La crise des migrants s'invite dans la campagne électorale

Les décès d'enfants syriens dont les corps ont... (Associated Press, Emrah Gurel)

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Les décès d'enfants syriens dont les corps ont été repêchés en Turquie a chamboulé la campagne électorale canadienne. Ils avaient essayé d'émigrer vers le Canada, sans succès. Le père espère pouvoir rentrer en Syrie avec les dépouilles de sa femme, Rehan Kurdi, et de ses deux enfants, Aylan, 3 ans, et Galip, 5 ans.

Associated Press, Emrah Gurel

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

Lina Dib
La Presse Canadienne
Ottawa

On essuyait ou on retenait ses larmes, jeudi matin, sur la campagne électorale.

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Justin Trudeau

Thomas Mulcair... (PHOTO GRAHAM HUGHES, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE) - image 1.1

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Thomas Mulcair

PHOTO GRAHAM HUGHES, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

L'image du petit Syrien noyé et le lien de sa famille avec le Canada ont rattrapé les chefs de parti qui ont dû s'écarter des scénarios prévus pour la 33e journée sur la route et commenter la tragédie.

La famille d'Aylan Kurdi avait cherché, en vain, à se réfugier au Canada, selon la tante de l'enfant, une femme qui vit en Colombie-Britannique. Le petit garçon, son grand frère et sa mère sont morts noyés en tentant de rejoindre les côtes européennes.

Alors qu'une de ses candidates de la région de Montréal essuyait ses larmes, le chef libéral Justin Trudeau a blâmé, sans détour, le gouvernement conservateur pour le sort de la famille.

«Ce gouvernement a ignoré les requêtes des ONG canadiens, des partis d'opposition, de la communauté internationale qui, tous, croient que le Canada doit en faire plus et aurait dû en faire plus», a reproché M. Trudeau.

Manifestement ému lui aussi, M. Trudeau a renouvelé son appel pour l'accueil immédiat de 25 000 réfugiés syriens, dans un premier temps. Il a reproché à Stephen Harper et à son ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, Chris Alexander, de s'être traîné les pieds dans ce dossier en général, et dans le cas particulier de la famille Kurdi.

«C'est à eux d'expliquer aux Canadiens pourquoi ils ont choisi de rester à l'écart alors que cette tragédie humaine prend des proportions inimaginables de l'autre côté de la mer», a-t-il dit.

Désespoir

Son rival néo-démocrate qui, la veille, avait dit que «le Canada n'a pas fait sa part à cause des conservateurs», ne voulait plus blâmer personne, jeudi matin.

Thomas Mulcair, de passage à Toronto, retenait manifestement ses larmes en parlant de l'enfant et du désespoir de parents qui risquent la noyade pour fuir vers l'Europe. Il a réclamé que le Canada accepte tout de suite 10 000 réfugiés, comme le lui ont demandé les Nations unies.

Mais plus question de blâmer quiconque pour cette tragédie.

«Il est trop facile de blâmer. Il est le temps de passer à l'action», a-t-il répété à quelques reprises.

Le Bloc québécois tenait un discours semblable. Alors que Gilles Duceppe fait campagne en Abitibi, son parti a diffusé un communiqué, proposant une trêve. «Plutôt que de jeter le blâme sur les uns ou les autres, il me semble que nous devrions tous parler d'une même voix. Il ne s'agit pas d'une question partisane ou électorale, il s'agit d'un impératif humanitaire», peut-on lire dans une citation attribuée à un candidat bloquiste: Charles Mordret.

Le chef conservateur semblait, lui, vouloir s'accorder une trêve de sa campagne. Stephen Harper a annulé son événement prévu le matin, à Surrey, en Colombie-Britannique. Son parti n'a pas expliqué la raison de l'annulation. Mais l'événement suivant devait être remplacé par une déclaration sur la crise, suivie d'un point de presse.

Son ministre Jason Kenney qui a tenu le portefeuille de l'Immigration avant le ministre actuel, a, lui aussi, annulé un point de presse qu'il devait tenir à Brampton, en Ontario, sans dire pourquoi, lui non plus.

Au sujet de la crise des réfugiés, M. Harper avait dit, mercredi, que ce n'est pas une politique canadienne sur les réfugiés qui règlerait le problème, qu'il fallait plutôt agir militairement contre le groupe État islamique.

C'était avant qu'on apprenne qu'il y avait un lien entre le Canada et l'enfant dont la photo du cadavre a fait le tour de la planète.

Programmes détournés

Avant que les programmes de la journée ne soient détournés par l'actualité, M. Mulcair s'était arrêté à Toronto pour promettre, s'il est élu premier ministre, de bonifier le Régime de pensions du Canada ainsi que le Régime des rentes du Québec, à condition de s'entendre avec les premiers ministres des provinces.

M. Trudeau, lui, était de passage à Brossard pour s'engager à ne pas imposer un péage sur le nouveau pont Champlain s'il est élu premier ministre, promesse qu'il a répétée après avoir rencontré le maire de Montréal, Denis Coderre, en fin de matinée, à Montréal. Aux côtés de M. Coderre, M. Trudeau a également promis de rétablir la livraison du courrier à domicile s'il était élu le 19 octobre.

Chris Alexander... (Archives La Presse) - image 2.0

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Chris Alexander

Archives La Presse

Chris Alexander rentre à Ottawa

VANCOUVER - Le ministre fédéral de l'Immigration, Chris Alexander, rencontrera divers représentants, jeudi, pour discuter du cas de la famille syrienne qui est morte noyée, lorsqu'elle fuyait la Syrie déchirée par les conflits.

L'image du bambin de 3 ans, échoué sur une plage, a fait le tour du monde et la une de bien des quotidiens.

Selon des informations préliminaires, la famille avait cherché à immigrer au Canada et avait vu sa demande de statut de réfugié refusée.

Le ministre Alexander veut aussi obtenir une mise à jour quant à la crise des migrants en Europe.

Une Canadienne de la région de Vancouver avait tenté en vain, en mars dernier, de parrainer trois Syriens membres de sa famille qui ont fait partie, cette semaine, d'un groupe de 12 migrants qui se sont noyés en tentant d'arriver en Grèce par la mer Méditerranée.

Parmi ces malheureux figuraient cinq enfants. Le cadavre de l'un d'eux, celui d'un petit garçon, a été photographié gisant sur une plage de la Turquie après avoir été poussé par les vagues.

Demande d'immigration au Canada

Le député néodémocrate Fin Donnelly, qui sollicite un nouveau mandat aux élections du 19 octobre dans Port Moody-Coquitlam, en Colombie-Britannique, a confirmé à La Presse Canadienne que les petits garçons Galip et Aylan Kurdi, respectivement âgés de 5 et de 3 ans, ainsi que leur mère Rehan, avaient péri dans le naufrage alors que le père des enfants, Abdullah, a survécu.

Le député Donnelly affirme qu'en mars dernier, il a livré au ministre Alexander une demande de parrainage signée par Teema Kurdi, la soeur du survivant du drame, mais que cette demande a été rejetée.

Fin Donnelly signale que Mme Kurdi a constaté avec horreur le décès des gens qu'elle voulait parrainer en voyant les photographies du petit garçon mort sur la plage turque.

La distance maritime entre Bodrum, en Turquie, et l'île de Kos, en Grèce, où les migrants voulaient accoster, n'est longue que de quelques kilomètres mais la traversée est très dangereuse.

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