Trump, candidat indomptable

Donald Trump et sa femme Melania, ancienne mannequin,... (AP, John Bazemore)

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Donald Trump et sa femme Melania, ancienne mannequin, élèvent leur fils Barron, 10 ans, loin des caméras. Les quatre enfants adultes du candidat républicain ont été présents pendant la campagne de leur père.

AP, John Bazemore

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Brigitte Dusseau
Agence France-Presse
Washington

Excessif, impulsif, sans expérience politique, Donald Trump n'avait au départ aucune des qualités requises pour prétendre entrer à la Maison-Blanche.

Mais avec son énergie inépuisable et son égo surdimensionné, le milliardaire républicain de 70 ans a déjoué tous les pronostics, et s'est imposé comme un adversaire coriace pour la très expérimentée Hillary Clinton.

À la faveur de discours décapants jouant sur les frustrations et insécurités des Américains dans un monde en mutation, il est devenu la voix du changement pour des millions d'entre eux. Et il a fait exploser un Parti républicain à la peine pour comprendre ses électeurs, incapable de trouver la parade à la tornade Trump.

Avant de se lancer dans la campagne en juin 2015, Donald Trump était surtout connu pour son immense fortune, les tours, golfs et casinos à son nom, ses divorces pour tabloïds, et pour être l'animateur vedette de l'émission de téléréalité The Apprentice : ce jeu éliminatoire débouchant sur un emploi dans l'empire Trump en avait fait un visage familier dans les foyers américains.

Mais il s'est révélé un formidable animal politique, héros populiste improbable, promettant de «rendre à l'Amérique sa grandeur».

Il ose tout dire, et parfois n'importe quoi. Il cogne là où ça fait mal. Il dénonce «un système truqué», des responsables politiques «corrompus», des médias «qui empoisonnent l'esprit des Américains».

Il a des solutions simples à tous les problèmes complexes, veut construire un mur à la frontière mexicaine, payé par le Mexique, pour empêcher l'immigration clandestine. Il parle d'expulser des États-Unis les 11 millions de clandestins. De faire revenir les emplois partis à l'étranger en renégociant les accords commerciaux internationaux.

Au sujet du terrorisme, il veut interdire l'entrée des États-Unis aux immigrants de pays à risque, après avoir parlé de refuser tous les musulmans.

Il est arrogant, charismatique, abrupt, parfois drôle. Et même s'il se contredit et s'est montré peu à l'aise sur le fond des dossiers lors des trois débats présidentiels, ses supporteurs veulent y croire.

Provocateur

D'autant que Trump, qui a dépensé 56 millions $US pour sa campagne, leur semble incorruptible face à Hillary Clinton, proche de Wall Street et souvent détestée. Trump l'a surnommée «Hillary la crapule».

Durant la campagne, il a insulté les femmes, les musulmans, les Hispaniques, s'est aliéné les Noirs. Jamais avare de provocations, il s'est refusé à dire qu'il reconnaîtrait le résultat de l'élection présidentielle.

Mais il a aussi sa part de rêve, sa vie de luxe, sa famille glamour : sa femme Melania, ancienne mannequin de 46 ans qui élève leur fils Barron, 10 ans, loin des projecteurs. Ses enfants adultes, Ivanka, Donald Jr, Eric et Tiffany, présents dans la campagne. Trump habite un triplex aux allures de mini-Versailles au sommet de la tour Trump à New York, se déplace dans son Boeing 757 privé, qui sert régulièrement d'arrière-plan à ses rassemblements.

Chevelure blonde étrange, impeccablement habillé, il fascine, horrifie.

Il ment tellement, et sur tellement de sujets, que les vérificateurs de faits en perdent le nord.

Quand une dizaine de femmes l'ont accusé de baisers volés et gestes sexuels déplacés, il les a toutes traitées de menteuses.

Il n'est pas idéologue : démocrate jusqu'en 1987, puis républicain (1987-1999), membre du Parti de la réforme (1999-2001), démocrate (2001-2009), et à nouveau républicain.

Né à New York, rapidement envoyé dans une école militaire pour tenter de calmer son tempérament volcanique, il est le quatrième de cinq enfants d'un promoteur immobilier new-yorkais.

Après des études de commerce, il se joint à l'entreprise familiale. Son père l'aide à ses débuts avec «un petit prêt d'un million de dollars», selon lui.

En 1971, Donald Trump prend le contrôle de l'entreprise paternelle. Son père construisait des logements pour la classe moyenne, il préfère les tours de luxe, les hôtels, casinos et golfs, de Manhattan à Bombay.

Ce fan de lutte était aussi jusqu'en 2015 copropriétaire des concours Miss Univers et Miss USA. Il a animé The Apprentice de 2004 à 2015.

Trump a dans sa carrière intenté ou été la cible de dizaines de procès civils liés à ses affaires.

Il a refusé de publier ses déclarations de revenu - une tradition pour les candidats à la Maison-Blanche - et a reconnu à demi-mot qu'il n'avait pas payé d'impôts fédéraux pendant des années, après avoir déclaré des pertes colossales de 916 millions $US en 1995. «Cela fait de moi quelqu'un d'intelligent», a-t-il dit.

Il a un programme phénoménal pour ses 100 premiers jours, pour impulser le changement.

Personne n'y croit vraiment. Car il s'est révélé durant la campagne être son pire ennemi, se tirant régulièrement dans le pied avec des déclarations fracassantes ou des tweets parfois étonnamment immatures.

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