WikiLeaks et les dessous de «Bill Clinton Inc.»

Bill Clinton et sa fille Chelsea. WikiLeaks met... (AFP, Saul Loeb)

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Bill Clinton et sa fille Chelsea. WikiLeaks met en lumière les méandres de conflits d'intérêts entourant les activités de Clinton, à la fois président d'une grande organisation caritative levant des fonds auprès de grandes entreprises et d'États étrangers, mari de la chef de la diplomatie de 2009 à 2013, et mari de la possible prochaine présidente.

AFP, Saul Loeb

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Une note de 2011, tirée des messages volés d'un proche de Bill et Hillary Clinton et publiée par le site WikiLeaks, révèle les dessous des multiples sources de revenus de l'ancien président américain, également visage de la fondation Clinton.

Doug Band, proche de Bill Clinton depuis la Maison-Blanche et cofondateur de la petite firme de conseil Teneo en 2011, explique dans une note rédigée en novembre 2011 les services qu'il a rendus à la fondation et à l'ancien président démocrate personnellement.

Il avait pratiqué un mélange des genres qui avait alors suscité les complaintes de Chelsea Clinton, la fille des Clinton, également membre du conseil d'administration de la fondation.

Doug Band y décrit les sommes versées au fil des années à la fondation, sous son impulsion, par certains de ses clients, dont Coca Cola, Dow Chemical ou encore la banque UBS. Selon lui, ni lui ni Teneo n'étaient rémunérés pour ce travail de levée de fonds.

Intermédiaire pour les activités privées de Bill

Doug Band raconte également avoir personnellement servi d'intermédiaire principal pour toutes les activités privées de Bill Clinton, qui lui ont rapporté des dizaines de millions de dollars depuis son départ de la Maison-Blanche en 2001, dont des services de conseil et des conférences rémunérées.

«Nous avons également sollicité et obtenu, au besoin, des services en nature pour le président et sa famille - pour ses déplacements personnels, son hébergement, ses vacances et autres», écrit-il aussi.

Il estime avoir ainsi rapporté à Bill Clinton personnellement plus de 50 millions $, ainsi que 66 millions $ en contrats futurs.

La note, dont l'authenticité n'a été ni confirmée ni démentie par l'entourage de Mme Clinton, a été piratée du compte Gmail de John Podesta, ancien secrétaire général de la Maison-Blanche sous le président Clinton et actuel président de l'équipe de campagne d'Hillary Clinton. À l'époque, il était alors temporairement conseiller à la fondation.

Conflits d'intérêts

La note en elle-même n'évoque pas Hillary Clinton.

Mais elle lève un coin de voile sur les méandres de conflits d'intérêts entourant les activités de Bill Clinton, à la fois président d'une grande organisation caritative levant des fonds auprès de grandes entreprises et d'États étrangers, mari de la chef de la diplomatie de 2009 à 2013, et mari de la possible prochaine présidente américaine.

D'autres messages montrent le malaise de l'équipe de campagne d'Hillary Clinton face à ces activités.

En janvier 2015, son directeur de campagne, Robby Mook, s'interroge ainsi sur l'engagement de Mme Clinton à participer à une conférence de la fondation au Maroc quelques mois plus tard, en pleine campagne électorale. «Le roi a personnellement promis 12 millions de dollars pour la (fondation) et pour soutenir la réunion», justifie Huma Abedin, fidèle de Mme Clinton. «Elle s'est mise toute seule dans le pétrin, et elle le sait». In fine, seuls Bill et Chelsea Clinton participèrent à cette réunion.

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