Washington accuse Moscou d'avoir piraté des systèmes électoraux

Le président Barack Obama a voté par anticipation... (AFP, Jim Watson)

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Le président Barack Obama a voté par anticipation à Chicago vendredi, alors que Washington accuse Moscou d'essayer d'interférer, grâce à des piratages informatiques, dans le processus électoral.

AFP, Jim Watson

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Agence France-Presse

Washington a ouvertement accusé vendredi Moscou d'essayer d'interférer, grâce à des piratages informatiques, dans le processus électoral américain, nouveau développement spectaculaire dans l'escalade des tensions entre les deux pays sur nombre de dossiers, Syrie en tête.

À un mois de l'élection présidentielle qui doit désigner le successeur de Barack Obama, les autorités américaines ont, pour la première fois, désigné nommément la Russie comme responsable d'une série de piratages ayant visé en particulier des serveurs du parti démocrate.

«Ces vols et ces piratages ont pour but d'interférer dans le processus électoral américain», a indiqué la direction du renseignement américain (ODNI) dans un communiqué au ton particulièrement ferme. «Nous pensons, compte tenu de l'étendue et du caractère sensible de ces initiatives, que seuls des hauts responsables russes ont pu autoriser ces activités».

Le Kremlin a immédiatement qualifié ces accusations de «foutaise».

Fin juillet, le président Barack Obama n'avait pas écarté la possibilité que la Russie tente d'influencer le scrutin présidentiel en faveur du républicain Donald Trump. «Tout est possible», avait-t-il affirmé, peu après la fuite des courriels de hauts responsables du Parti démocrate qui avaient été publiés par le site WikiLeaks.

La candidate démocrate Hillary Clinton a, à plusieurs reprises, ouvertement évoqué ses craintes sur ce sujet.

«Tous les Américains devraient s'inquiéter du fait que le Russie soit prête à mener des actes hostiles pour aider Donald Trump à devenir président des États-Unis», a réagi vendredi soir John Podesta, son directeur de campagne. «Mais le pire dans cette histoire est l'attitude de Trump, qui laisse penser qu'il y est favorable».

Interrogé sur la nature de la réponse de la Maison-Blanche, un haut responsable américain a indiqué à l'AFP que les États-Unis choisiraient «le lieu et l'heure» pour répondre à la Russie.

«Le président a clairement indiqué qu'il prendrait les décisions nécessaires pour protéger nos intérêts, en particulier dans le cyberespace», a indiqué ce responsable sous couvert d'anonymat, précisant que cela se ferait dans la discrétion. «Le public ne devrait pas considérer qu'il sera nécessairement informé des actions que nous avons prises ou que nous allons prendre», a-t-il souligné.

L'administration américaine accuse notamment le gouvernement russe d'avoir «orchestré» les récents piratages de courriels de personnes et d'institutions américaines publiés sur les sites DCLeaks.com, WikiLeaks et Guccifer 2.0.

S'agissant des attaques sur les systèmes électoraux de différents États américains, Washington estime ne pas être en mesure de prouver qu'elles viennent du gouvernement russe, mais souligne qu'elles ont été perpétrées «dans la plupart des cas» à partir de serveurs russes.

L'administration Obama relève par ailleurs qu'une telle tentative d'immixtion dans les élections n'est pas nouvelle de la part de Moscou. «Les Russes ont déjà utilisé des tactiques similaires à travers l'Europe et l'Eurasie», souligne-t-elle.

Sujet sensible

Début septembre, le directeur de la police fédérale (FBI), James Comey, avait dit prendre «très au sérieux» le risque d'ingérence d'un pays étranger dans le processus électoral américain.

Il avait toutefois minimisé le risque d'attaques informatiques visant à perturber le comptage des votes le jour du scrutin, notamment du fait du caractère quelque peu vétuste et disparate du système de dépouillement américain.

Seize ans après l'imbroglio historique en Floride de la présidentielle opposant Al Gore et George W. Bush, le sujet reste extrêmement sensible aux États-Unis.

Washington et Moscou sont engagés dans un bras de fer sur le conflit syrien après l'échec de leurs dernières discussions visant à établir un cessez-le-feu dans ce pays ravagé par la guerre.

Le secrétaire d'État américain John Kerry a réclamé vendredi une enquête pour «crimes de guerre» visant le régime syrien et son allié russe après une nouvelle frappe contre un hôpital à Alep.

Obama a déjà voté

Le président américain, Barack Obama, a voté vendredi de façon anticipée pour l'élection visant à désigner son successeur à la Maison-Blanche. «Vous faites un travail formidable», a lancé M. Obama à l'attention des agents présents dans un bureau de vote de Chicago. Interrogé sur son choix, le président démocrate, qui multiplie les rassemblements de campagne en faveur d'Hillary Clinton, s'est contenté d'un sourire. L'ensemble des bulletins ne seront dépouillés que le jour de l'élection, le mardi 8 novembre. Le vote anticipé est en évolution aux États-Unis. Selon le bureau du recensement, seuls 10,5 % des électeurs avaient voté en avance en 1996. En 2012, c'est un tiers des bulletins de vote qui ont été transmis avant le jour J. AFP

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