Le conte à relais: un Noël sans patates en poudre (3)

La période des Fêtes en est une de partage, de fantaisie, mais aussi... (Illustration Mario Lacroix, Le Quotidien)

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Illustration Mario Lacroix, Le Quotidien

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Conte à relais

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Roger Blackburn
Le Quotidien

La période des Fêtes en est une de partage, de fantaisie, mais aussi d'introspection. Dans cet esprit, les journaux de Groupe Capitales Médias vous proposent un conte, publié en six volets, qui saura vous faire sourire, mais aussi réfléchir. Signés de la main de journalistes de nos six journaux, les chapitres de ce conte à relais, illustrés par nos caricaturistes, vous feront voyager à coup sûr. Bonne lecture!

TROISIÈME DE SIX

À peine avait-il trouvé sommeil, épuisé par son déménagement, Fernand entend des bruits dans le corridor au premier étage du manoir; on frappe à sa porte. Renée, dans la chambre d'à côté, trouve que son nouveau voisin mène beaucoup de train. Elle ouvre la porte de sa chambre pour voir d'où vient ce boucan inhabituel.

Devant sa porte se dresse Carolanne, sa fille, déguisée en lutin, qui lui tend la main. «Viens, les lutins ont envahi le manoir, on est venu mettre le désordre.» L'aînée, surprise, étonnée, se laisse tirer à travers la porte et voit son nouveau voisin, Fernand, qui laisse pousser son fauteuil roulant par un lutin en soufflant dans un sifflet serpentin comme ceux qu'on utilise dans les fêtes d'enfant.

Renée suivait sa fille d'un pas lent, vêtue de son nouveau peignoir, en tenant la main de Carolanne avec ses deux mains collées sur son coeur alors que derrière suivait Juliette avec sa marchette, Roland sans ses dents et Georgette en jaquette de flannelette, tous accompagnés de lutins avec leur chapeau à grelots. Regards curieux et grands sourires illuminaient le visage des pensionnaires qui se sentaient rassurés en voyant des membres du personnel avec une flûte de champagne à la main qui les invitaient dans la salle à manger.

Le cortège de résidents est accueilli par des chansons «trad» de La Bottine souriante et des vieux classiques du jour de l'An chantés par Oscar Thiffault, La Bolduc, Le soldat Lebrun, La famille Soucy et Gilles Vigneault. Un buffet gastronomique les attendait avec du gravlax de saumon, du tartare de cerf, un pain sandwich au homard, du crabe des neiges, de la terrine de lapin, du foie gras, du canard laqué, des sushis, un buffet royal préparé généreusement par les plus grands chefs et restaurateurs de la ville.

Les yeux des résidents brillaient à faire rougir les étoiles quand les lutins leur versaient des coupes de champagne. Et pas un vulgaire mousseux, s'il vous plaît! Des Veuve Clicquot offerts généreusement par le fils de Georgette, un homme d'affaires bien connu dans le milieu pharmaceutique. Renée n'en revient pas; elle croyait que c'était un exercice d'évacuation en entendant tout ce bruit en fin de soirée. Les résidents sont invités à lever leur verre à la confrérie des lutins qui sont venus mettre du désordre dans leur résidence, et Renée en profite alors pour faire connaissance avec Fernand, son nouveau voisin de chambre, à la fois déboussolé et fort heureux de découvrir son nouveau milieu de vie.

«Un verre de champagne et du foie gras, ça fait différent des bouillons de légumes pas salés, des patates en poudre, du thé en poche avec des biscuits secs et du ''blanc-mange''. Du foie gras, c'est du bon manger mou», dit-il à la blague pendant que l'invité surprise, André Lejeune, se pointe comme dans le temps des Soirées canadiennes pour pousser une gigue et une couple de chansons à répondre. Les aînés se laissent aller, à pas lents tout de même, pour swigner la compagnie au rythme d'un set carré callé par l'animateur. Les lutins s'en donnent à coeur joie, invitant le personnel à tenter une petite gigue sur le reel Les Éboulements pendant que le lutin Nicolas, professeur de danse à claquettes, tape du pied pour épater la galerie.

Tous connaissent les paroles de Dans nos vieilles maisons: «Si vous voyagez un brin du côté de Saint-Quentin, dites bonjour à mes parents, qui habitent le 5e Rang...» C'est fou et invraisemblable comme ambiance; les aînés se laissent entraîner comme dans un rêve, se prêtant au jeu de l'instant une fois informés de la raison de ce moment magique. Ce fut de courte durée, mais très intense pour la cinquantaine de personnes impliquées dans la fête.

La période des Fêtes en est une de partage, de... (Infographie Le Soleil) - image 2.0

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Infographie Le Soleil

La vingtaine d'étudiants en gérontologie de l'Université du Québec avait choisi le manoir de Renée pour livrer une expérience psychosociale sur la réaction des aînés devant une surprise collective pendant les Fêtes. La directrice de la chaire de recherche, Catherine, est une amie de Carolanne, et ils ont concocté ce projet ensemble avec la complicité de la direction du manoir. Les étudiants prennent soin de recueillir les commentaires des résidents avant de les reconduire à leur chambre. Étonnamment, ceux-ci ne sont pas trop fatigués de cette fin de soirée agitée, les discussions se poursuivent une partie de la nuit pendant que le personnel et les futurs gérontologues terminent le copieux buffet.

Le lendemain réservait d'autres surprises à Renée.

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