Deux autres femmes accusent Trump d'inconduite sexuelle

Summer Zervos est une ancienne participante de l'émission The Apprentice.... (AFP)

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Summer Zervos est une ancienne participante de l'émission The Apprentice.

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Ivan Couronne, Andrew Beatty
Agence France-Presse
Los Angeles

Deux nouvelles femmes ont accusé vendredi Donald Trump de les avoir embrassées ou touchées sans leur consentement, ce que le candidat républicain à la présidentielle américaine nie en bloc, dénonçant un complot politico-médiatique international.

Au moment où Donald Trump s'exprimait lors d'une réunion vendredi après-midi, une ancienne participante de son émission The Apprentice, Summer Zervos, l'accusait lors d'une conférence de presse de l'avoir embrassée sans consentement en 2007 et de l'avoir plus tard entraînée dans sa chambre d'hôtel après lui avoir touché les seins.

Dans cette émission de téléréalité à succès, présentée jusqu'en 2015 par Donald Trump, les participants concourent pour décrocher un emploi auprès de l'homme d'affaires.

«Après avoir été éliminée, j'ai continué à le voir comme un potentiel mentor. En 2007, j'ai contacté son bureau pour déjeuner avec lui. On m'a dit qu'il ne pouvait pas déjeuner mais qu'il voulait me rencontrer. Quand je suis arrivée, il m'a embrassée sur la bouche», a raconté Mme Zervos lors d'une conférence de presse.

«Il a dit qu'il aimerait beaucoup que je travaille pour lui», a-t-elle ajouté.

À Los Angeles, Donald Trump l'invite à dîner à son hôtel et Mme Zervos est emmenée dans un bungalow. «Je me suis levée et il est venu vers moi et m'a embrassée à pleine bouche en m'attirant vers lui. J'ai reculé et me suis assise sur une chaise. Il m'a demandé de s'assoir près de lui. Ce que j'ai fait. Puis il m'a prise par l'épaule et a commencé à me parler agressivement et il a mis sa main sur mes seins. J'ai reculé et suis partie dans une autre pièce.

«Il est venu vers moi et m'a pris la main et m'a emmenée dans la chambre. Je suis sortie.»

«Il m'a prise dans les bras et j'ai essayé de le repousser. Je l'ai repoussé pour avoir un peu d'espace entre nous et j'ai dit "allez, faut pas rêver". Et il m'a répété ces mots "faut pas rêver" tout en commençant à sortir son sexe.»

Mme Zervos a expliqué qu'elle avait décidé de parler après avoir entendu M. Trump nier, lors du débat face à Mme Clinton dimanche, s'être jamais comporté comme un prédateur sexuel.

Sous la jupe

Quelques heures plus tôt, Kristin Anderson a raconté au Washington Post qu'au début des années 90, dans un club de New York, Donald Trump avait touché son vagin en mettant sa main sous sa jupe.

Chaque jour libère ainsi la parole de femmes accusant le promoteur immobilier d'agressions sexuelles, depuis l'exhumation vendredi dernier d'une vidéo accablante de 2005.

«Mensonges, mensonges, mensonges», a tonné Donald Trump vendredi à Greensboro, en Caroline du Nord.

«C'est une menteuse», a-t-il dit d'une ancienne journaliste du magazine People qui raconte avoir été embrassée de force en 2005. «Si cela s'était produit, elle l'aurait écrit» à l'époque.

Quant à Jessica Leeds, qui l'a accusé dans le New York Times de l'avoir pelotée dans un avion dans les années 80: «je vais vous dire, elle ne serait pas mon premier choix».

«J'aime ces pancartes "Les femmes pour Trump"», a-t-il lancé lors d'une autre réunion à Charlotte. «Je crois qu'en fait, je me débrouille bien avec les femmes.»

Le milliardaire dénonce une collusion des médias et de l'équipe de son adversaire démocrate Hillary Clinton. «Toute cette élection est truquée. Ces mensonges répandus sans preuve par les médias sont en train d'empoisonner l'esprit de l'électorat», a-t-il dit.

Il a désigné un actionnaire du New York Times, l'homme d'affaires Carlos Slim, comme l'un des comploteurs: «Carlos Slim vient du Mexique. Il a donné des millions de dollars aux Clinton et à leur organisation», a-t-il affirmé, en référence aux dons du milliardaire mexicain à la Fondation Clinton.

«Slim ne le connaît pas, même de vue, et il ne s'intéresse pas le moins du monde à sa vie privée», a réagi Arturo Elias, gendre de Carlos Slim et porte-parole.

Dans un communiqué, Donald Trump a nié avoir jamais rencontré Mme Zervos dans un hôtel, ou «l'avoir saluée de façon déplacée il y a 10 ans». «Ce n'est pas le genre de personne que je suis, et ce n'est pas la façon dont j'ai mené ma vie», selon le candidat.

Dénonçant un acharnement médiatique, il a annoncé qu'il s'adresserait prochainement au pays directement et «d'une façon plus personnelle», pour présenter ses idées sur l'emploi et la lutte contre «le terrorisme islamique radical».

«L'Amérique vaut mieux que cela», a estimé Hillary Clinton lors d'une réception de levée de fonds à Seattle, sa porte-parole Jennifer Palmieri déplorant que Donald Trump épouse des thèses conspirationnistes.

«Je ne retire absolument aucune satisfaction de ce qui arrive [...] à mon adversaire», a ajouté Mme Clinton. «Cela abîme notre démocratie».

Attaque contre Obama

La véritable tête d'affiche du camp démocrate pour vendredi était en fait le président Barack Obama, qui a de nouveau appelé à rejeter le républicain lors d'un rassemblement de soutien à Hillary Clinton.

«Le savoir-vivre est en jeu dans cette élection. La tolérance est en jeu. La courtoisie est en jeu. L'honnêteté est en jeu. L'égalité est en jeu. La bienveillance est en jeu», a déclaré M. Obama à Cleveland, dans l'Ohio.

Donald Trump «salue l'ingérence des Russes dans notre processus électoral, et suggère maintenant que si la campagne ne se déroule pas comme il l'entend, ce n'est pas à cause de ce qu'il a dit, mais parce que l'élection est truquée et que c'est une imposture. Vous savez, certains pays fonctionnent comme ça, et ce sont des tyrannies qui pratiquent l'oppression», a souligné M. Obama.

Ces attaques ont provoqué de la part du milliardaire une furieuse réaction.

«Pourquoi est-ce qu'une femme ne vient pas dire sur lui les mêmes choses fausses qu'on dit sur moi?» a lancé Donald Trump à ses supporteurs. «Il ferait mieux de faire attention, car on pourrait le dire sur n'importe qui.»

«Obama est un incompétent», a-t-il ensuite répété.

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