À un mois de l'élection, Clinton espère toucher au but

Un masque d'Halloween à l'effigie d'Hillary Clinton est... (AFP, Saul Loeb)

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Un masque d'Halloween à l'effigie d'Hillary Clinton est en vente dans un commerce d'Arlington, en Pennsylvanie.

AFP, Saul Loeb

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Brigitte DUSSEAU
Agence France-Presse
Washington

À un mois de l'élection présidentielle du 8 novembre, Hillary Clinton veut y croire: si les sondages disent vrai, elle semble en bonne position pour entrer dans l'histoire, comme la première présidente des États-Unis.

La campagne, imprévisible depuis le début, n'est pas à l'abri d'une surprise de dernière minute.

Mais la moyenne des derniers sondages nationaux donne à Clinton 3,2 points d'avance sur son adversaire républicain Donald Trump, à 43,9% contre 40,7% des intentions de vote (sondages incluant les deux petits candidats Gary Johnson et Jill Stein).

Dans la douzaine d'États-clés où se jouera l'élection, la démocrate de 68 ans a vu en deux semaines ses chances se redresser. Elle est repassée devant Trump en Floride, dans le Nevada, la Caroline du Nord et le Colorado. Elle a creusé son avance en Pennsylvanie. Et si l'Ohio semble pour l'instant acquis à son adversaire, elle n'en a pas forcément besoin pour l'emporter.

Avant le premier débat présidentiel du 26 septembre, Donald Trump, 70 ans, talonnait Hillary Clinton dans les sondages. «La dynamique était de son côté», estime Robert Shapiro, expert de l'université Columbia à New York.

Mais après la performance médiocre du milliardaire républicain, et surtout son comportement après le débat, la dynamique s'est inversée, selon les experts.

Sa salve de tweets rageurs au petit matin contre une ancienne Miss Univers latino a encore aggravé les doutes sur son caractère, alors que ce néophyte en politique prétend au poste le plus important du monde.

Les révélations sur sa feuille d'impôts, laissant penser qu'il n'a pas payé d'impôts fédéraux pendant 18 ans en déclarant des pertes record de 916 millions $ en 1995, n'a rien arrangé, même si lui l'a présenté comme une preuve de son intelligence.

Les démocrates restent prudents

Pourtant, à un mois d'un scrutin qui reste serré avec certains sondages dans la marge d'erreur, les démocrates restent prudents.

La campagne présidentielle a été largement faite d'invectives et d'attaques, rebutant des millions d'électeurs. L'abstention inquiète le camp démocrate, qui sait que l'enthousiasme est plus fort dans le camp d'en face.

Pour motiver les jeunes, les femmes, les minorités, Bill Clinton, Barack Obama, Michelle Obama, les sénateurs Elizabeth Warren et Bernie Sanders, et Chelsea Clinton (fille de Bill et Hillary) ont été mobilisés sur le terrain. L'ancien vice-président Al Gore, grand défenseur de l'environnement, pourrait s'y mettre aussi.

Car Hillary Clinton, ancienne secrétaire d'État, ancienne sénatrice, ancienne Première dame, depuis 25 ans dans la vie publique, et qui entend diriger dans la continuité du président Obama, peine à enthousiasmer. La majorité des Américains ne l'aiment pas.

Et ils aspirent au changement.

Ses liens avec Wall Street, l'affaire de son serveur privé pour ses courriels et l'exploitation par les républicains de l'attaque de Benghazi, en Libye, en 2012 quand elle était chef de la diplomatie, ainsi que les doutes jetés par ses adversaires sur la Fondation Clinton ont renforcé l'idée qu'elle n'était pas honnête.

De nombreux électeurs républicains lui vouent une haine viscérale, de quoi les motiver pour aller voter.

Point de non-retour?

Mais sa chance aura probablement été Donald Trump, avec ses excès et sa propension à se tirer régulièrement dans le pied.

Trump «n'a jamais été capable d'être constant», souligne Jeanne Zaino, experte du Iona College. «Il a plusieurs bonnes semaines, et il se retrouve avec l'affaire Khan», en référence à ses attaques contre la famille d'un militaire musulman mort en Irak. «Il a plusieurs bonnes semaines, et il attaque un juge» hispanique. «Il a plusieurs bonnes semaines, et il attaque une femme (Miss Univers 1996) en disant qu'elle est grosse.»

«Est-ce que Trump peut encore faire quelque chose pour apparaître plus présidentiel, d'humeur plus égale?», interroge Robert Shapiro. «Il a peut-être passé le point de non-retour.»

Donald Trump a cependant souvent surpris, revenant plus fort quand ses adversaires le donnaient mort. Avec son style abrupt, il a su se faire le porte-voix des frustrations et inquiétudes de millions d'Américains bousculés par la mondialisation, inquiets du terrorisme et n'ayant plus confiance dans la classe politique traditionnelle.

Peut-il rebondir, à la faveur des deuxième et troisième débats présidentiels des 9 et 19 octobre, alors que le temps lui est compté?

«De plus en plus difficile», estime Jeanne Zaino.

Mais la campagne reste à la merci d'événements extérieurs, un attentat, de mauvais résultats économiques, d'une «surprise d'octobre», tempère Robert Shapiro.

Si le rebond Trump ne se produit pas, deux présidents emménageront à la Maison-Blanche en janvier, l'ancien, Bill Clinton et la nouvelle, Hillary Clinton. Là encore, une première historique.

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