Les États-Unis votent, le monde entier attend

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De longues files d'attente s'étiraient bien souvent en début de journée devant les bureaux de vote, partout aux États-Unis, notamment à Scottsdale, en Arizona.

AFP, Laura Segall

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Associated Press
Washington

Des dizaines de millions d'Américains se rendent aux urnes mardi pour choisir leur 45e président, au terme d'une campagne électorale de 18 mois. Les premiers bureaux de scrutin fermeront leurs portes à 19 h, notamment en Georgie et en Virginie. Les résultats sont attendus après 19h30 dans les États-clés de la Caroline du Nord et de l'Ohio. En vertu de ce scrutin «indirect», le futur locataire de la Maison-Blanche doit recueillir l'appui d'au moins 270 «grands électeurs» du collège électoral.

La Floride et la Pennsylvanie, deux États que le candidat républicain Donald Trump doit absolument remporter s'il veut garder espoir de se rendre jusqu'à la Maison-Blanche, commenceront à annoncer leurs couleurs vers 20 h. L'Arizona, le Wisconsin, le Michigan et plusieurs autres feront de même une heure plus tard.

La victoire de la candidate démocrate Hillary Clinton sera pratiquement assurée si elle l'emporte en Floride ou en Pennsylvanie. M. Trump, en revanche, a besoin de gains en Floride, dans l'Ohio, en Caroline du Nord, en Arizona, puis au Michigan ou en Pennsylvanie. Ces deux derniers États n'ont pas voté pour un candidat républicain depuis des décennies.

Le vainqueur ne sera probablement annoncé que vers 23 h, quand la Californie et quatre autres États dévoileront l'issue du vote chez eux.

Le président Barack Obama, lui, s'est dit confiant, mardi matin, que les Américains feront le bon choix - à condition qu'ils aillent voter. M. Obama, qui a voté le mois dernier à Chicago, a respecté son rituel de jour de scrutin: il a joué au basket-ball avec des amis, à la Maison-Blanche. Il a appelé tous les Américains à exercer leur droit de vote.

À New York, en plein coeur du district de Staten Island, de loin le plus républicain de New York le bureau de vote situé dans l'école Thomas Dongan était animé en milieu de journée.

Katie Kope, jeune femme blonde de 19 ans, a voté pour la première fois. «J'étais vraiment excitée.» Elle arbore fièrement son autocollant «I voted». Elle se considère républicaine, «sauf pour les questions sociales», et a voté Trump.

«J'hésitais un peu entre les deux (candidats), mais je n'ai pas confiance en Hillary, donc c'est ça qui a fait pencher la balance», dit-elle.

Les regards sont surtout tournés vers quelques États-clés qui pourraient faire la décision, en premier lieu la Floride. «Il est temps qu'une femme porte la culotte», lance Leonor Perez, 74 ans, en votant pour la démocrate Hillary Clinton à Hialeah, près de Miami.

Hillary et Bill Clinton viennent de voter, à... (AFP, Eduardo Munoz) - image 4.0

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Hillary et Bill Clinton viennent de voter, à Chappaqua, dans l'État de New York.

AFP, Eduardo Munoz

Mme Clinton et son mari, l'ancien président Bill Clinton, ont voté un peu avant 8h à Chappaqua, dans l'État de New York. «Je connais bien toutes les responsabilités qui (accompagnent la présidence), a dit la candidate démocrate. Il y a tellement de gens qui comptent sur l'issue de cette élection, ce que ça veut dire pour notre pays, et je ferai vraiment de mon mieux si j'ai la chance de l'emporter aujourd'hui.»

Lutte

Si Mme Clinton a toujours un avantage de quelques points dans les sondages, Donald Trump reste en mesure de l'emporter.

Hillary Clinton, 69 ans, espère entrer dans l'histoire comme la première femme présidente des États-Unis, après 44 présidents depuis George Washington en 1789. Elle entend diriger dans la continuité du président démocrate Barack Obama et a appelé au rassemblement, au-delà des partis, dans les dernières heures de sa campagne.

Figure politique depuis 25 ans, la moitié des Américains ne l'apprécient guère, doutant de son honnêteté. Mariée à l'ancien président Bill Clinton (1993-2001), elle a été tour à tour Première dame, sénatrice de New York puis secrétaire d'État de Barack Obama. Hyper-disciplinée, elle connaît ses dossiers sur le bout des doigts, mais sa personnalité suscite peu d'enthousiasme.

Donald Trump, 70 ans, drapé dans la cape de l'outsider, espère lui créer la surprise d'un «Brexit puissance trois», référence au vote surprise des Britanniques pour sortir de l'Union européenne.

