections fédérales du 19 octobre ont découvert un moyen de le faire malgré l'opposition des conservateurs et un jugement ayant confirmé la perte de leur droit de vote.

Ce moyen nécessite toutefois de l'argent et du temps, poussant certains expatriés à affirmer que la loi a assujetti leur droit de vote à leur compte bancaire.

«Voter ne devrait pas être quelque chose que l'on doit acheter», a soutenu Natalie Chabot Roy, une femme de 38 ans qui a grandi dans le nord de l'Ontario et qui vit maintenant à Bonney Lake, dans l'État de Washington.

Plus tôt cette année, le gouvernement fédéral avait eu gain de cause après avoir porté en appel une décision qui aurait permis aux Canadiens résidant à l'extérieur du Canada depuis plus de cinq ans d'exercer leur droit de vote grâce à un bulletin spécial expédié par la poste.

Néanmoins, au moins l'un de ces audacieux expatriés a déjà voté dans le cadre du scrutin du 19 octobre en vertu d'une disposition de la Loi électorale du Canada offrant une solution pour contourner l'interdiction.

Cette disposition autorise les expatriés qui se présentent dans la circonscription où ils vivaient avant leur départ pour l'étranger d'exercer leur droit de vote, à condition de fournir une preuve de résidence pour cette ancienne adresse et les pièces d'identité requises.

Ashley O'Kurley, qui habite maintenant à Miami, en Floride, a senti les larmes lui monter aux yeux lorsqu'il a déposé son bulletin de vote dans son ancienne circonscription le mois dernier. C'était la première fois qu'il votait en tant qu'expatrié depuis 2006.

«Le droit de vote est ce qui distingue les citoyens des non-citoyens. C'est un principe sacré dans tout pays démocratique, a fait valoir M. O'Kurley. La qualité d'une démocratie dépend du degré de participation des gens.»

Le planificateur financier âgé de 44 ans, qui a déménagé à Miami en 2001, a encore de la famille à Sherwood, en Alberta, à qui il rend régulièrement visite. Candidat conservateur aux élections fédérales de 2000, Ashley O'Kurley a déjà travaillé avec l'ex-leader conservateur Joe Clark. Il se trouvait dans son ancienne circonscription lorsque le premier ministre Stephen Harper a déclenché les élections.

Il a expliqué son cas au directeur du scrutin local, lui disant qu'il désirait voter. «Ils ont communiqué avec Ottawa, ils ont vérifié et ils ont dit "bien sûr", a raconté M. O'Kurley. C'était tout simplement fantastique.»

La semaine dernière, Élections Canada a finalement mis à jour son site Web afin de confirmer cette possibilité peu connue, même si le porte-parole de l'organisation gouvernementale, John Enright, a indiqué que ce n'était pas nouveau.

La loi visant à retirer le droit de vote aux expatriés de longue date est en vigueur depuis 1993, mais n'a été appliquée qu'à partir de 2008, prenant certains Canadiens vivant à l'étranger par surprise.

Parmi eux figure Nicolas Duchastel de Montrouge, un Montréalais de 43 ans qui est déménagé aux États-Unis en 2000 pour le travail et qui habite aujourd'hui en banlieue de Seattle. Après avoir essayé d'exercer son droit de vote et essuyé un refus en 2011, il a passé la loi électorale en revue et découvert ce qu'il qualifie de «faille».

Dans une lettre envoyée le mois dernier, un représentant d'Élections Canada informe M. Duchastel de Montrouge qu'il peut effectivement voter s'il se présente à Hull, ville où il résidait avant de quitter le Canada.

Le problème, c'est que l'homme, qui se décrit comme un «mordu de politique», n'a pas les moyens de payer un billet d'avion et de manquer deux jours de travail pour aller voter en sol canadien.

«C'est injuste. Les gens d'Élections Canada veulent que nous votions, mais ils ont des règles à respecter», a-t-il conclu.

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