«Une victoire du populisme»

Donald Trump a voté à l'école publique 59... (AFP, Mandel Ngan)

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Donald Trump a voté à l'école publique 59 de Manhattan, à deux pas de la Trump Tower.

AFP, Mandel Ngan

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(Québec) Aucun des experts consultés par Le Soleil, mardi soir, n'avait vu venir une aussi bonne performance de Donald Trump, qui, au moment d'écrire ces lignes, se dirigeait tout droit vers la Maison-Blanche. Sa performance est d'autant plus surprenante en regard des sondages des dernières semaines favorisant presque tous Hillary Clinton. Reste que plusieurs forces jouaient en défaveur de la candidate démocrate.

Outre la Floride, les projecteurs auront été braqués pendant une bonne partie de la soirée sur la région des Grands Lacs, où le Wisconsin et le Michigan ont finalement penché vers Donald Trump. Selon Louis Bélanger, professeur au Département de sciences politiques de l'Université Laval, le candidat républicain a profité de l'effritement de la base démocrate dans ces régions. Il soutient que la tendance s'était amorcée avant même que M. Trump ne brigue la Maison-Blanche.

«Trump performe mieux qu'anticipé dans ces États-là. Ce sont des États pour lesquels il y a un électorat de base, relativement blanc, et une forte population non scolarisée. [Cette base] continuait à être acquise par les démocrates, notamment par tradition syndicale», a expliqué le politologue.

Mais l'élection de mardi soir vient déroger à cette tendance et confirme un changement de paradigme. M. Bélanger attribue cette mouvance à la montée du Tea party et des mouvements de droite aux États-Unis. «C'est l'aboutissement [de ce mouvement] et Trump prend le relais qu'on avait déjà senti. [...] Il y a un segment de l'électorat qui était soit démocrate ou indécis et qui, de plus en plus, a migré vers les mouvements de droite. Il semble clairement que Trump concrétise [cette tendance].»

Ces électeurs, selon M. Bélanger, ont une volonté «de revenir en arrière», notamment concernant les politiques d'immigration. Selon l'expert, ces Américains, pour la plupart des Blancs, ont l'impression, tout comme Donald Trump, que les problèmes de leur pays proviennent «de l'extérieur». «C'est une partie de la population qui s'imagine avoir été victime au cours des dernières années, économiquement à la fois de l'ouverture des frontières et de l'arrivée d'immigrants».

Une campagne sale

Quelle que soit l'issue du vote de mardi, la campagne américaine 2016 passera à l'histoire comme étant l'une des plus vicieuses jamais vues. Selon l'historien Bernard Lemelin, il faut remonter aussi loin que 1828 pour observer une campagne aussi «basse» chez nos voisins du Sud.

Les supporteurs du sixième président américain John Quincy Adams avaient «accusé le démocrate d'avoir un fort penchant pour l'alcool et d'adultère», a expliqué M. Lemelin. Pour l'époque, ces accusations étaient sans précédent. Les attaques décochées au cours de la dernière année, que ce soit sur la vie personnelle de Bill Clinton ou les allégations d'agression sexuelle contre Donald Trump, risquent fort de demeurer dans les livres d'histoire, selon le professeur.

Un candidat comme Donald Trump a peut-être su tirer son épingle du jeu d'une campagne avec un tel ton, selon Louis Bélanger. Sa propension à proposer «des solutions faciles» et à «identifier des coupables aux problèmes que les États-Unis vivent» a pu séduire une frange de l'électorat. «[S'il gagne], c'est un cas classique de victoire du populisme.»

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