Grand pourfendeur de l'élite politique qui a selon lui «saigné le pays à blanc», M. Trump, imprévisible et brouillon, n'a jamais occupé le moindre mandat électif. Il s'est présenté comme l'homme du changement face à la corruption supposée des élites et comme la voix des oubliés, auxquels il a promis de «rendre à l'Amérique sa grandeur».

Encore plus impopulaire que son adversaire, le milliardaire ancien animateur vedette d'une émission de télé-réalité, «The Apprentice», volontiers brutal, a capitalisé sur la colère et les frustrations d'une classe moyenne blanche inquiète d'un monde qui change.

La campagne a été longue et pénible: 82% des Américains s'en sont dits dégoûtés dans un récent sondage.

Et à l'étranger, elle a été souvent suivie avec sidération et parfois avec inquiétude.

Le président français François Hollande a déclaré mardi qu'il faisait «confiance au peuple américain» pour faire un choix conforme à ses «valeurs».

M. Trump talonne Mme Clinton dans plusieurs États-clés, où se jouera le scrutin. Elle était en tête de 3,3 points dans la moyenne des derniers sondages nationaux (45,3% contre 42% pour son rival).

Les Américains votent aussi mardi pour renouveler 34 des 100 sièges du Sénat à Washington, et les 435 sièges de la Chambre des représentants. Les démocrates espèrent reprendre le Sénat actuellement dominé, comme la Chambre, par les républicains.

Douze des 50 États américains élisent aussi de nouveaux gouverneurs, et des dizaines de référendums locaux, sur des questions allant de la légalisation de la marijuana à la suppression de la peine de mort sont organisés dans une trentaine d'États. Des milliers d'élections locales sont aussi prévues, juges, procureurs, maires et autres élus de proximité.

Donald Trump a voté vers 11h, dans une... (AFP, Bryan R. Smith) - image 5.0

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Donald Trump a voté vers 11h, dans une école de Manhattan.

AFP, Bryan R. Smith

Trump vote sous les huées à Manhattan

Provocant et méfiant jusqu'à l'isoloir, Donald Trump a encore refusé, mardi matin, de déclarer explicitement qu'il concéderait éventuellement la victoire à son adversaire.

En allant voter avec ses proches, à Manhattan, le candidat républicain à la présidentielle américaine a simplement lancé: «nous verrons bien», avant de réitérer sa crainte de fraudes électorales. M. Trump a souvent martelé cette question d'«élection truquée», surtout depuis quelques semaines.

Mardi matin, il s'est dit confiant de l'emporter, citant «l'enthousiasme extraordinaire» de ses partisans partout au pays - et même à l'étranger.

Les bureaux de vote de neuf États de... (AP, Alexander F. Yuan) - image 6.0

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Les bureaux de vote de neuf États de l'Est des États-Unis ont ouvert leurs portes mardi matin à 06H00 locales pour l'élection présidentielle. Les électeurs ont pu commencer à déposer leurs bulletins dans les urnes du Connecticut, de l'Indiana, du Kentucky, du Maine, du New Hampshire, du New Jersey, de l'État de New York (notamment dans Brooklyn, photo), du Vermont et de la Virginie. Les bureaux des autres États ouvrent plus tard dans la matinée.

AP, Alexander F. Yuan

Lors d'une entrevue accordée au réseau Fox tôt mardi matin, M. Trump a prédit qu'il «remportera plusieurs États», avant d'admettre: «Qui sait comment ça finira ultimement?».

«Si je ne l'emporte pas, tout ça n'aura été qu'un gaspillage monumental de temps, d'énergie et d'argent», a-t-il dit.

M. Trump prétend avoir investi 100 millions $ US de son propre argent dans sa campagne, mais les chiffres officiels démontrent qu'il y a plutôt contribué à hauteur d'environ 66 millions $ US.

Il a ensuite déclaré vouloir exploiter tout le potentiel des États-Unis. «Je vois tellement d'espoirs et de rêves qui ne se sont jamais concrétisés, qui auraient pu se concrétiser, avec du leadership, avec du bon leadership, a-t-il lancé. Et les gens souffrent tellement.»

Pour sa part, le candidat démocrate à la vice-présidence, Tim Kaine, a assuré mardi sur les ondes du réseau ABC que Mme Clinton et lui l'emporteront s'ils décrochent l'un des États «échec et mat» - la Caroline du Nord, la Floride, l'Ohio et la Pennsylvanie. Il a ensuite demandé aux électeurs de ne pas faire preuve de complaisance, en rappelant que «la démocratie fonctionne le mieux quand la population participe».  AVEC AFP

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