Ouache, un arbre?

La nature en ville, même si ce n'est... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

La nature en ville, même si ce n'est que quelques arbres, a un effet bénéfique pour tous.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marc Allard
Le Soleil

(Québec) CHRONIQUE / À quoi servent les arbres en ville, si ce n'est qu'à grignoter des stationnements?

Depuis que j'ai entendu le candidat à la mairie de Québec, Jean-François Gosselin, se plaindre que la Ville veuille planter ces grands végétaux au détriment du parking sur la rue Maguire, j'avoue que je me pose la question.

Les verts sont prompts à nous dire que les arbres réduisent la pollution de l'air et contribuent à lutter contre le réchauffement climatique.

Mais M. Gosselin et les gars de Radio X savent bien que ces raisons-là sont fausses et font partie du grand complot des «environnementeurs» pour faire chier les automobilistes. 

Alors, j'ai fait ma petite recherche, et j'aimerais leur suggérer une raison plus égoïste de planter des arbres en ville : les gens adorent la nature.

C'est vrai, tout le monde aime vivre près d'elle ou, du moins, en posséder un morceau dans sa cour. Les citoyens tapissent leurs terrains de gazon, cultivent des jardins, font pousser des fines des herbes sur leurs balcons, fleurissent leurs plates-bandes. 

Cet attrait pour la nature se reflète aussi dans les prix de l'immobilier. Si tu veux une propriété près d'un lac, d'une rivière ou d'un grand parc, ça te coûte beaucoup plus cher. Ce n'est pas pour rien qu'à New York, par exemple, les ultra-riches ont le monopole des fenêtres sur Central Park. 

D'ailleurs, que font les gens de la ville la fin de semaine? Ils s'échappent dans la nature. Ils vont faire de la randonnée en montagne, piquent leurs tentes dans les campings, pagaient sur les rivières, escaladent des rochers, dévalent les pentes enneigées, chassent l'orignal, pêchent la truite. 

Et quand ils reviennent le dimanche, ils regardent Planète Terre à Découverte

***

En 1986, l'éminent biologiste américain Edward O. Wilson a publié un livre intitulé Biophilia. Son bouquin a popularisé l'hypothèse de la «biophilie», selon laquelle l'être humain a un besoin affectif inné d'être en contact avec les autres organismes vivants.

Notre espèce a passé presque toute son existence dans la savane africaine. L'humain a évolué dans la nature, parmi les arbres et les animaux. Et ce n'est que relativement récemment qu'il habite en tapon dans les villes, entouré de semblables et de chars.

Or, même installé dans une ville comme Québec, il reste «biophile», et ça lui apaise l'esprit d'être en contact avec la nature. 

Dans son livre How Pleasure Works, le psychologue Paul Bloom cite plusieurs études qui vont en ce sens. Il explique que, même de petites doses de nature, comme la possibilité de la regarder par une fenêtre, favorisent la santé physique et mentale.

«Les patients hospitalisés guérissent plus vite ; les prisonniers sont moins souvent malades ; passer du temps avec un animal améliore les vies de tout le monde, des enfants autistes aux patients [atteints] d'Alzheimer», écrit Bloom, un Montréalais devenu professeur à la prestigieuse Université Yale, aux États-Unis.

M. Gosselin est sûrement sensible aux bénéfices psychologiques de la fréquentation faunique. Il est directeur général de la Clinique familiale Amis-Maux, qui offre entre autres des services de «thérapie assistée par l'animal» avec, par exemple, chien, chat, furet, lapin, cochon dingue ou tourterelle. 

Étrangement, il ne semble pas avoir saisi à quel point la flore aussi fait du bien. Même si c'est juste quelques arbres de plus plantés sur la rue Maguire...

***

Courrier du samedi

Bon, ça fait longtemps que je voulais le faire, et c'est aujourd'hui que ça commence. Vous êtes nombreux chaque semaine à m'écrire, et je me suis dit que, de temps en temps, ce serait bien que vous puissiez lire vos commentaires éclairants.

En voici quelques-uns que j'ai reçus, la semaine passée, à la suite de ma chronique sur les excuses qu'on se donne pour ne pas bouger. 

«Je m'entraîne depuis de nombreuses années et j'ai réussi à être disciplinée quand j'ai arrêté de me questionner sur ''J'y va-t-y? J'y va-t-y pas?»'' [au gym]. À partir du moment où j'ai bloqué cette foutue question, je me suis mis à développer une philosophie du genre ''un peu vaut mieux que rien du tout'' et ''l'entraînement, c'est comme la vie, y des journées meilleures que d'autres...'' Et voilà! J'ai 64 ans et je continue à avoir du plaisir!»

- Carmen Roussel

«Un petit mot en ce samedi pluvieux pour vous dire que j'ai adoré votre article sur le sport et nos excuses plates pour ne pas agir! Ça m'a donné le goût d'aller au gym ce matin...même si je me suis couchée tard, qu'il pleut et que je pourrais facilement reporter à demain!!!»

- Jade Bernier

«Si j'arrive à faire de l'exercice intensif deux ou trois fois par semaine, c'est que j'ai choisi une activité physique qui me passionne : garder les buts. J'ai longtemps essayé de faire du vélo, mais si j'ai accumulé 1000 km en 20 ans, c'est beau! En vérité, je n'aime pas vraiment rouler sur deux roues, ça m'ennuie. Mais garder les buts, ah ça, je ne me lasse jamais, même après 40 ans. J'en mange! Et c'est un exercice qui fait bouger le corps tout entier... avec une armure de près de 50 livres sur le dos.»

- Gilles Levasseur




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer