L'appellation «Trump» sème la discorde dans ses immeubles

Des policiers montaient la garde devant un édifice... (AFP, William Edwards)

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Des policiers montaient la garde devant un édifice Trump de New York, lors d'une manifestation en août. Des résidents des immeubles chics souhaitent voir disparaître le nom du controversé candidat républicain sur la façade de leurs immeubles.

AFP, William Edwards

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Agence France-Presse
New York

Ce sont de grands immeubles au luxe tranquille, avec sols marbrés et fauteuils profonds dans le hall, réceptionnistes attentionnés et vues magnifiques sur la rivière Hudson.

Mais depuis peu, les habitants s'y chamaillent pour savoir s'il faut garder le nom TRUMP sur leur façade, témoin des répercussions de la campagne présidentielle sur les affaires du candidat républicain.

Tout a commencé il y a deux semaines. Une poignée de résidents de ces quelques tours qui se dressent côte à côte sur Riverside Drive, dans le chic quartier new-yorkais de l'Upper West Side, ont lancé une pétition pour enlever les grandes lettres «T-R-U-M-P» qui ornent leur façade. Comme les façades de plus d'une dizaine de gratte-ciel de Manhattan, noyau dur de l'empire immobilier érigé par le candidat new-yorkais.

Les pétitionnaires en appellent aux gérants de l'immeuble. Ils affirment que le «traitement effrayant des femmes par Trump, son passé raciste, ses attaques contre les immigrés ou ses blagues sur les handicapés» sont «contraires aux valeurs» de leur foyer, et font «insulte» au personnel de ces immeubles d'origine majoritairement étrangère.

Les pétitionnaires s'y indignent aussi de voir Donald Trump «augmenter sa fortune» sur leur dos: certaines de ses tours n'appartenant pas à la Trump Organization, les sociétés gérantes paient pour pouvoir utiliser son nom.

La pétition a troublé l'ambiance feutrée qui règne habituellement dans ces temples du savoir-vivre, qui abritent des dirigeants de grandes entreprises comme KPMG, Viacom ou HSBC, au vu de la convocation au prochain conseil syndical.

«Tout cela est stupide, je pense que quand viendra l'heure de payer (pour enlever le logo Trump), les gens n'iront pas jusqu'au bout», lance un père de famille pressé de disparaître dans l'ascenseur.

Enlever le nom ne changera rien

«On habite ici quoi qu'il arrive, on aime le personnel et c'est tout ce qui compte», explique Ann Rae, qui circule dans l'immeuble «au moins trois fois par jour» pour promener son chien et dit avoir été jusqu'ici «en bons termes avec tout le monde».

«Certains des signataires n'habitent même pas ici,» reproche-t-elle.

«Ce n'est pas que j'aime le nom», «certaines choses que dit Trump sont dégoûtantes», ajoute-t-elle. «Mais ça fait partie de la vie quand on habite à New York: il y a énormément de choses et de bâtiments au nom de Trump, et enlever son nom de la façade n'y changera rien».

Brittany Ashby, mère de deux jeunes enfants, se dit elle au contraire de tout coeur avec les pétitionnaires.

Elle n'est «que locataire» et paie 9000 $ par mois pour un trois-pièces qui se vendrait «quelques millions» de dollars, dit-elle. «Mais si j'étais propriétaire, et que j'étais là pour la vie, être associée à ce nom pour toujours, ce serait différent. La valeur de l'appartement pourrait être touchée, et ce n'est pas à mon goût de voir le nom de Trump sur le bâtiment.»

La convocation du conseil syndical ne précise pas si le sujet sera abordé lors de la réunion prévue fin novembre. D'ici là, le vainqueur de l'élection américaine sera connu et «peut-être que le sujet disparaîtra», prédit Brittany Ashby.

Mais la polémique illustre la menace croissante que fait peser la campagne très clivante de Donald Trump sur ses multiples entreprises et tout ce qui porte son nom.

Selon une étude du promoteur immobilier Redfin, les appartements de luxe à son nom se vendent désormais au prix du marché, alors qu'ils bénéficiaient d'une surcote de près de 7% il y a un an.

Interrogé, un porte-parole de la Trump Organization a évité de répondre directement aux critiques. «Le souci principal de la société», a-t-il souligné jeudi, «est de fournir un service haut de gamme, avec une attention méticuleuse aux détails et une ambiance chaleureuse. Nous allons continuer à surpasser les attentes tout en fournissant le plus haut niveau de luxe et de services».

Appel au boycottage de la marque d'Ivanka

Un appel au boycottage de la marque de vêtements d'Ivanka Trump rencontre un certain écho sur les réseaux sociaux, tandis que la fille du candidat républicain à la présidence américaine refuse de voir sa marque politisée.

Tout est partie d'une lettre adressée à la chaîne de grands magasins Nordstrom par une femme qui se présente comme une fidèle cliente, mais ne décline pas son identité. Pour elle, Ivanka Trump «n'est pas responsable de la conduite de son père, mais elle est responsable de la façon dont elle le défend», selon la lettre, postée sur le compte Twitter @SheWhoVotes intitulé Nasty Woman Laura.

Outre le «discours de haine» que tient, selon elle, Donald Trump depuis le début de sa campagne, elle rappelle les accusations formulées par une dizaine de femmes, qui lui reprochent d'avoir eu des gestes et des paroles déplacés. «Je ne peux pas, en conscience, continuer à soutenir une enseigne prête à faire commerce avec une société qui me dévalue, ainsi que mon mari et la plupart des Américains», écrit celle qui se décrit, sur son profil Twitter, comme partisane de Hillary Clinton.

Au-delà de la seule enseigne Nordstrom, la cliente mystère a appelé le plus grand nombre à écrire ou appeler les autres magasins ou sites qui vendent «les marques Trump». Elle a lancé, pour l'occasion, le mot-clic GrabYourWallet (prenez votre portefeuille).

Certains utilisateurs de Twitter ont posté des listes comprenant tous les distributeurs de la marque Ivanka Trump avec les coordonnées de leur service client.

Ivanka Trump... (Archives AP, Mandel Ngan) - image 3.0

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Ivanka Trump

Archives AP, Mandel Ngan

Interrogée jeudi lors de l'émission Good Morning America sur la chaîne ABC, Ivanka Trump a dénoncé ceux qui cherchaient à «politiser» le «message» qu'elle voulait envoyer aux femmes à travers son discours et sa marque.

«C'est le charme de l'Amérique, les gens peuvent dire ce qu'ils veulent. Mais je préfère parler des millions, des dizaines de millions de femmes américaines que la marque et le message que j'ai créés inspirent», a-t-elle déclaré.

«Ma défense des femmes, en essayant de les valoriser dans tous les aspects de leur vie, remonte bien avant le début de la campagne», a-t-elle rappelé.

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