Fierté Montréal: Harper dénoncé unanimement par l'opposition

Justin Trudeau, Gilles Duceppe, Thomas Mulcair et Elizabeth... (La Presse Canadienne, Graham Hughes)

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Justin Trudeau, Gilles Duceppe, Thomas Mulcair et Elizabeth May (absente sur la photo) ont participé au défilé de la fierté gaie à Montréal le 16 août. L'absence de Stephen Harper à l'événement a été remarquée.

La Presse Canadienne, Graham Hughes

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

Vicky Fragasso-Marquis
La Presse Canadienne
Montréal

Les partis de l'opposition ont fait preuve d'une rare unité, dimanche, pour dénoncer unanimement le chef conservateur, Stephen Harper, qui n'était pas présent au défilé annuel de la Fierté, à Montréal, et qui s'est retrouvé une fois de plus hanté par le procès du sénateur Mike Duffy.

Le néo-démocrate Thomas Mulcair, le libéral Justin Trudeau, le bloquiste Gilles Duceppe et la chef du Parti vert Elizabeth May se sont réunis par une chaleur accablante dans la métropole pour une marche visant à promouvoir les droits des communautés LGBT (lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres) au pays. Les quatre chefs ont d'ailleurs ouvert le défilé côte à côte, tout sourire, en brandissant leurs drapeaux arc-en-ciel.

Le chef conservateur Stephen Harper, bien qu'il brillait par son absence, a été au centre des discussions et des critiques des chefs de l'opposition. Thomas Mulcair a indiqué que sa non-participation à l'événement démontrait son «manque d'intérêt» pour la question, alors que la chef du Parti vert s'est dite «déçue» que le Parti conservateur prenne une fois de plus ses «distances» de cette communauté.

M. Trudeau, qui ne s'est pas dit surpris de cette absence, a assuré qu'en tant que premier ministre, il participerait à ce genre d'événements. C'est M. Duceppe qui a été le plus sévère à l'égard du chef conservateur, qu'il a accusé d'avoir fait un «affront» à cette population par son absence. Il a ajouté que le premier ministre Harper «n'avait strictement rien fait» à travers les années pour défendre leurs droits.

La porte-parole du Parti conservateur Catherine Loubier a affirmé dans un courriel que de telles accusations étaient «complètement fausses» et «sans fondement». «Le premier ministre Harper défend les droits de tous les Canadiens et Canadiennes, quelle que soit leur orientation sexuelle», a-t-elle ajouté, mentionnant par exemple qu'il avait pris position contre une loi anti-homosexualité en Ouganda. Le Parti conservateur avait par ailleurs envoyé au défilé quelques-uns de ses candidats de la région de Montréal.

Un autre sujet était sur toutes les lèvres à l'occasion du défilé: le procès du sénateur Duffy. L'épineux sujet ne cesse d'embêter le chef conservateur depuis quelques jours - surtout depuis le dévoilement de courriels au procès, qui ont révélé que certains employés actuels du parti auraient été informés du versement du chèque de 90 000 $ par l'ancien chef de cabinet du premier ministre, Nigel Wright.

Justin Trudeau a réitéré sa volonté que M. Harper congédie les membres de son équipe qui seraient impliqués dans le scandale. «Des gens autour de M. Harper ont manqué de respect envers le (Bureau) du premier ministre, aussi envers les Canadiens en faisant partie d'un »cover up«. Si M. Harper avait (un minimum) d'intégrité, il congédierait ces gens-là au lieu de les protéger», a-t-il lancé aux journalistes.

Le chef libéral a même envoyé une lettre ouverte au chef conservateur pour lui poser des questions précises sur la séquence des événements puisque ni les politiciens ni les journalistes n'auraient obtenu des réponses jusqu'à ce jour, selon lui.

Si M. Duceppe et Mme May ont également réclamé le licenciement de ces conseillers, M. Mulcair a indiqué qu'il ne voulait pas viser des «subalternes». «Moi je veux qu'on se débarrasse de la personne qui a nommé Mike Duffy au Sénat, qui a nommé ce chef de cabinet-là, qui était responsable du Bureau du premier ministre lorsqu'ils (l'équipe) ont fait un chèque de 90 000 $ et cette personne, c'est le premier ministre lui-même», a-t-il expliqué.

Cette question a rattrapé le chef conservateur, qui a passé le début de sa journée à Ottawa. Les journalistes ont une fois de plus tenté d'en savoir davantage sur les membres de son équipe qui auraient été mis au courant du fameux chèque de M. Wright dans des courriels où leurs noms apparaissaient.

«On m'a dit qu'il allait rembourser et qu'il avait remboursé. C'est pour cette raison que j'ai agi comme je l'ai fait lorsque j'ai découvert que ce n'était pas le cas», a-t-il tranché, sans répondre directement aux questions sur son entourage.

La journée avait commencé sur une bonne note pour le Parti vert, qui a accueilli dans ses troupes le député québécois sortant du Nouveau Parti démocratique (NPD) José Nunez-Melo, qui allègue avoir été écarté de son ancien parti. Il tentera de se faire élire sous la bannière des verts dans la circonscription de Vimy, à Laval.

Lors d'un point de presse en matinée dans les bureaux du parti à Montréal, Mme May s'est réjouie que son parti puisse compter sur ses «trois députés» - Mme May, qui a été élue pour le Parti vert en Colombie-Britannique, Bruce Hyer, un député transfuge provenant du NPD, et M. Nunez-Melo. Cette délégation justifie selon elle sa présence à tous les prochains débats des chefs.

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