Les Américains à bout de nerfs en fin de campagne

Des partisans de Donald Trump attendent le candidat... (AP)

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Des partisans de Donald Trump attendent le candidat à un rassemblement.

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Véronique Dupont
Agence France-Presse
Los Angeles

Spectre du terrorisme, d'élections truquées, de déclassement social ou de guerre nucléaire... La campagne présidentielle au vitriol a mis les Américains à bout de nerfs.

«Les gens sont toujours plus stressés au moment des élections, mais je n'ai jamais vu ça à un tel niveau», constate Judi Bloom, une psychologue de Santa Monica, en Californie, interrogée par l'AFP.

D'après une étude récente de l'Association américaine de psychiatrie (APA), plus d'un Américain sur deux (52%) se dit stressé par le scrutin du 8 novembre.

Pendant des mois, le républicain Donald Trump a matraqué que la politique du président Barack Obama, de l'«Obamacare» à la Syrie, en passant par les négociations commerciales multilatérales, était «un désastre», et que sa rivale Hillary Clinton mènerait le pays «à la catastrophe».

Il fait valoir que des hordes de migrants «criminels» ou «violeurs» tentent d'entrer aux Etats-Unis par la frontière mexicaine où il veut construire un mur, que des djihadistes se cachent parmi les réfugiés syriens, ou que l'élection est «truquée».

La démocrate a dépeint son adversaire comme «instable» et capable de déclencher une guerre nucléaire sur un coup de sang, une «marionnette» des Russes, répétant à l'envie qu'il est accusé par une dizaine de femmes de les avoir sexuellement agressées (ce que Trump nie).

«C'est une campagne très négative» avec des candidats impopulaires, «tout cela génère un sentiment de désespoir», fait valoir Judi Bloom.

«Tout s'effondre»

«Il faut remonter au 11 septembre 2001 ou à la crise financière de 2008-2009 pour retrouver un tel sentiment du ''tout s'effondre''», estime Robert Bright, un psychiatre de Phoenix en Arizona, dans le sud des États-Unis.

«Rien qu'hier, une patiente me disait qu'elle n'en dort pas la nuit (...) et un autre qui est très malade plaisantait en disant qu'au moins, quand il mourra, il n'aura plus à voir toutes ces publicités électorales» apocalyptiques, ajoute-t-il.

«J'entends beaucoup de ''je vais déménager au Canada!''», renchérit Judi Bloom.

Au lieu de jouer sur l'optimisme comme avec le fameux «Yes we can» de Barack Obama en 2008, Donald Trump, et dans une moindre mesure sa rivale, ont axé leur rhétorique sur la peur.

«Les gens s'inquiètent de l'avenir, de leur sécurité financière, des attaques terroristes, de l'Autre en général», remarque Robert Bright.

Les républicains plus anxieux

Il ajoute que certains, particulièrement les républicains qui sont d'après l'étude de l'APA plus anxieux que les démocrates, craignent pour la composition de la Cour suprême, qui compte actuellement quatre juges conservateurs et quatre progressistes. La plus haute instance judiciaire du pays pourrait par ses décisions saper leurs valeurs fondamentales, disent-ils, en favorisant notamment le droit à l'avortement et limitant celui de porter des armes.

À la peur de perdre l'élection s'ajoute pour les républicains celle d'une «défaite au Sénat ou à la Chambre des représentants, et d'une dissolution de leur parti», souligne Mme Bloom.

La campagne est aussi tombée bien souvent très en-dessous de la ceinture.

Donald Trump n'a cessé de qualifier Hillary Clinton de «corrompue», donnant la parole à des femmes qui disent avoir été agressées sexuellement par son mari, l'ex-président Bill Clinton. Il a évoqué la taille de son pénis et dans une vidéo datant de 2005 qui a bouleversé la campagne en refaisant surface, se vantait d'embrasser les femmes sans leur permission ou de les attraper par les parties génitales.

Ce climat a «créé une impression de manque de sécurité pour les femmes en général», en «réveillant les traumatismes» de celles qui ont été victimes de tels actes, estime M. Bright.

Les réseaux sociaux et le rythme des chaînes d'information en continu aggravent ce sentiment que «le monde court à sa perte», poursuit Mme Bloom, ce que constate aussi l'APA.

Ce matraquage met à rude épreuves les relations. «Les gens disent ''je n'avais aucune idée que tant des mes amis étaient racistes/gauchistes/sexistes'', et finissent par les enlever de leurs listes d'amis sur Facebook, voire par ne plus leur adresser la parole», note Robert Bright.

L'APA rappelle toutefois que «quoiqu'il se passe le 8 novembre, la vie va continuer». Et d'appeler les Américains, au lieu de broyer du noir, à s'engager dans le bénévolat, le militantisme, voire à se lancer... en politique.

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