Polarisation sans précédent du vote hommes-femmes

Selon une projection du site d'informations FiveThirtyEight.com, si... (AP, John Minchillo)

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Selon une projection du site d'informations FiveThirtyEight.com, si uniquement les femmes votaient le 8 novembre, Hillary Clinton obtiendrait 450 des 538 votes du collège électoral. Et si seuls les hommes s'exprimaient, Donald Trump emporterait 350 votes.

AP, John Minchillo

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Daniel WOOLLS
Agence France-Presse
WASHINGTON

Avant même que des femmes n'accusent Donald Trump d'attouchements sexuels, le candidat républicain à la Maison-Blanche affichait un passif chez les électrices à cause de ses propos sexistes. Mais depuis quelques jours, la polarisation entre hommes et femmes en ce qui concerne les intentions de vote pour la présidentielle américaine s'est renforcée et atteint un niveau sans précédent: les femmes se rangent en masse derrière la démocrate Hillary Clinton, tandis que les hommes soutiennent fermement Donald Trump.

Selon une projection du site d'informations FiveThirtyEight.com, si uniquement les femmes votaient le 8 novembre, le bleu du Parti démocrate colorerait plus de 40 des 50 États américains. Hillary Clinton obtiendrait 450 des 538 votes du collège électoral qui élit le président.

Et si seuls les hommes s'exprimaient, le rouge républicain emporterait 350 votes.

Les femmes contre Trump

Avant même le scandale lié à la révélation vendredi dernier d'une vidéo de 2005 dans laquelle le milliardaire se vante en termes vulgaires de comportements relevant du harcèlement sexuel ou de l'agression sexuelle, Donald Trump n'avait pas réellement cherché à attirer les suffrages féminins, relève Susan Carroll, professeur de sciences politiques et d'études sur les femmes et le genre à l'université Rutgers.

Trump a évoqué «quelques petits gages en matière de garde d'enfants» et sa fille Ivanka s'est exprimée lors de la convention républicaine, a-t-elle souligné. «En gros, on a fait le tour.»

La cible du républicain? Des hommes blancs de la classe moyenne, sans diplôme d'études supérieures - ceux ayant probablement pâti de l'évolution de l'économie mondiale qui a fait partir des États-Unis les emplois industriels. Ils sont davantage prompts à soutenir le programme de Donald Trump, qui promet des emplois et rejette les accords de libre-échange.

Avec la campagne déliquescente du milliardaire qui trébuche de catastrophe en catastrophe et les dissensions viscérales avec les ténors de son parti, Hillary Clinton caracole désormais largement en tête.

Le dernier sondage de RealClearPolitics lui donne six points d'avance en moyenne nationale, et elle est aussi devant dans plusieurs États-clés.

Écart spectaculaire

Mais l'écart hommes-femmes est lui spectaculaire.

Chez les électrices, l'ex-première dame semble imbattable. Depuis début octobre, elle dispose invariablement de plus de 10 points d'avance, voire parfois plus de 20 points.

Reste que le magnat de l'immobilier à la rhétorique crue parvient toujours à s'imposer chez les électeurs. Le sondage de l'université Quinnipiac lui octroie jusqu'à 12 points d'avance.

Nate Silver, dans un article accompagnant la projection de FiveThirtyEight.com, a reconnu qu'il ne s'agissait que d'une expérimentation.

«Mais il semble juste de dire que si Trump perd l'élection, ce sera parce que les femmes ont voté contre lui», a-t-il relevé.

Depuis les années 80, les Américaines ont tendance à pencher du côté démocrate tandis que les Américains préfèrent le camp républicain.

Hillary Clinton a constitué une solide base d'appui chez les femmes, héritée de sa première tentative dans la course à la Maison-Blanche en 2008, et l'écart entre les genres se serait probablement établi à un niveau record quel qu'ait été son adversaire, a estimé Mme Carroll.

Donald Trump a seulement exacerbé la tendance.

L'un des éléments qui semble expliquer sa popularité chez les hommes est que beaucoup paraissent apprécier sa stature de mâle dominant et son succès financier. D'après un sondage publié cette semaine, 45% de ses partisans sont d'accord avec l'affirmation suivante: «Actuellement, la société semble punir les hommes pour le simple fait qu'ils se comportent comme des hommes.»

Chez les soutiens de Mme Clinton, seulement 34% approuvaient cette assertion.

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