Conservateurs et libéraux attaquent la crédibilité de Thomas Mulcair

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Les deux partis prétendent que les promesses formulées par Thomas Mulcair depuis le début de la campagne conduiraient l'économie canadienne au bord du gouffre.

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La Presse Canadienne
Ottawa

Conservateurs et libéraux se sont lancés dimanche dans une campagne de surenchère au sujet... des promesses néo-démocrates.

Les deux partis prétendent que les promesses formulées par Thomas Mulcair depuis le début de la campagne conduiraient l'économie canadienne au bord du gouffre.

Les conservateurs accusent les néo-démocrates d'avoir un trou de 8 milliards $ dans leur programme électoral. Les libéraux estiment les déficits à venir à 28 milliards $.

«Si les chiffres des conservateurs sont ridicules, ceux des libéraux sont si fantaisistes qu'ils défient toute description», a rétorqué M. Mulcair.

En fait, les deux partis se rejoignent puisque les calculs des conservateurs ne portent que sur la première année d'un mandat néo-démocrate et ceux des libéraux sur les quatre années.

Leur chef ayant pris congé, les partis avaient délégué des candidats-vedettes pour s'attaquer à la crédibilité des néo-démocrates et de Thomas Mulcair sur le plan économique.

Du côté conservateur, Jason Kenney a affirmé que le déficit d'un premier budget d'un éventuel gouvernement Mulcair s'élèverait à 8 milliards $.

«Les Canadiens n'ont pas les moyens d'avoir le NPD au pouvoir, a déclaré M. Kenney. Nous ne sommes qu'au tiers de cette campagne électorale et déjà les dépenses folles qu'ils préconisent présagent des hausses de taxe importantes.»

Le seul moyen pour M. Mulcair d'éviter un déficit tout en respectant ses promesses électorales sera d'augmenter massivement les impôts des familles canadiennes, a soutenu celui qui aura vraisemblablement un rôle encore plus important dans un éventuel gouvernement Harper.

Taxe

M. Kenney a dit soupçonner le NPD de vouloir imposer aussi une taxe sur le carbone qu'il a assimilée à «une taxe sur n'importe quoi».

De passage à Halifax, Thomas Mulcair a accusé ses rivaux conservateurs d'avoir inclus dans leurs calculs des «promesses qui ont été formulées dans le passé» mais qui ne font plus partie du programme du parti. «C'est une tentative de vouloir détourner l'attention de la réalité. On veut faire oublier, par exemple, que Stephen Harper a ajouté 150 milliards $ à la dette depuis qu'il est premier ministre du Canada», a souligné M. Mulcair.

Dans un communiqué publié plus tard dimanche, le candidat vedette néo-démocrate Andrew Thompson a accusé les conservateurs de manipuler les chiffres. «L'engagement à court terme en matière de logements sociaux du NPD est de 940 millions $, un chiffre que les conservateurs ont gonflé à 5,5 milliards $», a-t-il fait valoir.

Quant aux libéraux, ils ont soutenu que M. Mulcair devra couper dans les dépenses ou rompre ses promesses s'il est vraiment sérieux au sujet de son engagement de présenter un budget équilibré.

Le candidat ministrable John McCallum a mis au défi le chef néo-démocrate de présenter ses propres calculs. «Il ne fera pas preuve de franchise à propos de ses calculs car ceux-ci ne riment à rien. On le sait, nous avons passé en revue les chiffres pour lui», a-t-il déclaré en conférence de presse.

«Tom Mulcair ne dit pas la vérité aux Canadiens au sujet de ses engagements bidons qu'il n'a pas l'intention de respecter», a ajouté celui qui se présente dans la circonscription ontarienne de Markham-Thornhill.

Selon les libéraux, les promesses du NPD coûteront au trésor fédéral quelque 63 milliards $ sur une période de quatre ans. Or, ont-ils ajouté, M. Mulcair n'aurait trouvé que 13,5 milliards $ pour financer celles-ci.

M. Mulcair a déclaré qu'il ne faut pas ajouter le coût de ses promesses au budget présenté par le gouvernement Harper au printemps dernier. Il compte gouverner de façon différente. Cela signifie, entre autres, qu'il éliminera le fractionnement des revenus qui, selon lui, favorise les classes aisées, qu'il cessera de subventionner les sociétés pétrolières exploitant les sables bitumineux et qu'il abolira le Sénat. Il a aussi rappelé que son parti s'était engagé à augmenter le taux d'imposition des grandes sociétés mais il a refusé de préciser l'importance de la hausse, se contentant de dire qu'il en fera une annonce plus tard dans la campagne et que ce taux restera en-dessous de 17 pour cent.

Aucun des trois partis n'a encore présenté de cadre financier.

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