Trudeau et la «prophétie» de Richard Nixon...

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Justin Trudeau a signé des autographes, lundi, à Calgary.

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Les Canadiens sont appelés aux urnes le 19 octobre. »

Bruce Cheadle
La Presse Canadienne
Ottawa

Justin Trudeau avait seulement quatre mois que déjà, un président américain prédisait - un peu à la blague, tout de même - qu'il deviendrait un jour premier ministre du Canada.

«Ce soir, laissons tomber les formalités : j'aimerais porter un toast au futur premier ministre du Canada : Justin Pierre Trudeau!» lançait Richard Nixon en avril 1972, à l'issue d'un buffet de gala lors de sa visite officielle à Ottawa. Selon le fil de presse d'alors, Pierre Elliott Trudeau a diplomatiquement répondu que si ce fils devenait un jour premier ministre, «j'espère qu'il aura la grâce et l'habileté du président».

L'anecdote ne renseigne guère sur les capacités réelles de l'actuel chef libéral, mais il rappelle le type d'enfance peu ordinaire qu'a eue Justin Trudeau. Et il est ironique de voir ce jeune Trudeau devenu grand vouloir remplacer à la tête du pays Stephen Harper, que son ancien chef de cabinet Tom Flanagan a déjà qualifié justement de «presque Nixonien».

Avec son caractère jovial, parfois un peu prompt à la boutade «pelure-de-banane», M. Trudeau se présente comme l'antidote à 10 ans de régime Harper, opaque et rigide. Mais cet «enfant de la balle», qui a été sous les feux de la rampe pendant à peu près 43 ans, doit aussi se battre contre les effets pervers de cette renommée due à sa filiation.

Dans son autobiographie Terrain d'entente (2014), il écrit que son enfance l'aurait plutôt poussé à ne pas entrer en politique active, mais que les événements se sont soudainement bousculés. La mort tragique de son frère Michel dans une avalanche en Colombie-Britannique, en 1998, a fait de lui un porte-parole tout désigné pour la sécurité en montagne. Et son éloge funèbre aux funérailles nationales de son père, en 2000, ont ému une bonne partie des Canadiens devant leur téléviseur.

Depuis, Justin Trudeau s'est aperçu - et son entourage aussi - qu'il avait un certain talent à serrer des mains «ordinaires» et à soulever des bébés pour la photo, contrairement à son père, un intellectuel qui n'appréciait guère le côté vendeur d'assurance de la politique sur le terrain. Dans son autobiographie, Justin se réclame d'ailleurs davantage de l'héritage de grand-papa Jimmy que de papa Pierre.

James Sinclair, père de Margaret, la femme de Pierre Trudeau et la mère de ses trois enfants, a été ministre fédéral pendant les années 1950 au sein des gouvernements libéraux de Louis Saint-Laurent.

Depuis son couronnement dès le premier tour de scrutin dans la course à la direction du Parti libéral du Canada, en avril 2013 - il devenait alors le sixième chef en sept ans -, Justin Trudeau vit des hauts et des bas avec les Canadiens : raillé par les conservateurs, pris de haut par les néo-démocrates, méprisé par des Québécois qui n'ont pas oublié l'oeuvre de son père, il fait aussi l'objet du scepticisme d'analystes en matière de contenu.

Trop jeune. Pas assez d'expérience. Trop désinvolte. Trop riche. Trop insouciant. Les épithètes péjoratives tombent comme des couperets. Par exemple, lorsqu'il accepte de toucher un cachet pour prononcer une allocution - même pour un organisme caritatif - alors qu'il est simple député. Ou lorsqu'il admet avoir fumé du pot alors qu'il était déjà élu aux Communes. Ou encore lorsqu'il fait une blague de goût douteux, à Tout le monde en parle, sur les Russes qui auraient peut-être décidé de guerroyer en Ukraine parce qu'ils avaient perdu au hockey olympique. Et l'efficacité du régime chinois. Et le caractère phallique des CF-18 conservateurs... Ses adversaires dans la course libérale ne se pouvaient plus de susurrer : «Je vous l'avais bien dit!».

Décisions périlleuses

Mais Justin Trudeau a aussi pris des décisions difficiles, que ses anciens adversaires se gardent bien de vanter. Il a indiqué dès la campagne à la direction du PLC qu'il ne ramènerait pas le registre des armes d'épaule éliminé par les conservateurs. Élevé à la mamelle des droits individuels, il a dénoncé vigoureusement et rapidement le projet de charte des valeurs du Parti québécois - quoique gauchement, en parlant des droits civiques des Afro-Américains -, alors que d'autres prenaient la température de l'eau avant de se prononcer.

Il a aussi ordonné aux députés libéraux de publier en ligne leurs dépenses parlementaires, a chassé du caucus les sénateurs libéraux, a expulsé deux députés soupçonnés d'inconduites sexuelles, et a écarté la candidature de vieux routiers libéraux. Par contre, il a su attirer des candidats prestigieux - chef autochtone, officier militaire, journaliste et gens d'affaires.

Reste à voir si la «prophétie» de Nixon se réalisera le 19 octobre...

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