Thérapie collective dans le métro de New York

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L'élection de Donald Trump est arrivée, sidérant une ville qui a voté à une écrasante majorité pour Hillary Clinton et n'avait jamais cru à une victoire du magnat de l'immobilier.

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Catherine Triomphe
Agence France-Presse
New York

«Suis-je le seul à avoir peur?», «j'ai besoin qu'on me serre dans les bras» ou simplement «je suis en colère»: des milliers de New Yorkais expriment, via de simples post-it collés dans le métro new-yorkais, leurs sentiments après la victoire de Donald Trump dans un exercice original de thérapie collective.

Des petits papiers multicolores s'ajoutent d'heure en heure sur les carreaux blancs du tunnel de la station de la ligne L, près de la grande place de Union Square, à Manhattan.

L'opération a commencé mercredi après-midi. Vingt-quatre heures plus tard, il y en avait déjà près de 3000.

À l'origine de cette séance de thérapie collective, un jeune artiste new-yorkais et thérapeute en herbe, Matthew Chavez.

Exutoire

Il avait commencé il y a neuf mois à s'installer périodiquement dans le métro muni d'une petite pancarte «Thérapie du métro», pour proposer aux New-Yorkais pressés de vider leur sac sur de petits bouts de papier.

Et puis l'élection de Donald Trump est arrivée, sidérant une ville qui a voté à une écrasante majorité pour Hillary Clinton et n'avait jamais cru à une victoire du magnat de l'immobilier.

«J'ai pensé que les gens étaient trop électriques pour avoir de vraies conversations, mais je voulais qu'ils sachent qu'ils ne sont pas seuls (...) Qu'ils puissent juste s'exprimer, peut-être se sentir mieux, et repartir».

Alors, M. Chavez a installé une petite table, posé quelques blocs de post-it, et collé sur le mur les 15 premiers messages avec les lettres «E-X-P-R-E-S-S Y-O-U-R-S-E-L-F» (exprimez-vous).

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Des petits papiers multicolores s'ajoutent d'heure en heure sur les carreaux blancs du tunnel de la station de la ligne L, près de la grande place de Union Square, à Manhattan.

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Et les gens ont commencé à s'arrêter. Souvent quelques minutes à peine, le temps de griffonner un message et de le remercier, parfois les larmes aux yeux.

«Je suis en colère»: c'est tout ce qu'a écrit Andrea Recarte, une New-Yorkaise de 33 ans d'origine chilienne, mais ça lui a fait du bien.

«C'est formidable de pouvoir s'exprimer», dit-elle. «Il nous donne la possibilité de mettre des mots sur nos sentiments. Et de nous connecter les uns aux autres.»

«On a besoin d'exutoires sains, et l'art par écrit est le plus sain des exutoires», se félicite aussi Terena Bell, une chef d'entreprise originaire du Kentucky, qui elle a écrit: «Donald Trump, je prie pour toi».

«Pour qui que ce soit qu'on ait voté, on a tous besoin d'espoir maintenant», dit-elle.

La plupart des messages - certains en langues étrangères - ont ce ton très positif.

Ils touchent presque tous au sentiment de «communauté, à l'entraide, à l'amour. (...) C'est très beau», résume M. Chavez.

Il prévoit de poursuivre l'expérience au moins jusqu'à vendredi soir. Après, «on verra bien», dit-il, même s'il ferait volontiers «ce métier à plein temps».

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