Craintes d'intimidation lors du vote à la présidentielle

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Dans certains États, les électeurs seront autorisés à être armés pour déposer leur bulletin dans l'urne.

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Les armes à feu, les menaces et les actions déloyales risquent de peser sur le scrutin présidentiel américain, malgré la mobilisation de milliers d'observateurs et militants des droits civiques.

Ces craintes sont avivées par les pressions exercées par Donald Trump, qui a appelé ses partisans à surveiller le 8 novembre le déroulement d'un vote selon lui «truqué» d'avance.

Dans différents États, les électeurs seront autorisés à être armés pour déposer leur bulletin dans l'urne, de quoi inquiéter vu l'actuel climat délétère.

Un élu du comté du prince William, en Virginie, a ainsi pensé à interdire le 8 novembre les armes dans les bureaux de vote situés dans des lieux privés, en plus des écoles et tribunaux où elles sont déjà bannies.

Mais l'idée a tourné court dans cet État de l'Est où siège la puissante National Rifle Association, le premier lobby des armes, qui soutient officiellement le candidat républicain à la Maison-Blanche.

«C'est au propriétaire du terrain privé où se tient le bureau de vote d'interdire ou non les armes», a expliqué à l'AFP Bob Marshall, législateur républicain de Virginie.

Plus généralement, les associations redoutent des actes rappelant les pires heures des intimidations visant les Noirs, notamment dans le Sud anciennement ségrégationniste.

Les Afro-Américains et les Hispaniques penchent majoritairement du côté démocrate et donc de Hillary Clinton.

Plusieurs exemples

L'histoire des États-Unis accumule les exemples de restrictions de vote des minorités, même si les discriminations raciales sont illégales depuis le Voting Rights Act de 1965. Cette loi, qui avait couronné les efforts de Martin Luther King, obligeait un comté ou un État à soumettre à autorisation préalable du ministère de la Justice toute réforme de sa procédure électorale.

Mais ce texte emblématique a été partiellement invalidé en 2013 par la Cour suprême des États-Unis, à majorité conservatrice. Avec pour conséquence de restreindre fortement les possibilités pour les autorités fédérales de contrôler l'équité d'un scrutin national, à l'organisation très décentralisée.

«Pour la première fois en 50 ans, une élection présidentielle va se tenir sans l'entière protection du Voting Rights Act de 1965», souligne à l'AFP Sherrilyn Ifill, présidente du Fonds juridique de la NAACP, la plus importante organisation de défense des Noirs américains.

«La suppression de cette mesure-clé a conduit, ces deux, trois dernières années, à la prolifération de pratiques et procédures conçues précisément pour entraver et empêcher les Afro-Américains, les Latinos et les autres minorités raciales de participer de façon égalitaire au processus électoral», poursuit-elle.

Par exemple, la majorité républicaine de l'État de Caroline du Nord a adopté en 2013 une loi prohibant aux électeurs de s'inscrire le jour même du vote, ou les obligeant à présenter un certain type de photo d'identité.

Craintes dans le Sud

Les associations appellent donc à une vigilance maximale le 8 novembre.

«Il y a des problèmes d'intimidation d'électeurs, de la part de gens qui sont dans les bureaux de vote et qui mettent en doute le fait de savoir si les votants sont enregistrés, s'ils ont le droit de voter, s'ils ont les bons papiers d'identité», insiste Mme Ifill.

«Nous formons des personnes sachant la loi qui seront sur place, pour observer, s'assurer que les électeurs connaissent leurs droits. Nous travaillons avec les responsables religieux pour faire passer l'information aux électeurs des minorités», détaille la juriste.

Elle confie redouter des irrégularités concentrées dans le Sud profond.

De son côté, en raison de l'arrêt de 2013 de la Cour suprême, le ministère américain de la Justice ne pourra dépêcher ses observateurs spécialement formés que dans quatre États (contre 13 en 2012).

Le ministère a aussi prévu d'envoyer dans 25 États plusieurs centaines de simples témoins, qui eux ne seront autorisés à entrer dans les bureaux de vote que s'ils y sont invités par les responsables locaux.

De nombreuses ONG mobiliseront en renfort des milliers d'observateurs et avocats indépendants pour s'assurer de l'équité des opérations, également surveillées par des représentants démocrates et républicains.

«On ne peut pas être partout, d'où nos vives inquiétudes», résume Mme Ifill.

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