Réfugiés: le petit Syrien noyé ne changera pas la stratégie des conservateurs

«Notre message est aussi que nous avons besoin... (Photo Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

Agrandir

«Notre message est aussi que nous avons besoin d'aider les gens qui sont là-bas (en Irak et en Syrie) et qui ne peuvent pas fuir. Ce que nous pouvons faire pour les aider, c'est de mettre fin à la violence horrible qui les force à se déplacer et qui les tue», a déclaré Stephen Harper jeudi.

Photo Olivier Croteau, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Élections fédérales

Politique

Élections fédérales

Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

La Presse Canadienne
Surrey

Le chef conservateur Stephen Harper admet que l'image du jeune enfant noyé sur une plage turque lui arrache le coeur, mais ce n'est pas une raison, selon lui, de changer la stratégie du Canada face à la crise des réfugiés.

M. Harper a confié, jeudi, qu'il était dans sa chambre d'hôtel, mercredi soir, lorsqu'il a vu pour la première fois la photo d'Alan Kurdi, un Syrien âgé de trois ans, qui avait tenté de gagner les côtes de l'Europe en bateau avec sa famille.

De passage à Surrey, en Colombie-Britannique, le chef conservateur avait les larmes aux yeux lorsqu'il a abordé le sujet. «La première chose qui nous est passée par la tête a été de nous souvenir de notre propre fils, Ben, à cet âge, qui courait partout», a-t-il dit, la voix étreinte par l'émotion.

Un jour plus tôt, M. Harper s'était montré moins émotif lorsqu'il a été questionné sur la contribution du Canada à la crise des migrants en Europe. Il avait insisté sur la nécessité de se consacrer d'abord aux origines du problème, en Irak et en Syrie - en l'occurrence sur la campagne de frappes aériennes contre le groupe armé État islamique dans ces deux pays.

Ton plus personnel

Or, l'image du garçon a amené un ton différent, plus personnel, chez le chef conservateur. «C'est déchirant, ça nous ramène à notre propre famille. Mais ça ne devrait pas nous mener à la conclusion, selon moi, que nous devrions faire seulement certaines choses et pas d'autres», a-t-il souligné.

«Notre opinion sur les réfugiés est que nous devrions faire ce que nous faisons actuellement, et nous devrions en faire davantage, j'ai annoncé cela. Notre message est aussi que nous avons besoin d'aider les gens qui sont là-bas (en Irak et en Syrie) et qui ne peuvent pas fuir. Ce que nous pouvons faire pour les aider, c'est de mettre fin à la violence horrible qui les force à se déplacer et qui les tue», a-t-il poursuivi.

La photo n'a pas seulement changé l'approche du chef conservateur; son horaire de jeudi a été complètement chamboulé par les événements.

M. Harper devait annoncer un investissement pour le projet de train léger dans la région de Vancouver, où les luttes électorales s'annoncent chaudes entre les trois partis. L'enjeu du train léger est majeur pour le demi-million de résidants qui se déplacent entre la métropole et ses villes périphériques.

La journée de M. Harper devait commencer par une séance de photos à un terminal de transport de marchandises - les ports sont un moteur économique important pour la Colombie-Britannique. La Gendarmerie royale du Canada avait déjà sécurisé la zone et les installations étaient prêtes pour accueillir les médias. La nouvelle est finalement tombée: l'annonce de financement a été annulée et la journée a pris une tout autre forme.

La traditionnelle musique rock accompagnant l'entrée de M. Harper n'a pas résonné dans l'entrepôt d'un supermarché où s'étaient réunis les partisans. Le chef conservateur a plutôt été présenté sobrement par la candidate locale, Diane Watts.

Mme Watts, l'ancienne mairesse de Surrey, a d'ailleurs souligné que la question de l'établissement des réfugiés au Canada touchait particulièrement la région, qui accueille le plus grand nombre de réfugiés admis par le gouvernement dans l'ensemble de la province. Elle estime que le gouvernement devrait adopter une vaste stratégie face à cet enjeu. Plusieurs de ces réfugiés sont traumatisés par ce qui s'est passé dans leur pays et ont besoin d'aide.

«Nous devons nous attarder à ces enjeux, surtout auprès des jeunes enfants. Si nous ne le faisons pas, les choses vont s'aggraver», a-t-elle affirmé lors d'un bref entretien.

Les rivaux des conservateurs ont reproché au gouvernement de ne pas accueillir suffisamment de réfugiés syriens. Les libéraux voudraient en voir arriver 25 000, alors que les néo-démocrates se contenteraient, dans un premier temps, des 10 000 demandés par les Nations unies.

Le Canada a accueilli 2300 réfugiés syriens depuis le début de la guerre civile en Syrie, en mars 2011.

L'annonce de M. Harper sur le train léger a été reportée à une date ultérieure, a-t-on indiqué.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer