La vie, la mort, la vie

En vendant des bijoux qu'elle avait fabriqués, des... (Photothèque le Soleil, Patrice Laroche)

Agrandir

En vendant des bijoux qu'elle avait fabriqués, des petites bouteilles qu'elle avait décorées et des tableaux qu'elle avait  peintes, Josée espérait remettre 500 $ à la Fondation de l'Institut de cardiologie et de pneumologie de Québec. Son don a finalement été de 1510,30$.

Photothèque le Soleil, Patrice Laroche

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) CHRONIQUE / Ça fait un bout de temps que je ne vous ai pas donné des nouvelles de certaines de mes chroniques, de ce qui se passe après. Voici. Des fois ça finit bien, des fois pas.

Salut, monsieur Marc

Vous vous souvenez de monsieur Marc? Je vous en ai parlé le 14 octobre, la chronique s'appelait «Heureux comme un concierge», parce qu'il était concierge et qu'il était heureux. Il était. Monsieur Marc est entré au travail le matin du 10 janvier, à l'école de mes deux garçons, avec le même sourire que tous les matins. Il s'est senti fatigué, est reparti chez lui pour se reposer un peu, pour revenir en forme. Il n'est jamais revenu. Il a été retrouvé allongé dans son sofa, comme s'il dormait. 

Avec ce même sourire. 

Je lui avais demandé s'il envisageait, à 61 ans, de prendre sa retraite. Monsieur Marc ne pensait pas à la retraite, il voulait vadrouiller tant que son corps le lui permettrait. «J'aime trop ça! L'ambiance est tellement chaleureuse. Je ne travaille pas ici, je m'amuse. L'été, je travaille... et j'ai juste hâte que l'école recommence! Ça ne m'est pas arrivé encore de me lever un matin et de ne pas avoir le goût de rentrer travailler...» 

Son corps l'a arrêté net, la moppe est restée en plan. Et l'ambiance à l'école, je vous laisse imaginer.

Le vide est aussi grand que son coeur l'était.

Dans ma chronique d'octobre, je vous disais que ça faisait un bout que je voulais vous parler de lui, combien il aimait les enfants, comment il avait travaillé toute sa vie sur de gros chantiers, qu'il avait géré des millions et qu'il en avait eu assez. Qu'il avait tout laissé pour travailler de ses mains, qu'il avait choisi d'être le concierge de cette école. 

Un peu plus et vous ne l'auriez jamais connu.

Ce qu'il faut retenir? Qu'il ne faut pas attendre à demain. Au cas où.

La nouvelle chambre de Katou

Une semaine après vous avoir parlé de monsieur Marc, je vous ai raconté l'histoire de Katia, la petite dernière de Chantal Nicol, née avec une maladie qui n'a pas de nom, mais qui fait que, à 10 ans, «elle aime les jouets qui font de la lumière et de la musique. Elle ne comprend ni oui ni non. Elle fouille partout, il faut barrer le frigo. Elle ne nous regarde pas, ne nous sourit pas, ne nous reconnaît pas.»

Elle ne dit ni «papa» ni «maman».

Je vous ai parlé d'elle parce qu'il lui faut une nouvelle chambre et une nouvelle salle de bain, et que le Programme d'adaptation de domicile (PAD) ne paye que la moitié des 40 000 $ nécessaires. Le cousin du mari de Chantal a eu l'idée d'une campagne de sociofinancement, Chantal a accepté même si elle n'aime pas étaler ses malheurs.

Elle a accepté de me raconter son histoire.

Plein de gens ont été touchés par Katou, ils ont donné sur GoFundMe, un électricien a proposé ses services, un poseur de céramique aussi, une compagnie a offert les armoires de la salle de bain. Une fondation a décidé de ramasser de l'argent pour aider la famille. L'animateur de radio «Marto [Napoli] nous a pris sous son aile et a demandé à ses soldats de donner du temps ou matériel.»

Une dame a donné, de façon totalement anonyme, 10 000 $.

Mais les travaux n'ont pas commencé. «On était rendus à l'étape d'avoir les plans et devis pour pouvoir aller en soumission. Et à mon grand désarroi, on ne les a pas encore.» Chantal attend le go du PAD. «Ça fera trois ans en mai qu'on a fait la demande...»

Josée a triplé la mise

Josée Morel a eu un cancer, détecté in extremis deux jours après avoir fêté ses 70 ans, elle doit la vie au chirurgien Jocelyn Grégoire qui est allé voir si la tumeur était vraiment inopérable. Elle ne l'était pas. Au lieu de faire de la chimiothérapie palliative, elle fait de la chimiothérapie préventive. «Ils veulent s'assurer qu'il n'y a pas de métastases ailleurs. J'ai quatre séances de trois traitements de chimio et, ensuite, de la radiothérapie.»

Je l'ai rencontrée au début septembre, elle n'avait que de bons mots pour l'équipe d'oncologie de l'Hôpital Laval. «Quand on passe des bouts difficiles, ils prennent le temps de nous écouter, de nous expliquer. Ils nous préparent à ce qui s'en vient, comme les cheveux qui tombent. Ils prennent tous les rendez-vous pour nous, ils inscrivent les dates et les heures, on sait où on s'en va un mois à l'avance.»

Josée a eu le goût de leur dire merci, à sa façon, en faisant des bijoux, en décorant de petites bouteilles, en peignant des tableaux. Et en les vendant. Josée a appelé sa fondation «J'aimerais te dire», elle visait un don de 500 $ pour la Fondation de l'Institut de cardiologie et de pneumologie de Québec.

Elle m'a écrit la semaine dernière, il y avait une photo avec son message, elle est posée derrière un gros chèque.

Le montant? 1510,30 $.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer