Trump et Narcisse

Le verdict de quelques-uns des plus grands psychologues... (AFP, David Kohl)

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Le verdict de quelques-uns des plus grands psychologues américains est unanime: Donald Trump a un trouble de la personnalité narcissique.

AFP, David Kohl

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Marc Allard
Le Soleil

CHRONIQUE / L'an dernier, le magazine Vanity Fair a révélé un des secrets les mieux gardés de Donald Trump - un secret que le candidat à la présidence américaine ignorait sans doute lui-même.

Le journaliste Henry Alford ne cherchait pas à obtenir les déclarations d'impôt du milliardaire ni des extraits de ses conversations misogynes. Non, il voulait répondre à une question que tout le monde se pose encore aujourd'hui, alors que les scandales continuent de s'empiler et que Trump se brouille avec son propre parti : c'est quoi son maudit problème? 

Bien sûr, l'homme qui promet de redonner à l'Amérique sa grandeur ne se serait jamais abaissé à aller voir un psy. Alors, Alford a demandé à quelques-uns des plus grands psychologues américains une chose qui leur est interdite, c'est-à-dire de poser publiquement un diagnostic sur une personne qu'ils n'ont jamais examinée.

En temps normal, le journaliste se serait cogné le nez à des refus systématiques. Mais les psys semblaient si inquiets à l'idée que l'empire Trump s'étende à la Maison-Blanche qu'ils étaient prêts à faire une entorse à leur code d'éthique. 

Leur verdict a été unanime : Donald Trump a un trouble de la personnalité narcissique. 

«Remarquablement narcissique», a précisé le psychologue développemental Howard Gardner. «Un exemple digne d'un manuel», a dit le psychologue clinicien Ben Michaelis. «Il est facile à diagnostiquer», a ajouté la psychothérapeute Charlotte Prozan. 

Le psychologue clinicien George Simon, qui donne des conférences et des séminaires sur les comportements manipulateurs, ne pouvait pas être plus d'accord. «C'est tellement un cas classique que j'archive des clips vidéo de lui pour les utiliser dans des ateliers, car il n'y a pas de meilleur exemple de ces caractéristiques, a-t-il dit. Sinon, j'aurais dû embaucher des acteurs et écrire des vignettes. Il est comme un rêve devenu réalité.»

On a tous déjà croisé quelqu'un de narcissique, le genre qui s'aime beaucoup trop. Narcissique vient du Narcisse de la mythologie grecque, un type qui s'aimait tellement qu'il est mort noyé dans l'étang où il regardait son reflet. 

Mais lorsqu'un gars ou une fille a un trouble de personnalité narcissique, on est dans la pathologie.  

À la base, les gens qui ont des troubles de la personnalité (il y en a 10 sortes) ont des pensées et des comportements inflexibles et envahissants qui dévient nettement de ce à quoi on peut s'attendre d'un monsieur ou d'une madame Tout-le-monde dans notre culture, selon le DSM, le manuel qui permet aux psys de diagnostiquer des troubles de santé mentale.  

Ceux qui, comme «le Donald», sont trempés dans la version narcissique se distinguent essentiellement par un sentiment démesuré de leur importance, un besoin d'admiration excessif et un énorme manque d'empathie. 

Vous ne souffrirez sans doute jamais de la présence de Trump dans votre entourage. Mais comme le trouble de la personnalité narcissique touche environ 1 % de la population, il y a tout de même une possibilité qu'un de ses semblables - surnommés les «TPN» - vous pourrisse la vie un jour. 

Grâce à Trump, vous allez être capable de les reconnaître. Et seulement pour ça - seulement -, on peut le remercier.  

Voyons voir de plus près. Les TPN se trouvent donc très, très importants. Ils surestiment leurs habiletés et gonflent leurs accomplissements : «Donald J. Trump est la définition même du succès à l'américaine, toujours là pour définir les standards d'excellence en affaires, en immobilier et en divertissement», peut-on lire en guise d'introduction sur son site officiel. 

Les TPN entretiennent aussi beaucoup de fantaisies de succès, de puissance, de beauté et d'amour idéal. Ils ruminent sur l'admiration qu'ils tardent à recevoir et se comparent volontiers aux gens célèbres. Ils pensent qu'ils ne peuvent être compris que par des gens de haut rang et estiment que les gens ordinaires ne peuvent rien comprendre à leur sort. 

Comme ils s'attendent à un traitement de faveur, ils n'ont souvent aucun scrupule à exploiter les autres. Ils exigent un dévouement complet et sont prompts à vous dénigrer dès qu'ils n'ont plus besoin de vous. 

Combien d'anciens collaborateurs détestent aujourd'hui Trump et sont prêts à dire publiquement à quel point c'est un salopard? Chaque jour, on dirait qu'un nouveau volontaire apparaît dans les médias. 

Jusqu'à maintenant, Trump a toujours réussi à s'en sortir et à protéger son reflet dans l'étang. Quitte à ne pas payer ses impôts ou ses employés, à intimider des collègues et à salir des réputations, à harceler des femmes et à traiter tous les journalistes qui osent le questionner de «malhonnêtes». 

Peu importe. «Je suis un roi!» répète-t-il.

Dans Vanity Fair, le journaliste Alford s'est amusé à demander aux psychologues ce qu'ils feraient de Trump s'il se pointait dans leur bureau. 

«La plupart des narcissiques ne sollicitent pas de traitement à moins que quelqu'un menace de leur ravir quelque chose», a expliqué l'un d'eux. «Il faut qu'il y ait une conséquence significative pour qu'il vienne.» 

Donald Trump trouvera peut-être enfin une raison le 8 novembre.

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