Des émotions fortes sur Grande Allée

L'organisateur de l'événement, Pierre Bouchard, créateur du site... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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L'organisateur de l'événement, Pierre Bouchard, créateur du site politique La dose, ne s'attendait pas à une telle affluence.

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(Québec) L'assemblée majoritairement pro-Clinton qui a pris d'assaut le bar L'Inox, mardi soir, sur Grande Allée, a vécu une soirée électorale éprouvante. Plus de 300 personnes de tous âges, parmi eux plusieurs représentants de partis politiques, sont passées par toute la gamme des émotions, au rythme des «Key Race Alert» de CNN et des alternances bleu-rouge des cartes électorales.

Les copines Shani Dion, 28 ans, et Véronique Boulanger, qui fêtait ses 30 ans en cette soirée historique, disaient suivre les résultats avec d'autant plus d'intérêt que leur génération risque de faire les frais de l'élection de Donald Trump.

«Ça nous touche, ça nous fait peur», lancent-elles, installées à proximité de répliques en carton grandeur nature des deux candidats, objets de nombreuses photographies et égoportraits tout au long de la soirée.

L'organisateur de l'événement, Pierre Bouchard, créateur du site politique La dose, ne s'attendait pas à une telle affluence. «Bien honnêtement, on pensait avoir environ 150 personnes, mais pas le double. On sent vraiment qu'il y a un engouement.»

Au gré des gains inattendus de Trump, dont l'Ohio, l'organisateur s'est surpris à croire en une victoire républicaine. Près de lui, son frère Marc, qui travaille au cabinet du chef de l'opposition Jean-François Lisée, scrute sur son cellulaire la chute des indices boursiers sur les marchés asiatiques.

Déménagement à Québec

Coiffée d'une casquette des 49ers, Véronique Hunter est passée faire un tour sur Grande Allée avec ses trois enfants. En raison de la cohue régnant à l'intérieur, elle a toutefois préféré demeurer sur la terrasse. Ses allégeances étaient clairement exprimées sur un carton fait maison: «FDT». Pour «F... Donald Trump».

Mariée à un chercheur de l'Université Laval, Mme Hunter passe le plus clair de son temps à Charlesbourg, mais se rend régulièrement à San Francisco, où le couple possède une demeure. La perspective de voir Trump l'emporter crée un immense stress chez elle, au point que sa famille et elle pensent tourner le dos à leur pays d'origine pour venir s'établir à Québec.

«S'il gagne, demain matin [mercredi], j'appelle mon père à Las Vegas et ma belle-soeur à San Francisco et on commence le shutdown. On vend tout, c'est sûr et certain», lance la dame, se disant du même souffle inquiète d'une dévaluation du dollar américain découlant de l'élection du controversé politicien.

L'arrivée de Trump à la Maison-Blanche n'augure rien de bon pour la communauté noire dont elle est issue, déplore-t-elle, dans la foulée des fusillades et autres tragiques événements des derniers mois. «Les États-Unis n'est pas un pays sécuritaire pour élever des enfants», lance-t-elle. «Neuf de mes amis ont été abattus par balles», dénonce à son tour sa fille, Patricia Payne, 21 ans, étudiante au Collège St. Lawrence.

Partisans de Bernie

À l'autre bout de la ville, au Cégep de Sainte-Foy, la soirée électorale américaine a également drainé de nombreux curieux, une soixantaine, à l'invitation du Département de sciences humaines. Outre une télé ouverte à RDI, les organisateurs avaient pris soin d'installer un projecteur diffusant une carte du site du New York Times montrant l'évolution des allégeances, État par État.

Il ne s'agit pas de la première fois que l'institution fidéenne organise un rassemblement pour une élection américaine, note le professeur de sciences politiques Dany Hudon, mais celui de cette année diffère des autres en raison du caractère «rocambolesque» de la campagne.

«Donald Trump inquiète beaucoup, souligne l'enseignant, qui s'attendait à une victoire de Hillary Clinton. «Son avance est plus importante que ce que les sondages laissent croire. Toutes les probabilités jouent contre Trump qui ne peut pas se permettre d'échapper des États-clés.»

Tranquille à l'arrivée du Soleil, vers 19h, le local Place Publik s'est animé une demi-heure plus tard avec l'arrivée régulière d'étudiants. Parmi eux, Arian Omeranovic et Mathieu Tremblay, deux partisans de... Bernie Sanders, rival malheureux de Hillary Clinton à l'investiture démocrate.

Les deux amis ne savaient trop quoi penser de ce scrutin qui a polarisé l'opinion publique. «Si j'étais Américain, je ne sais pas trop si je serais allé voter, mentionne Mathieu, qui ne se considère pourtant pas comme «un anarchiste fini».

La campagne a fait surgir des relents de populisme et de cynisme qui ont déplu à Arian, 19 ans. «On serait plussafe avec Hillary Clinton, dit-il, même si elle représente encore l'establishment. C'est ça qui met les Américains en colère.»

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