Stratégie anticonservatrice de la FTQ: Denis Lebel revient à la charge

Denis Lebel dénonce la stratégie de la FTQ... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Denis Lebel dénonce la stratégie de la FTQ mais il dit qu'il fait néanmoins confiance au jugement des gens.

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

(Québec) «Si [les dirigeants de la FTQ] veulent faire de la politique, qu'ils se présentent!»

En entrevue au Soleil, mardi, le lieutenant politique de Stephen Harper au Québec, Denis Lebel, en a remis, lui qui avait déjà dénoncé la stratégie anticonservatrice de la FTQ dans la province. 

«Pour moi, la FTQ n'est pas là pour faire de la politique fédérale contre un gouvernement, mais pour représenter ses membres. Au lieu d'essayer de détruire notre réputation, elle devrait se concentrer à bien défendre ses membres», a réitéré le député de Roberval-Lac-Saint-Jean.

M. Lebel dit néanmoins faire confiance au jugement des gens. «Je fais la part des choses entre les syndiqués et les dirigeants syndicaux. [...] Nous, on défend tout le monde, y compris les syndiqués», a fait valoir M. Lebel, selon qui la crise de l'assurance emploi, par exemple, était «une fausse crise». «Aujourd'hui, on voit bien que les gens reçoivent leur assurance emploi, que les employeurs sont contents...»

En mars dernier, Denis Lebel avait demandé au Commissaire aux élections fédérales d'enquêter sur la stratégie anticonservatrice de la FTQ après avoir pris connaissance du document «Battre les conservateurs», dans lequel la centrale syndicale disait vouloir barrer la route aux candidats du parti de Stephen Harper dans au moins huit circonscriptions du Québec, dont cinq dans la région de la capitale.

Dans sa lettre au Commissaire, le député de Roberval-Lac-Saint-Jean reprochait à la FTQ de vouloir coordonner ses actions avec ses alliés syndicaux. «La Loi électorale du Canada permet à un tiers de faire de la publicité durant l'élection, mais à des conditions très strictes. Cependant, la collusion par la FTQ et ses alliés peut contrevenir à la loi», écrivait-il.

Article 351 de la loi électorale

M. Lebel citait l'article 351 de la Loi électorale, qui stipule qu'il est interdit à un tiers «d'esquiver ou de tenter d'esquiver les plafonds [de dépenses électorales] en se divisant en plusieurs tiers ou en agissant de concert avec un autre tiers de sorte que la valeur totale de leurs dépenses de publicité électorale dépasse les plafonds fixés».

«Là, on est en campagne, ils devront respecter les règles. J'ai hâte de voir... J'espère qu'ils vont se conformer à la loi», a commenté mardi M. Lebel.

Le secrétaire général de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Serge Cadieux, assure que la puissante centrale et ses syndicats affiliés respecteront la loi à la lettre.

«On s'est inscrit vendredi dernier à Élections Canada. On se conforme totalement à la loi», notamment au chapitre des dépenses permises, a dit M. Cadieux en entrevue au Soleil, mardi.

«Les règles sont déterminées par Élections Canada. Quand on fait une demande d'enregistrement, Élections Canada regarde la charte du syndicat et vérifie si un syndicat de la même organisation a fait une demande [...]. C'est Élections Canada qui s'occupe de ça. Nous, on fait ça dans les règles.»

Il n'a pas été possible de savoir auprès du Commissaire aux élections fédérales si une enquête sur la FTQ et ses syndicats affiliés a été ouverte. «On ne discute pas publiquement des plaintes reçues, des enquêtes menées ou de nos décisions d'enquêter ou de ne pas enquêter», a rappelé Michelle Laliberté, porte-parole pour le bureau du Commissaire.

Pas un parti en particulier

Le secrétaire général de la FTQ a par ailleurs tenu à nuancer un article de La Presse paru mardi selon lequel la FTQ et ses syndicats affiliés appuieraient le NPD durant la campagne. 

«La position de la FTQ a été prise en mai 2014 par le conseil général, qui est l'instance décisionnelle, et cette position est de n'appuyer aucun parti politique en particulier, mais de travailler dans les circonscriptions où un candidat du Parti conservateur a des chances de l'emporter, et d'appuyer le candidat qui a le plus de chances de le défaire. Cette position-là n'a pas changé», a assuré M. Cadieux.

À sa connaissance, seulement deux organisations, l'Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale et les Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce, ont donné ouvertement leur appui au NPD. 

«Les 35 autres syndicats affiliés à la FTQ travaillent dans la même direction que la FTQ, celle de n'appuyer aucun parti politique mais d'y aller sur le vote stratégique dans des circonscriptions ciblées», insiste M. Cadieux.

Le secrétaire général de la FTQ affirme par ailleurs que son organisation n'est pas encore en campagne. 

«M. Harper l'est, mais nous, notre plan de match, c'est à partir du mois de septembre», dit-il, précisant que le choix de la dizaine de circonscriptions ciblées par la FTQ sera arrêté le 31 août.

Un appui à André Bélisle

Preuve que la FTQ n'appuie pas nécessairement et systématiquement le NPD durant la présente campagne électorale, c'est au vert André Bélisle que la centrale syndicale compte offrir son soutien dans la circonscription Bellechasse-Les Etchemins-Lévis, a fait savoir Serge Cadieux. «C'est lui qui a le plus de chances de battre [le conservateur] Steven Blaney. Vous voyez qu'on est cohérent dans notre stratégie [de vote stratégique]», a dit le secrétaire général de la FTQ.

Invité à commenter la sortie de M. Cadieux, le militant écologiste fondateur de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) et candidat pour le Parti vert du Canada n'a pas caché sa fierté. «Ça me fait chaud au coeur. On prend tous les appuis, mais c'est sûr qu'un appui de la FTQ, c'est majeur, il n'y a pas de doutes là-dessus», a laissé tomber M. Bélisle, qui avait rencontré M. Cadieux lors de la marche pour le climat, en avril. «Il m'avait laissé entendre qu'il m'appuyerait, je suis content de voir qu'il a respecté sa parole!»

Outre le conservateur Steven Blaney, qui représente la circonscription de Bellechasse-Les Etchemins-Lévis depuis 2006, André Bélisle se mesurera le 19 octobre prochain à l'ancien maire de Saint-Romuald, Jean-Luc Daigle, qui se présente sous la bannière orange, au producteur de cinéma Jacques Turgeon, qui endosse les couleurs du Parti libéral, et au candidat bloquiste Antoine Dubé. Élisabeth Fleury

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