Commerce Canada-États-Unis: l'imprévisible Trump ou la girouette Clinton?

Hillary Clinton a prononcé une allocution lors d'une... (AP, Cliff Owen)

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Hillary Clinton a prononcé une allocution lors d'une réception donnée par l'Asian Pacific American Institute for Congressional Studies (APAICS) à Washington, mercredi.

AP, Cliff Owen

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(Québec) Le commerce entre le Canada et les États-Unis se porterait-il mieux sous la présidence de Donald Trump ou de Hillary Clinton? Mercredi, trois experts ont regardé dans leur boule de cristal, à l'invitation du Cercle finance, à Québec. Ils n'ont pas vu un scénario catastrophe. Mais pas exactement un pique-nique sur l'herbe non plus.

Le républicain Donald Trump ou la démocrate Hillary Clinton? Peu importe le vainqueur, au soir du 8 novembre, il est possible que le commerce avec les États-Unis traverse une zone de turbulence.

Richard Ouellet, professeur de droit international à l'Université Laval, estime qu'une présidence Trump se révélerait particulièrement imprévisible. Après tout, Monsieur a qualifié de «désastre» l'accord de libre-échange nord-américain [ALENA]. Et juste au cas où il n'aurait pas été bien compris, il l'a décrit comme le «pire traité de l'histoire des États-Unis».

Donald Trump n'est guère plus tendre avec le Partenariat transpacifique (PTP), cet accord qu'il juge «horrible» et que «personne n'a pris la peine de lire». Mais remarquez, ça ne l'empêche pas de se décrire comme un ardent partisan du libre-échange. «Le problème, pour lui, ce sont les négociateurs», explique M. Ouellet. «Il voudrait des gens [plus] intelligents pour négocier.»

À première vue, la démocrate Hillary Clinton semble plus prévisible. Mais elle change si souvent de position, au gré des circonstances, qu'on ne sait plus trop. Quand elle était première dame des États-Unis, durant les années 90, Mme Clinton approuvait l'ALENA. Mais en 2008, alors qu'elle visait la présidence, elle voulait «renégocier» l'accord.

Même chose pour le Partenariat transpacifique. «[Au début], elle défendait l'accord, explique le professeur Ouellet. Puis, à partir de 2015, elle a jugé qu'il ne fournissait pas la protection nécessaire aux travailleurs américains.»

Le républicain Donald Trump a qualifié de «désastre»... (AFP, Jewel Samad) - image 2.0

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Le républicain Donald Trump a qualifié de «désastre» l'accord de libre-échange nord-américain [ALENA]. 

AFP, Jewel Samad

Le mur

Du côté canadien de la frontière, l'élection présidentielle de 2016 soulève beaucoup d'intérêt. D'inquiétude aussi. Selon un récent sondage réalisé par Forum Poll Research, les Canadiens se méfient tout particulièrement de Donald Trump. Même les électeurs conservateurs font davantage confiance à Hillary Clinton.

Reste que l'intérêt n'est pas toujours réciproque.

«Soyons honnêtes. Le Québec et le Canada ne sont pas très présents dans la campagne présidentielle», concède Frédérick Gagnon, directeur de l'observatoire des États-Unis à la Chaire Raoul-Dandurand. M. Gagnon rappelle que le gouverneur du Wisconsin, Scott Walker, a pu évoquer sérieusement la construction d'un mur le long de la frontière canado-américaine.

Un projet complètement loufoque de 8800 kilomètres, accueilli dans l'indifférence générale...

Au passage, Frédérick Gagnon identifie des enjeux qui touchent directement le Québec. C'est le cas notamment au New Hampshire, où Hydro-Québec veut faire passer une ligne de transmission dans les Montagnes blanches. «L'ouvrage va sans doute constituer un enjeu électoral, annonce-t-il. Lors d'un débat au New Hampshire, M. Trump s'est prononcé [pour]. Mais il n'avait pas trop l'air de savoir de quoi il s'agissait...»

Candidats impopulaires

Le politologue Louis Balthazar rappelle que l'élection de 2016 apparaît tout à fait unique. «Il faut remonter loin dans le temps pour retrouver deux candidats à la présidence aussi impopulaires, assure-t-il. Environ 54 % des Américains n'ont pas une bonne opinion de la démocrate Hillary Clinton. Et pas moins de 65 % ont une opinion défavorable du républicain Donald Trump.»

«Les deux candidats vont [forcément] miser sur l'impopularité de l'autre, prédit M. Balthazar. Ce sera une campagne de salissage comme on en a rarement vu.» Pour l'instant, il estime que Hillary Clinton possède l'avantage. Mais la démocrate devra surmonter son image de politicienne de carrière, qu'elle traîne comme un boulet. «Le paradoxe, c'est que les gens qui veulent être élus à Washington doivent se vanter de n'y être jamais allés», plaisante-t-il.

Pour Louis Balthazar, la montée du «populiste» Donald Trump traduit une énorme impatience envers la politique. Et les Québécois auraient tort de se croire à l'abri du phénomène. «Un courant aussi fort que le trumpisme va nous rejoindre, prédit-il. Même si Donald Trump perd les élections.»

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