Donald Trump admet qu'Obama est né aux États-Unis

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L'animateur du The Tonight Show Jimmy Fallon s'est amusé dans les cheveux de Donald Trump, jeudi soir.

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Ivan Couronne
Associated Press
Washington, États-Unis

Tentant de mettre fin à une invraisemblable controverse, Donald Trump a reconnu vendredi que le président Barack Obama était bien né aux États-Unis, un point final qu'il refusait d'apposer depuis des années et qui lui valait des accusations de racisme.

«Le président Barack Obama est né aux États-Unis, point final», a déclaré le candidat républicain à la Maison-Blanche dans une brève déclaration à Washington, alors que la polémique sur cette théorie du complot était revenue à la une jeudi dans une entrevue au Washington Post.

Depuis des années et jusqu'à jeudi soir, le milliardaire refusait absolument de reconnaître le fait, documenté, que Barack Obama est né à Hawaii, d'une mère américaine et d'un père kényan.

Il avait alimenté cette théorie du complot visant à délégitimer son élection en 2008, prenant la tête d'un mouvement dit des birthers considéré très largement comme raciste, puisque Barack Obama est le premier président noir des États-Unis. La Constitution est ambiguë, mais beaucoup estiment qu'elle stipule que le président doit être né sur le territoire.

L'absurdité du débat sur son lieu de naissance n'a pas amusé l'intéressé, alors que l'élection servant à désigner son successeur aura lieu dans 53 jours. «J'aimerais que l'élection présidentielle porte sur des sujets plus sérieux que celui-ci», a-t-il dit vendredi, consterné, depuis la Maison--Blanche où il rencontrait des élus pour parler du traité de libre-échange transpacifique.

Blâme sur le clan Clinton

Toute la presse politique a donc suivi, haletante, une interminable conférence de presse au nouvel hôtel Trump de Washington, où le républicain avait donné rendez-vous pour clarifier sa position.

Les chaînes d'information ont diffusé l'événement en direct, montrant d'anciens militaires défilant au podium pour louer le leadership du candidat, jusqu'à ce que le milliardaire prenne enfin la parole, sans répondre aux questions des journalistes.

Souhaitant apparemment avoir le dernier mot, il a répété le mensonge que c'était l'équipe d'Hillary Clinton en 2008 qui avait créé ces rumeurs sur Barack Obama.

«Hillary Clinton et sa campagne de 2008 ont commencé la controverse des birthers, j'y ai mis fin», a-t-il dit, une accusation maintes fois ridiculisée.

La candidate démocrate avait vu dans l'entrevue accordée jeudi par Trump au Washington Post l'occasion de raviver ses attaques sur le «racisme» du républicain, qui la rattrape dangereusement dans les sondages.

Il avait dit au quotidien dans cet entretien: «Je répondrai à cette question en temps voulu. Je ne veux pas encore y répondre.»

«Barack Obama est né en Amérique, c'est aussi simple que cela. Donald Trump lui doit, ainsi qu'aux Américains, des excuses», a tonné Hillary Clinton vendredi lors d'un discours devant une organisation de femmes noires à Washington, après avoir déjà dénoncé ses propos dès jeudi soir devant une organisation politique hispanique.

«Il n'y a pas de nouveau Donald Trump, il n'y en aura jamais», a-t-elle ajouté. «Imaginez quelqu'un, dans le Bureau ovale, qui propage des théories du complot et refuse de céder malgré les faits.»

Puis, décidant de capitaliser sur la controverse, elle l'a étrillé dans une série de messages sur Twitter, dont celui-ci : «Le mensonge birther est ce qui a transformé Trump de star ordinaire de téléréalité en personnalité politique. L'histoire de son origine ne peut pas être réécrite.»

Il faut remonter au premier mandat de Barack Obama pour trouver les racines de cette théorie du complot que Donald Trump, alors simple homme d'affaires et vedette de télévision, a défendue avec l'intensité qui est sa marque de fabrique.

La rumeur diffusée sur Internet avait pris tellement d'ampleur que M. Obama avait fini par publier son acte de naissance complet, lors d'une conférence de presse en 2011 - un geste que Donald Trump s'est félicité d'avoir forcé, mais qui n'avait jamais poussé le républicain à admettre lui-même que le président était légitime.

En 2012, il a même écrit sur Twitter que, selon une source à lui, l'acte de naissance complet était falsifié.

Les cheveux malmenés à la télé

Les cheveux de Donald Trump, une masse rigide d'un blond jaunâtre à l'air plutôt artificiel, ont été bien malmenés jeudi soir alors qu'il était invité au populaire Tonight Show de Jimmy Fallon. Après avoir fait son habituelle imitation de Donald Trump et lui avoir lancé toutes sortes de piques, l'animateur lui a demandé s'il pouvait faire quelque chose qu'il n'aurait peut-être plus jamais l'occasion de faire, si celui-ci était élu président en novembre. «Est-ce que je peux jouer avec vos cheveux?» a-t-il lancé, pour le plus grand plaisir du public de l'émission. Trump, d'abord dubitatif, a finalement accepté avec le sourire, et le présentateur s'est alors mis à lui ébouriffer les cheveux dans tous les sens, espérant découvrir que cette coiffure étonnante n'était pas réelle. Mais celle-ci a résisté, même si l'éventuel futur président s'est retrouvé très décoiffé pour la fin de l'émission. AFP

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