#JamaisTropTôtPourSensibiliser

M. a mis sur pied à son école... (Photo 123rf/dolgachov)

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M. a mis sur pied à son école un club pour sensibiliser les jeunes aux effets dévastateurs de l'intimidation.

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(Québec) CHRONIQUE / «M. qui revient de l'école hier et qui est ébranlée après avoir vu un garçon de sa classe de troisième année se faire écoeurer par deux autres élèves.

- J'avais le motton.

- Et qu'est-ce que tu as fait?

- Ben, rien.

- Et c'était la première fois que tu étais témoin de ça?

- Non, il se fait souvent écoeurer.

- Bon, et tu crois qu'il y a moyen de faire cesser ça?

Ce soir, M. est revenue de l'école en me racontant avoir présenté avec une amie un projet d'escouade anti-intimidation pour, dit-elle, «inviter les gens à dénoncer les petites paroles blessantes qui peuvent briser des vies». Et la classe a embarqué. #Fière #JamaisTropTôtPourSensibiliser.»

La mère de M. est une collègue, et une amie, elle a partagé cette histoire sur Facebook il y a deux semaines et j'ai trouvé ça beau. Pas parce que c'est une collègue et une amie, parce que c'est une fille de huit ans qui a décidé de ne pas rester les bras croisés. 

Qui a voulu faire une différence.

J'ai parlé à M. la semaine dernière, je voulais qu'elle me raconte son histoire. «On était dans un cours, le petit gars qui était intimidé était assis. J'ai manqué le premier bout, mais j'ai entendu un gars lui dire qu'il était con, un autre a dit qu'il était d'accord avec ça. Le gars qui était intimidé se sentait mal à l'aise, il a dit : "Je le sais"...»

M. a figé.

Après la discussion avec sa mère, elle a décidé de prendre le taureau par les cornes. «J'ai fait une présentation pour expliquer que, quand je vois une personne qui se fait intimider, je n'aime pas ça. J'ai parti le club aussi pour sensibiliser les élèves. On est deux organisatrices, moi et une de mes amies.»

Le club a dépassé les frontières de la classe, elle a eu une quarantaine d'inscriptions.

- On a fait des affiches.

- Ça disait quoi?

- Non à l'intimidation. Dénoncez l'intimidation.

Les élèves les ont posées un peu partout dans l'école, mais ils ont dû les retirer, faute d'avoir obtenu la permission à la direction. Ironiquement, c'est la personne responsable de la gestion des conflits entre élèves qui a mis le holà.

Misère.

Plusieurs élèves ont tout de même eu le temps de laisser leur nom sur les affiches du club, comme quoi le sujet touchait une corde sensible. Essentielle. Les parents avaient donné leur OK, parce qu'ils savent à quel point c'est important.

Parce qu'ils trouvaient que c'était une super idée.

Sur Facebook, l'initiative de M. a eu l'effet d'un vent frais. Quelqu'un a suggéré à M. de créer «un parti politique pro-enfants que vous pourrez implanter dans toutes les écoles du Québec. [...] Tu vas voir le «buzz» quand les médias vont parler du printemps des enfants ou de la révolution des culottes courtes... Je te vois déjà interpeller les ministres en Chambre... Rafraîchissant.»

L'offensive spontanée de M. a eu le temps de changer les choses, un peu. «Il y a un des élèves qui était un intimidateur, il s'est inscrit au club. Je pense que ça l'a fait réfléchir. Et il y a un élève, qui est méchant avec moi depuis la première année, je pense que lui aussi ça l'a fait réfléchir.»

Le petit gars qui s'était fait traiter de con, il se fait moins traiter de con. «Il est moins intimidé, il a moins de commentaires. Il se sent moins agacé, il est donc moins timide. Il a plus confiance en lui.»

C'est la meilleure arme contre l'intimidation.

Le petit gars ne sait pas que M. a fait ça pour lui, qu'il est le point de départ du club. «Il ne le sait pas. Ce serait indiscret de dire que c'était pour lui...»

En effet.

M. l'a fait pour lui, pour elle, pour tous les autres. Après l'échec de l'«opération affiches», le club se fait plus discret. «On a fondé le club pour passer le message et je pense qu'on a réussi à le passer. On continue à parler, à sensibiliser les autres élèves. [...] C'est important de ne plus avoir d'intimidateurs à l'école, parce que je n'aime pas ça et parce que ça me brise le coeur.»

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