Stratégie de la FTQ: «N'importe qui, sauf les conservateurs»

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Le secrétaire général de la centrale syndicale, Serge Cadieux, a réitéré que la FTQ allait cibler une dizaine de circonscriptions où le candidat conservateur risquait d'être trop populaire à son goût.

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Montréal

La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) rompt avec sa tradition d'appuyer le Bloc québécois en vue des élections fédérales et misera plutôt sur une stratégie qui vise à appuyer le candidat qui a les meilleures chances de défaire celui présenté par les conservateurs.

En entrevue avec La Presse Canadienne, mardi, le secrétaire général de la centrale syndicale, Serge Cadieux, a réitéré que la FTQ allait cibler une dizaine de circonscriptions où le candidat conservateur risquait d'être trop populaire à son goût. La Fédération donnera alors son appui au candidat qui aura le plus de chances de battre le conservateur - qu'il soit libéral, néo-démocrate ou bloquiste. Dans les autres circonscriptions, le vote sera libre, au choix de ses membres, a-t-il ajouté.

Il s'agit d'une stratégie «n'importe qui, sauf les conservateurs», a confirmé M. Cadieux.

Mais la FTQ n'appuie officiellement aucun parti: M. Cadieux a ainsi voulu corriger le tir après un article publié dans un quotidien qui indiquait que la plupart des syndicats affiliés à la FTQ appuieraient le Nouveau Parti démocratique (NPD) en 2015.

La FTQ avait déjà annoncé l'an dernier que l'équipe nationale travaillerait activement à faire battre les candidats conservateurs dans une dizaine de circonscriptions au Québec. Cette position est maintenue, a confirmé M. Cadieux mardi matin.

La FTQ avait appuyé le Bloc lors de toutes les élections fédérales depuis 1993, sauf en 2004.

Pour M. Cadieux, cette stratégie d'appui n'a pas fonctionné, car les conservateurs de Stephen Harper sont au pouvoir depuis 2006.

«Ce qu'on souhaitait la dernière fois (en 2011), c'était de battre les conservateurs. Et appuyer un parti politique en particulier, ça a divisé le vote», a-t-il expliqué pour justifier le changement de cap.

Mais vu les changements survenus dans le paysage politique et la vague orange qui a déferlé sur le Québec lors du scrutin de 2011, il reconnaît qu'il est probable que l'appui de la FTQ se traduise davantage par un soutien au NPD puisque la formation politique comptait au moment de la dissolution du Parlement 54 députés au Québec contre seulement deux pour le Bloc.

«Dans beaucoup de circonscriptions, la grande majorité, c'est déjà un candidat NPD qui est député, donc c'est probablement lui qui a le plus de chances de battre le conservateur parce qu'il est déjà là», a-t-il commenté.

Le choix du candidat à appuyer dans la dizaine de circonscriptions visées sera arrêté le 31 août prochain.

De passage dans la Vieille Capitale, le chef bloquiste a minimisé la portée de la décision de la plus grande organisation syndicale au Québec d'opter pour le vote «stratégique».

«C'est une position que l'on connaissait depuis un an déjà», a affirmé Gilles Duceppe aux côtés de son candidat de Québec, Charles Mordret, choisi par l'exécutif local du parti aux dépens de l'éditeur Michel Brûlé.

Le leader bloquiste, qui tente un retour à l'avant-scène politique, se plaît à rappeler que le Bloc avait raflé la majorité des sièges québécois au scrutin de 2004, année où la FTQ lui avait une première fois refusé son appui.

Du reste, seuls «deux syndicats sur les 37 de la FTQ» ont pris position en faveur du NPD, a fait remarquer M. Duceppe.

En matinée, le chef néo-démocrate Thomas Mulcair avait été questionné sur ce supposé appui formel de la FTQ, qui a depuis été rectifié par la centrale syndicale.

À ce moment, M. Mulcair avait dit qu'il était toujours très fier quand il recevait un appui «parce que ça témoigne du fait que le NPD est en train de faire quelque chose d'important dans notre société pour réduire les inégalités», rappelant que le mouvement syndical travaille justement dans ce but.

«Je ne prends rien pour acquis, avait-il toutefois commenté. Je vais continuer de travailler très fort pour conserver ce genre d'appui, parce que c'est ça qui va nous permettre d'aller au-delà de notre base traditionnelle, de rassembler les progressistes au Québec, de travailler avec les progressistes de partout au Canada», a-t-il dit.

Quant aux conservateurs, ces manoeuvres des syndicats - qui organisent au pays leur opposition aux troupes de Stephen Harper - les indisposent, sans les surprendre.

Pour le ministre Denis Lebel, le lieutenant politique du premier ministre pour le Québec, il est inacceptable que les syndicats utilisent l'argent des cotisations des employés pour des activités politiques.

«S'ils veulent faire de la politique, qu'ils se présentent,» s'est exclamé M. Lebel en entrevue.

«Pendant que nous on travaille pour mettre plus d'argent dans les poches de la population, eux (les députés du NPD) veulent créer encore plus d'emplois pour les fonctionnaires», a dit le ministre.

Il croit qu'il y a une différence entre les dirigeants syndicaux qui mettent sur pied ces campagnes anti-conservateurs et les employés.

«Les syndiqués savent qu'on a baissé les taxes et les impôts de tous les travailleurs, dont les syndiqués», a-t-il expliqué.

De son côté, le chef libéral Justin Trudeau a avoué ne pas être surpris que la FTQ, «qui est un organisme ouvertement et officiellement séparatiste», ne choisisse pas d'appuyer le Parti libéral qui est «réellement fédéraliste», a-t-il expliqué, faisant fi du fait que le NPD est également un parti fédéraliste.

«Le choix qu'ils (la FTQ) feront, ils auront à l'expliquer», a-t-il laissé tomber.

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