Sondages inquiétants pour Hillary Clinton

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La candidate démocrate, qui a repris sa campagne jeudi après trois jours de repos pour soigner sa pneumonie, s'est voulue sereine.

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Brigitte Dusseau
Agence France-Presse
Washington

À quelque 50 jours de l'élection présidentielle américaine, l'avance d'Hillary Clinton s'est évaporée dans les sondages, de quoi inquiéter le camp démocrate dont la candidate suscite de moins en moins l'enthousiasme chez ses partisans.

La moyenne des sondages depuis fin août ne la donne plus qu'à 1,8 point d'avance sur Donald Trump au niveau national, une chute de 4 points en deux semaines. Dans les états clés où se jouera l'élection, Donald Trump est désormais en tête dans l'Ohio (46% contre 41%) et dans la marge d'erreur en Floride (47% pour Trump, 44% pour Clinton), selon un sondage CNN-ORC.

La candidate démocrate, qui a repris sa campagne jeudi après trois jours de repos pour soigner sa pneumonie, s'est voulue sereine. «J'ai toujours dit que ce serait une élection serrée», a-t-elle déclaré. Mais signe de l'inquiétude démocrate, sa campagne a annoncé que son ancien adversaire Bernie Sanders, très populaire chez les jeunes, et la sénatrice Elizabeth Warren feraient campagne ce week-end pour elle dans l'Ohio.

«Nous avons eu un mois incroyable, il y a beaucoup d'enthousiasme», s'est pour sa part félicité Donald Trump.

Ce n'est pas la première fois que les deux candidats sont au coude à coude: cela s'était déjà produit brièvement fin mai, avant que Trump ne reperde du terrain.

Mais à moins de deux mois de l'élection, Mme Clinton suscite de moins en moins d'enthousiasme: seuls 38% des démocrates sont très enthousiastes, contre 47% en août, selon un sondage New York Times/CBS. Et quand 55% des électeurs de Trump se disent très enthousiastes à l'idée d'aller voter, ils ne sont que 36% dans le camp Clinton, alors que la mobilisation sera essentielle pour gagner.

Le site Five Thirty Eight, qui analyse sondages, données historiques et données économiques, donne désormais à Mme Clinton 60,1% de chances de gagner l'élection contre 39,8% à M. Trump. Le 8 août, Mme Clinton était 79,5% de chances de gagner, M. Trump à 20,5%.

Depuis, Donald Trump a changé son équipe de campagne, est devenu plus discipliné, son message s'est structuré et les insultes ont disparu. Sa nouvelle directrice de campagne Kellyanne Conway est très présente sur les plateaux de télévision.

«Il a eu deux bonnes semaines depuis son voyage au Mexique» au début du mois, commente Robert Shapiro, expert politique à l'université de Columbia à New York. «Il a rallié sa base, parle plus des sujets: politique étrangère, économie, famille. La barre pour lui n'est pas très élevée, mais il a progressé dans ses efforts pour apparaître plus présidentiel».

À l'inverse, Hillary Clinton, qui depuis des mois n'arrive pas à se dépêtrer de l'affaire de ses emails et des attaques de son adversaire républicain contre la Fondation Clinton, y a ajouté sa déclaration malheureuse sur les électeurs «pitoyables» de Trump. Et «elle n'a pas géré sa pneumonie de la meilleure façon» dit M. Shapiro. Son silence initial a selon lui confirmé «la perception des électeurs qu'elle n'était pas franche».

Les démocrates «ont de quoi s'inquiéter», estime-t-il, tout en ajoutant que Mme Clinton a encore de «nombreuses façons de gagner le collège électoral».

L'élection présidentielle américaine est un scrutin indirect où les sondages nationaux ne sont pas les plus importants.

Les électeurs votent pour des «grands électeurs» (le collège électoral) dont le nombre varie selon les états. Il faut à un candidat la majorité de ces grands électeurs (270 sur 538) pour l'emporter.

Certains pèsent beaucoup plus que d'autres, et peuvent même faire basculer le résultat. Parmi eux, la Floride, l'Ohio, la Pennsylvanie et la Caroline du Nord.

Premier débat crucial

Face aux sondages, l'approche du premier débat présidentiel le 26 septembre, crucial, n'est pas forcément une bonne nouvelle pour les démocrates, même si Mme Clinton, ancienne sénatrice, ancienne secrétaire d'Etat et candidate pour la deuxième fois à la présidence, est rompue à l'exercice.

«Historiquement, dans ces premiers débats, le président sortant, ou le candidat en tête, tendent à faire moins bien que l'aspirant», explique Robert Shapiro. «La barre est plus haute pour elle que pour Trump», pour lequel les attentes sont basses, ajoute-t-il.

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