Carnaval 2015: les locaux ont boudé la fête

Le directeur général par intérim du Carnaval de... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Le directeur général par intérim du Carnaval de Québec, Yann Latouche, entend donner un sérieux coup de barre afin d'éviter un autre déficit lors des prochaines éditions de la fête d'hiver. Plusieurs chantiers sont en cours, dont la révision de la formule des duchesses et des rues carnavalesques, la création d'une nouvelle activité «importante» sur les Plaines et la bonification des avantages liés à l'effigie.

Le Soleil, Yan Doublet

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Bonhomme invite la population à s'amuser, du 30 janvier au 15 février 2015. »

(Québec) La clientèle locale n'a pas été au rendez-vous du Carnaval de Québec cette année. Celle-ci a diminué de près du tiers par rapport à l'édition précédente, faisant du même coup chuter les revenus de façon importante et replonger l'organisation dans le rouge. Le directeur général par intérim, Yann Latouche, jure que c'est la dernière fois que la fête d'hiver encaisse un déficit puisqu'il entend lui donner un sérieux coup de barre.

Il a fait un froid de canard pendant les premiers mois de 2015. Mais la baisse du mercure n'explique pas tout, consent le nouveau dg de 37 ans en présentant au Soleil les chiffres peu réjouissants du dernier exercice financier du Carnaval. La vente de 76 000 effigies a rapporté un peu moins de 950 000 $, contrairement à 2014 où celle-ci a totalisé plus de 1 100 000 $ pour 92 000 unités écoulées.

En termes d'achalandage, 419 770 personnes ont rendu visite à Bonhomme au cours des deux semaines de l'événement, soit 100 230 de moins que lorsque celui-ci a soufflé ses 60 bougies l'année précédente. Selon l'organisation, c'est surtout la clientèle locale, soit celle qui habite à moins de 40 kilomètres, qui a boudé les différentes activités carnavalesques. Par rapport à 2014, cela représente une baisse de 30 % alors que la direction se targuait l'an dernier d'avoir renoué avec les festivaliers du coin grâce à une hausse de leur participation de 33 %. Ceux provenant de «l'extérieur» ont cependant été plus nombreux dans une proportion de 2 %.

Le Carnaval de Québec doit ainsi composer avec un déficit d'exploitation de 619 149 $ après avoir encaissé un surplus de 48 997 $ en 2014. Il se retrouve donc à la case départ puisqu'en 2013, il avait écrit un budget à l'encre rouge de la même teneur. Son ancien président, Denis Simard, avait aussi promis de donner un nouveau souffle à la fête en orchestrant notamment le retour des duchesses et en ramenant le palais de Bonhomme devant l'hôtel du Parlement. Les nouvelles «rues carnavalesques» visaient quant à elles à décloisonner l'événement pour que les gens de Québec se le réapproprient.

Fierté locale

Yann Latouche tient sensiblement le même discours, évoquant souvent la «fierté locale» avec laquelle le Carnaval doit à tout prix renouer. Et pour lui, plus question de se retrouver une nouvelle fois dans la colonne des moins. «C'est fini les déficits», lance l'ex-directeur général du Dagobert qui a d'abord été chargé du marketing de l'organisation l'hiver dernier.

Plusieurs chantiers sont en cours, dont celui de procurer aux détenteurs de l'effigie une multitude d'avantages grâce à de nouveaux partenariats avec entre autres des commerces et des restaurants, et ce, «un peu comme une carte privilège», illustre M. Latouche. «Il faut que l'effigie devienne un achat automatique», que les gens de Québec n'y pensent même plus et se la procurent d'emblée chaque année, poursuit celui qui est convaincu que les revenus autonomes représentent le nerf de la guerre du financement.

Les duchesses seront quant à elles de retour, mais la formule sera revue afin notamment qu'elles n'aient pas à bâtir un projet de A à Z et arrivent déjà épuisées au lancement du Carnaval. «Nous n'avions pas nécessairement le meilleur des modèles», admet Yann Latouche pour tenter d'expliquer la baisse importante du taux d'inscription à leur deuxième participation en autant d'années. «Il faut aller ailleurs», ajoute-t-il sans préciser où alors qu'un comité a été formé pour y réfléchir. Une table ronde a aussi été organisée pour revoir les rues carnavalesques qui faisaient grogner plusieurs sociétés de développement commerciales (SDC).

Nouvelle activité

Une nouvelle activité «importante» est prévue sur les plaines d'Abraham. Le dg préfère garder le secret le temps de trouver le financement, mais promet quelque chose de «très actuel» qui attirera l'attention. M. Latouche veut aussi plus d'activités ponctuelles et en finir avec les trous du mardi et du mercredi dans la programmation. Il mijote une idée de parcours gourmand «nordique», celle de donner une thématique au concours international de sculpture sur neige qui reviendra assurément et de rendre la visite du palais de Bonhomme interactive. Il a par ailleurs entamé des démarches afin d'embaucher une firme externe pour revoir la structure et les finances de l'organisation.

«Les attentes sont grandes», admet le trentenaire qui ne chômera pas avec le pain qu'il a sur la planche. Yann Latouche se dit déterminé mais surtout là pour rester.

L'effigie sera de nouveau fabriquée au Québec

Le Carnaval de Québec semble avoir compris la leçon : il ne faut pas délocaliser la fabrication de l'effigie. Après le tollé soulevé l'automne dernier lorsque l'organisation a confié à une entreprise en Chine la confection du laissez-passer 2015, le directeur général par intérim, Yann Latouche, assure que cette année, les gens de Québec seront à nouveau fiers. La coopérative Promo Plastik de Saint-Jean-Port-Joli avait depuis 25 ans le contrat de la fabrication des effigies en forme de Bonhomme miniature avant que l'organisation de la fête d'hiver décide de le donner à une autre compagnie dont les fournisseurs étaient situés en Chine.

Bien que le Carnaval soit toujours en appel d'offres, Yann Latouche dit travailler afin de «raviver la fierté des gens de Québec». Le directeur général de Promo Plastik, Serge Kirouac, confirme qu'il soumissionnera et que l'organisation semble bel et bien résolue à ne plus quitter les frontières de la province pour ce contrat. Une décision qu'il qualifie de «très bonne nouvelle».

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